ma (modeste) vie d'auteur

Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 15:00

Promenade à Mauves sur Loire, près de Nantes

                   au festival du Polar "Mauves en Noir"

                                24/25 avril 2010   Pigeons Voyageurs

 

                   (Texte de la nouvelle primée après l'article)

 

La salle du Vallonmauves-030.JPG 

Ayant eu la chance d'avoir un texte primé dans le cadre du concours de nouvelles du festival polar Mauves en Noir, je suis arrivée au premier rendez vous: la gare de Mauves sur Loire où une fanfare attendait les 53 auteurs de polar invités au festival.

 

 mauves-015.JPG

 Ils ont ensuite été accompagnés en fanfare, à travers les rues de Mauves, jusqu'à la salle du Vallon où avait lieu le festival.

 

Comme j'étais venue en voiture, j'aurais pu proposer des places, mais je n'ai pas voulu leur retirer le plaisir de marcher un petit kilomètre (et ça grimpait!) en plein soleil!

 

On n'a pas tous les jours la chance d'être accueilli en fanfare!

 

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 A la salle du Vallon, ils ont pu se restaurer et boire: ça boit beaucoup un auteur de polar, mais heureusement tout était prévu.

 

S'il y a une chose qui caractérise le festival Mauves en Noir, c'est la disponibilité et la gentillesse des organisateurs et des bénévoles.

 

 

Puis nous sommes allés sous la tente déguster un superbe buffet préparé par le CIFAM de Sainte Luce.


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Une autre caractéristique du festival est tout le travail fait avec les jeunes de la région pour les amener à la lecture par le biais  des polars


L'écriture d'un livre de recettes à partir des romans de Simenon

 

Le CIFAM participe également au salon en présentant le livre de recettes qu'ils ont écrites à partir des plats que commande le commissaire Maigret dans ses livres:

 

Le livre: "Ma Saucière Bien Aimée" écrit par les Apprentis Sauciers  a été   publié avec l'aide des étudiants des métiers de l'imprimerie.


La campagne de communication du Festival Mauves en Noir

 

Ce sont ces mêmes étudiants des métiers de l'imprimerie qui ont conçu, élaboré et imprimé la communication du festival: affiche, tee shirts, marque pages, livre de nouvelles.....

 

Le concours de nouvelles et le prix Lycéen

 

Les lycéens peuvent participer de deux façons:


      en écrivant une nouvelle noire sur le thème proposé. Trois nouvelles ont été primées, dont une qui venait du Canada.

 

      en lisant les dix nouvelles présélectionnées et en votant pour celles qu'ils préfèrent.

Dix lycées ont participé  à ce vote.

 

Et cette année, il s ont eu la bonne idée de choisir la mienne....

 

Les auteurs dédicaçaient leurs romans dans la salle:


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Pendant l'après midi, les enfants pouvaient mener l'enquête pour aider le commissaire, le café O'librius organisait des jeux d'écriture, des boîtes à crimes de Michel Amelin étaient exposées à la mairie, des conférences avaient lieu dans la salle sur le polar nordique, le travail du juge d'instruction et sur l'humour et le polar.

On lisait des nouvelles dans des lieux divers.


Le soir, dîner avec les auteurs sous la tente autour d'une paëlla. J'ai beaucoup écouté et appris: droit d'auteurs, audio visuel, maison d'édition,...


En soirée, piano bar et chansons.

 

Le lendemain, les festivités ont continué avec la foire aux livres d'occasion, l'apéro graines et le lâcher de pigeons.

 

Des cars de lycéens et leurs professeurs sont arrivés (sur leur dernier jour de vacances!) pour rencontrer les auteurs ou assister aux conférences.

 

Dernier repas avec les auteurs, quelques moments rigolos:


Un auteur,  soucieux d'augmenter le chiffre de ses ventes, devant un car de lycéens: "Ah des lycéens, ça n'achète pas les lycéens!

(moi fondamentalement optimiste et pas concernée par un quelconque chiffre de ventes)

- Mais ce sont les lecteurs de demain!

- Faudrait pas qu'ils tardent, alors! me répond l'auteur qui a quelques années de vol au compteur.

 

A midi, les auteurs buveurs d'eau étaient très courtisés par les auteurs buveurs de vin (la grande majorité!) qui, espérant récupérer leurs tickets boisson pour goûter une dernière fois au muscadet, leur expliquaient à quel point ils étaient admiratifs de leurs oeuvres.......


   J'ai eu le plaisir de bavarder avec Sylvette Heurtel qui publie "Les contes malpolis" aux éditions d'arts Henri des Abbayes et que je ne connaissais que par le forum Maux d'Auteurs , Abdel-Hafed Benotman qui publie aux éditions Rivages /Noir plusieurs livres dont "Eboueur sur échafaud" que j'ai particulièrement aimé, et quelques autres.

 

Ce festival existe grâce à de nombreux bénévoles, dont beaucoup de jeunes et quelques moins jeunes qui y travaillent toute l'année: Benoît, Morgane, Nathalie, Jean-Louis, Odile, Claude, Dominique, Frédéric, et bien d'autres dont je n'ai pas retenu les noms, habitants de Mauves et des environs qui aident, hébergent les auteurs, lisent les nouvelles.....

 

Le thème de l'année prochaine sera bientôt choisi......à vos plumes!

 

 

Texte de la nouvelle


    C’était le dernier jour du voyage. Le jour où il allait falloir agir. Sans perdre son sang froid. Sans se tromper de cible. Ali avait repéré depuis longtemps les deux femmes qui allaient lui assurer une année supplémentaire de tranquillité en France.


Parce que ce n’était pas avec son salaire de guide pendant l’été et sa bourse d’étudiant qu’il allait payer son loyer, son inscription en fac et les bouquins. Heureusement,  il y avait son cousin Ahmed.

 

     Ses deux pigeonnes, il les couvait du regard. Il les avait choisies parmi les touristes de Tradition et Culture. Dès septembre, l’association déversait son lot de retraités venus se réchauffer au soleil du Maroc, loin des brumes de l’Europe du Nord. Ils  profitaient des prix réduits et d’un climat plus clément.

 

Ceux de Tradition et Culture étaient particulièrement redoutés des clubs locaux : souvent des anciens profs, quelques fonctionnaires de La Poste ou d’EDF, des vétérans de la fonction publique qui n’en finissait pas d’agoniser en France.


     Les profs étaient les pires. Sachant mieux que lui ce qu’étaient la tradition et la culture de son pays, ils critiquaient tout, étalaient quelques lieux communs qu’ils prenaient pour des connaissances approfondies, ne regardaient rien, aveuglés par leurs préjugés.

Depuis des années, ils n’écoutaient plus qu’eux-mêmes.

 

Ali les observait, regardant d’un air dégoûté les rues sales et les gosses morveux, réclamant leur eau minérale sans se douter que la production se faisait dans les arrières cours, avec des bouteilles de récupération, de l’eau à peine filtrée et un coup de fer à souder pour garantir le clic à l’ouverture.


Les touristes rapportaient, avec les caftans et les sacs en cuir marchandés avantageusement, croyaient-ils, des amibes qui seraient le souvenir le plus durable de leur voyage.


Ali savait leur parler, leur répondait toujours poliment, écoutait avec patience leurs récriminations, comme leurs explications sur l’origine des hammams ou sur les vestiges romains de Banasa. Sa complaisance  lui permettait d’empocher quelques pourboires généreux.

Il fallait arrondir le pactole, et tout était bon à prendre.

 

    Il avait observé les deux femmes toute la semaine.

 Il les avait choisies après avoir longuement hésité. Il ne fallait surtout pas se tromper. La police française semblait se douter de quelque chose et on avait vu traîner dans le souk des mendiants qui n’étaient pas du quartier.


Françoise et Marie. Elles correspondaient tout à fait à la cible recherchée. Les deux femmes étaient plutôt agréables, curieuses et ne la ramenant pas trop.

Il lui fallait en dire le moins possible sur lui, mais créer une relation chaleureuse qui pourrait être prise pour de l’amitié avec l’indigène et lui permettrait de garder le contact après le retour en France.


Comme pigeonnes, elles étaient parfaites, crédules à souhait, si confiantes que c’était péché de les arnaquer celles là. Mais il fallait bien vivre. Et puis, elles ne sauraient jamais ce qu’il allait leur faire faire, les innocentes.


Françoise et Marie étaient deux anciennes universitaires, plutôt en forme, bien qu’elles aient dépassé toutes les deux les soixante-quinze ans, et d’une méchanceté réjouissante. Elles savaient épingler leurs compagnons de voyage comme deux vieilles pies malicieuses,  arpentant les rues de Marrakech dans leurs grosses sandales allemandes. Ali les avait entendu se moquer et il n’en croyait pas ses oreilles.
« Tu as vu le prof de maths, disait Françoise, il a plus de poils aux pattes que de poils à la moustache.

- Oui, un peu mitée la balayette à miettes. Et les couilles, tu penses qu’il les a velues ou polies comme des œufs ? »


    Ali en rougissait. Ces femmes françaises étaient encore plus impudiques vieilles que jeunes. Sa sœur lui avait bien dit qu’au hammam, les femmes ne se gênaient pas pour rire des hommes, mais c’était au hammam, loin des oreilles masculines dans l’intimité de la vapeur et du bruit de l’eau.


Ses pigeonnes, il les avait aussi choisies parce qu’elles étaient un peu sourdes, et que la coquetterie ne leur faisait chausser leurs lunettes que contraintes et forcées. Pour que son projet réussisse, il ne fallait pas une vue trop fine, ni de bavardage avec les voisins.

Et surtout, il fallait avoir l’air inoffensif pour passer la douane sans embarras.

Du côté marocain, pas de problème, mais du côté français ils avaient l’œil.


    Ca avait déjà marché trois fois, il n’y avait pas de raison que  ça rate cette fois ci.

La première partie se jouait cet après midi. Il avait conduit le groupe au souk.

L’oncle Ahmed s’était spécialisé dans les chaussures, babouches en cuir de toutes les couleurs, brodées, rebrodées, gravées, à talons ou raclant le sol, des babouches pour tous les goûts, des babouches pour toutes les tailles, pour les pieds du bébé qui vient de naître, jusqu’à ceux du géant de l’Atlas.


Dans un coin de la boutique, quelques escarpins, contrefaçons de marques italiennes et des sacs en cuir de toutes les formes, des bijoux de cuir et d’argent.

Et la dernière création de l’oncle Ahmed : les tongs en cuir à plateforme.


Ali leur avait fait l’article toute la semaine, il allait les conduire chez le meilleur marchand du souk Smata. Nulle part, ils ne trouveraient meilleure qualité à si bas prix.  Même le roi se servait ici, ajouta-t-il. Elles étaient inusables, et depuis trois mille ans, la forme n’avait pas changé. Authentiques !  Il fallait qu’ils soient nombreux à acheter dans l’échoppe de l’oncle, pour que ses manigances passent inaperçues.


    Comme il faut bien vivre, l’oncle Ahmed, commençait par multiplier par quatre le prix  concédé aux marocains, puis, l’air accablé, il acceptait les négociations.

« Trop cher, disait le touriste qui avait lu sur son guide qu’il fallait marchander pour ne pas vexer les commerçants du souk.

-  Comment ça, trop cher, répondait l’oncle Ahmed indigné, sur ma vie, une qualité de cuir comme ça c’est donné !

-  Allez, allez, vous allez bien me faire un petit rabais. »


L’Oncle Ahmed levait les bras au ciel, criait qu’on voulait sa mort, que c’était pourtant fini la colonisation, qu’on ne pouvait plus l’exploiter de cette façon.  Il vantait les broderies, l’épaisseur du cuir, les dessins finement ciselés, la couleur brillante.

« Ah non, c’est trop cher », répondait intraitable le touriste, à qui on ne la faisait pas. 

La moustache tremblante et l’œil farouche, l’oncle Ahmed acceptait de baisser de dix pour cent, protestant qu’il n’arriverait pas à nourrir sa famille ce mois ci, qu’il faudrait manger de la semoule sans viande et peut être même sans légumes.


Quand le touriste arrêtait son marchandage, l’oncle empochait les euros ou les dollars et rendait la monnaie en dirhams.

Évidemment, il ne les avait fait payer que trois fois le prix, mais Inch Allah, c’était la crise partout, et la fin de la saison s’annonçait prometteuse.


    Françoise et Marie avaient acheté une paire de babouches chacune, marchandant sans conviction les sacs assortis.

Ali avait fait un clin d’œil entendu à son oncle en désignant ses deux pigeonnes d’un coup de menton. Il se sentait tendu. Il fallait que l’oncle Ahmed soit convaincant.

Ahmed enveloppa leurs achats dans un grand papier, puis leur fit signe de le suivre dans l’arrière boutique.


« Mon neveu m’a dit que vous avez été bien gentilles avec lui, c’est rare d’avoir des femmes comme vous qui comprennent les marocains,  alors je vais vous faire un cadeau. Si, si, ça me fait plaisir. Choisissez chacune une paire de tongs à plateforme, je viens de les mettre au point, idéal pour le dos, ça repose des fatigues de la journée. Vous verrez, vous les porterez une heure et ce sera mieux qu’une nuit de sommeil. Vous allez rajeunir de dix ans. »

Françoise et Marie, ravies de cette attention particulière, choisirent les couleurs, mais manque de chance, il n’y avait que de petites ou de très grandes pointures dans la réserve.

« Ce n’est pas un problème dit l’oncle Ahmed, je vais les fabriquer ce soir et Ali vous les apportera demain, directement à l’aéroport. »


Les deux femmes remercièrent chaleureusement le marchand de babouches.

« C’est vraiment un homme qui porte en lui toute la générosité de l’Orient, dit Françoise

- Et quel talent pour créer ces babouches et ces sacs, renchérit Marie, c’est un artiste, on sent bien qu’il est porteur d’une tradition millénaire. »

Ali loua la générosité de son oncle, en se traitant in petto de tous les noms. Heureusement, ses deux pigeonnes ne se rendaient compte de rien.


    Le lendemain, il rejoignit le groupe à l’aéroport. On se serra les mains, on s’embrassa même, on promit de se revoir et Ali, le cœur serré,  remit à chacune un paquet avec les paires de tongs. Françoise et Marie se déclarèrent ravies.

« Ne les portez pas tout de suite, dit Ali, il faut que la colle sèche un peu. Attendez une semaine. »


Deux jours plus tard, Ali sonnait à l’interphone. Il entendit Françoise appeler joyeusement Marie.

« C’est Ali, c’est notre guide, montez vite jeune homme, nous sommes ravies de vous revoir. »

Ali serrait son paquet très fort contre lui. Jusque là, tout s’était bien passé, visiblement les deux femmes avaient passé la douane sans encombre. Il ne restait plus qu’à faire l’échange.

Il embrassa avec gratitude leurs joues un peu fripées mais douces comme le velours des gandouras de sa mère.

Il leur tendit le paquet qu’il avait apporté.

« Mon oncle vous prie de l’excuser. Il s’est rendu compte que la colle qu’il avait utilisée pour les tongs n’était pas de bonne qualité. Il vous en a cousu de plus belles, qui vont tenir cette fois, et il vous offre un sac en plus pour se faire pardonner. Si vous voulez bien me rendre les autres, comme il va faire un procès au marchand de colle, il lui faut des preuves. »

Il avait débité son message sans oser les regarder en face, et maintenant, il serrait sa tasse de thé qui lui  brûlait les doigts.


Le discours lui avait coûté, mais c’était la troisième fois qu’il le resservait avec succès. Les vieilles femmes n’auraient pas eu le temps d’essayer les tongs, et le sac en cadeau ferait taire les dernières hésitations.


« Ali, comme c’est gentil, il ne fallait pas te déranger. Françoise, où as-tu rangé les autres tongs ?

-Oh ! dit Françoise, la main sur la bouche. Mon pauvre Ali, je suis désolée, mais comme elles étaient effectivement décollées, je les ai apportées chez le cordonnier. »

Ali blêmit. On ne pouvait plus faire confiance à personne ! Il leur avait pourtant bien dit de ne pas les mettre avant une semaine, mais ces vieilles folles n’avaient rien écouté, et pour les récupérer chez le cordonnier, ça allait être coton !


« D’ailleurs, continua Françoise, le cordonnier s’est bien rendu compte qu’il y avait un problème de colle, il m’a dit de les jeter, qu’elles n’étaient pas réparables.

-Et vous les avez jetées ? S’étrangla Ali

-Oui, dans une poubelle, dans la rue. Je suis désolée pour votre oncle, c’était les seules preuves qu’il avait ? »


    Ali bredouilla quelques mots sans conviction. Comment récupérer les tongs ? Impossible ! Avec l’organisation sans faille de la récupération des déchets, elles devaient être parties en fumée dans l’incinérateur le plus proche. Maudits français et leur sens de l’organisation.

En raccompagnant Ali jusqu’à l’ascenseur, Françoise lui renouvela ses excuses. Elle était confuse. Si elle avait su que c’était aussi important, elle n’aurait jamais jeté les tongs.

« Et vous remercierez bien votre oncle pour ses cadeaux. C’est vraiment très commerçant. »


Ali était sonné. C’était douze mille euros qui venaient de disparaitre dans une poubelle. Plus encore, avec l’avance qu’il avait fallu donner au vendeur marocain.


« Pauvre garçon, dit Françoise en fermant la porte, il avait vraiment l’air déçu.

- Oui, ajouta Marie, il faut dire que ça fait une belle somme : si on compte trois cents grammes  par chaussure, à trente euros les trois grammes, ça fait………pas mal. »


Son regard se perdait dans la fumée de la cigarette qu’elle venait de se rouler.

« Surtout que c’est de la bonne, remarqua Françoise, vraiment, on peut faire confiance aux marocains pour la qualité de l’artisanat local. Ca me rappelle les années soixante-dix dans le Larzac, tu sais, quand on avait nos propres plants.

« Qu’est ce qu’on rigolait ! Tu te souviens, on dormait tous dans la même pièce pour se tenir chaud. On commençait la nuit sur un matelas, et on ne savait jamais à côté de qui on  allait la finir.

- C’était le bon temps. Heureusement que ton neveu est bavard comme une pie et qu’il nous a raconté cette enquête sur les trafics à Marrakech. C’est pas avec notre retraite qu’on pourrait s’approvisionner en France. 

- Oui, jamais il n’imaginerait que sa vieille tante se roule toujours des joints ! Et ce pauvre Ali avec ses cadeaux et son air déconfit !

- Il faut dire que nous avons l’air si respectables avec notre air niais et notre vue basse ! »


    Et les deux vieilles femmes éclatèrent de rire, enveloppées de volutes de fumée qui s’élevaient doucement vers le plafond.

 

 

 

 

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Par Anne Chabanelle - Publié dans : ma (modeste) vie d'auteur
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Jeudi 25 février 2010 4 25 /02 /Fév /2010 14:14

Jeudi 25 février                           Un 5° prix à un concours de nouvelles, bof

Le courrier est arrivé , cinquième prix au concours Eléanuit, thème le chocolat

La nouvelle va donc être publiée dans un recueil.........que personne ne lira. Elle est donc grillée pour un autre concours, et seuls les deux premiers prix reçoivent un chèque. Je ne suis donc pas ravie.........tellement pas ravie que, puisqu'elle est grillée, je vais la publier aussi ici. Et toc!

                                   Initiation Tribale

 

     Je trottais le nez au vent, le carnet de dessins dans la poche, l’humeur plutôt vagabonde et portée à l’allégresse. L’été ne s’était pas tout à fait sauvé, il restait encore assez de soleil pour redonner vie à mes taches de rousseur, et pas trop, pour ne pas gâter le plaisir de marcher dans la ville. J’écoutais la musique de mes pieds sur le trottoir quand soudain, je les aperçus, loin de moi, inaccessibles et attirants.


     Le nez derrière la vitrine, j’observais les  lieux, je voyais bien que les fidèles à l’intérieur n’étaient pas de mon clan, nous ne portions pas les mêmes signes ethniques. Leurs peintures tribales étaient plus subtiles que les miennes, mêlant les pigments rares et coûteux, révélant la caste tout en semblant invisibles, leurs parures étaient d’acier et de métaux précieux enrichis de pierres fines ou rares.


    Impossible d’entrer.  J’étais certaine que je ne saurais pas cheminer en ces lieux hostiles, que je serais vite repérée comme une intruse et que l’on me jetterait dehors, ou bien même pire, que je sortirais  de moi-même, chassée par les sourires ironiques et méprisants.


     Un dernier coup d’œil aux trésors convoités, et je continuai mon chemin pour me réfugier là où je me sentais chez moi, là où une longue fréquentation m’avait permis de connaître tous les usages, tous les rites, là où je venais me ressourcer en énergie et en joie de vivre : le musée.

 

      Derrière les portes à tambour, ici, rien d’inquiétant, je savais vers quel bureau aller pour demander une place, trouver parmi les signes cabalistiques celui qui me dirait si j’avais droit à un tarif réduit, ou bien s’il allait falloir sortir de mon sac le porte-monnaie qui sonnait toujours creux, en extraire les quelques pièces qui me permettraient de continuer mon voyage rituel.


     Mon ticket dans la main, je savais exactement où aller pour me débarrasser du manteau inutile. Nous échangeâmes avec l’officiante, les cadeaux habituels, vêtement contre reçu,  avec le sourire de connivence des initiés et les paroles de circonstance.

 

      Je déposai mon image  entre les mains noires du vigile de l’entrée, qui déchira sa part symbolique en guise d’offrande aux dieux du musée et me tendit le reste. Je remarquai en passant,  que désormais, il fallait appartenir à une tribu africaine  pour avoir le droit de garder les musées, certainement le résultat d’un nouveau pow wow entre les nations.

 

 

 

    La première caverne était sombre, les toiles de Pollock répondaient aux objets rituels des amérindiens, faisaient  écho aux peintures d’André Masson.

Entre les aplats colorés de bruns,  de verts, d’ocre, se tordaient en constructions étranges les seins lourds d’une déesse mère ou le dos d’un cheval écrasé. Lentement, nous tournions dans la salle en une danse tribale, petit pas à gauche, petit pas à droite, une esquisse de mouvements de valse ou personne ne se touche, où chacun s’efforce de ne pas gêner le prochain danseur, où chaque pause permet la communion des esprits sous les lumières éclairant les tableaux.


     Je sentais l’énergie qui circulait pendant cette danse et la proximité des corps dans la pénombre engendrait des désirs obscurs, des frôlements imperceptibles, des coups d’œil furtifs sur un dos qui appelait la caresse. Des regards se croisaient ou s’évitaient devant la sculpture cabrée d’une corne de chèvre. Je humais au passage une fragrance d’after
shave, un relent de tabac blond, mes yeux imaginaient la rudesse d’un lainage sous la paume de la main, la douceur d’une écharpe de soie. Tous mes sens étaient en éveil, affamés d’une nourriture qui ne se nommait pas.


     Nous descendions encore au fil des salles sombres, entrant plus profondément en nous-mêmes. Personne ne se touchait, mais les désirs se croisaient et  s’enlaçaient, la pénombre rapprochait des inconnus qui tournaient en une danse cosmique de plaisirs partagés, de tensions qui explosaient dans la lumière colorée des formes jaillissant des toiles.

Une silhouette se reculait alors, rassasiée de cette transe, et repartait dans le cercle, vers une nouvelle toile, vers un nouvel accord, jamais totalement abouti,  laissant les corps insatisfaits et les esprits heureux.


       Un masque vert et rose, lunaire et vide, volait ses couleurs au tableau à côté. Cette vacuité éteignait les préoccupations futiles du moment, et générait une autre énergie me permettant d’entrer en communion avec mes forces vives, de transcender les interdits, d’oser enfin.

 

     Les disques roses, verts et marron  revinrent à ma mémoire, il me les fallait, cette fois j’irai au-delà de mes peurs. Galvanisée par les forces obscures des totems et des couleurs, je décidai de briser le tabou.

Je repris l’escalier pour quitter l’exposition, remonter vers la réalité après une plongée dans l’intime, je sentais moi une force qui allait me permettre de briser les limites que je m’étais imposées.


     Je repassai devant le lieu
jusque là interdit, le territoire du clan d’à côté, et cette fois je décidai d’entrer. Ici, je n’avais plus de repères et je voyais bien que mon vieux  duffle-coat faisait désordre.


     Tant pis, nourrie de l’énergie des chamanes, je fis taire mes peurs. Je me promenai entre les tabourets hauts perchés, et les offrandes minuscules dont la valeur était sans commune mesure avec mon expérience quotidienne, et je les aperçus, tendres, brillants et colorés.


    Mais comment faire ? J’observai les autres affiliés, ils se dirigeaient d’abord vers un autel, puis près d’un deuxième, et après quelques oraisons avec le grand prêtre, revenaient au premier où ils recevaient enfin l’objet de leur désirs. Maintenant, j’allais devoir  faire le choix décisif : vert, rose ou  marron.



    Je savais que le vert serait onctueux et tendre, le rose acidulé et frais, le marron doux et crémeux. La tentation me vint d’emporter les trois, mais je me rappelai à temps la réalité de ma condition et  je m’entendis dire à l’officiant que je choisissais le marron.


     Il  le posa délicatement dans une boîte transparente et me tendit le ticket blanc que je devais remettre au maître de cérémonie suivant avec quelques pièces. Celui-ci me donna alors le papier rose que je pouvais enfin échanger contre l’objet de ma convoitise, celui que je pensais inaccessible au commun des mortels.


      Il était là,  au creux de ma main, presque irréel, je ne serrais pas trop, pour ne pas l’écraser. Il brillait dans sa boîte transparente. Je ne voulais pas l’ouvrir au milieu de ces gens qui se bousculaient, je m’enfuis avec mon trésor dans la rue, le cœur en fête, j’avais réussi.

 

    Je le sortis délicatement de son écrin, je le humais, admirant le brillant sur le dessus, j’anticipais sur la douceur que promettait son cœur, puis enfin j’osai. Je mordis dans un nuage de chocolat, il entra dans ma bouche, se glissa contre mon palais, le croquant délicat du biscuit se mêlant à la crème comme un duvet d’irréalité. Je le dégustais lentement, religieusement, petite bouchée, par petites bouchée. Je fis durer ce miracle de légèreté et de saveurs jusqu’à ce qu’il ne reste plus une miette. Je remis alors la boîte dans ma poche, preuve tangible et durable de mon initiation tribale.



    Aujourd’hui, j’ai osé ce que je n’avais jamais osé, aujourd’hui, nourrie de l’énergie de Pollock et des objets chamaniques, j’ai dépassé les limites assignées à ma tribu, le peuple des fauchés chroniques et des porte-monnaie vides.

 

Aujourd’hui je suis entrée chez Fauchon et j’ai mangé un macaron au chocolat.

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Par Anne Chabanelle - Publié dans : ma (modeste) vie d'auteur
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Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /Fév /2010 19:51
Mercredi 17 février 2010

 Un petit texte écrit pour un jeu d'écriture de MDA. Il fallait écrire un texte sur le thème de l'anniversaire et inclure les mots prière, apôtre, moine, chapelle et cloître sans parler de religion.

J'ai écrit une suite à Carambolages, le texte primé à Lausanne.

Ma chère Hélène,

        Pendant ton absence, j'ai accepté, comme tu me l'avais conseillé, l'invitation de ton ami Marc à son anniversaire.

     Cette sortie ne fut cependant pas une bonne idée. Marc avait oublié de mentionner qu'il avait également invité Sylvie. Il devait ignorer notre brève et désastreuse liaison, qui m'a certes permis de faire ta connaissance, mais qui s'est terminée de façon si lamentable, lorsqu'elle a décidé de vandaliser ma voiture pour m'exprimer son ressentiment.

    Nous avons été aussi surpris l'un que l'autre de nous retrouver face à face. Je l'ai saluée courtoisement et brièvement, j'ai encore sur le coeur la note du carrossier, et je suis allé à la rencontre des autres invités. J'ai ainsi pu faire la connaissance du cousin de Marc, Patrick, agriculteur dans la Mayenne, venu visiter Paris.

Quand Sylvie a su qu'il était célibataire, tu la connais, elle a fait des pieds et des mains pour s'asseoir à côté de lui.J'étais ravi d'être à l'autre bout de la table.

Surprenant tout le monde, Sylvie a demandé à Marc s'il voulait bien dire la prière avant le repas. Il semblerait qu'elle ait un peu abusé des rediffusions de la Petite Maison dans la Prairie et qu'elle confonde la Mayenne avec le Minnesota.

Lui, s'imaginant que c'était une coutume parisienne dans les milieux branchés, a fait ce qu'il a pu pour paraître crédible. Mais on voyait bien que sa prestation relevait plus d'une production Hollywoodienne sur la vie de Jésus et de ses apôtres, que du traditionnel bénédicité.

Il s'est levé, a rompu un morceau de pain, s'est servi un verre de vin, et a dit:

"Ceci est mon corps, ceci est mon sang, amen, vous pouvez bouffer maintenant."

Nous avons tous hésité entre le fou rire et la stupeur. Notre bonne éducation l'a emporté, et nous avons donc seulement toussé dans notre serviette et tamponné discrètement nos yeux.

La suite a été à l'avenant de cet exorde. Sylvie a monopolisé l'attention de Patrick en déplorant la vie de moine que devaient mener nos agriculteurs dans nos campagnes. Elle a disserté sur l'exode rural, la culture bio, la mort des abeilles et les nouvelles allergies.

Marc a bien essayé de dévier la conversation sur notre dernier voyage en Bretagne, sur nos promenades dans la lande, sur les photos des calvaires et des chapelles, les traditions druidiques....

Le voyant à la peine, j'ai tenté de le soutenir, ce fut en vain.

Nous avons eu droit à un discours sur le traitement du lisier de porc par lagunage, et les quotas européens.

Il faut croire qu'elle avait préparé le sujet, ou bien qu'elle a en réserve une liste de thèmes tout prêts pouvant servir à capter l'attention d'un célibataire, quels que soient son origine et son métier.

La fréquentation assidue des speeds datings probablement.

Entre le fromage et le gâteau, j'ai compris qu'elle passait aux choses sérieuses. J'ai vu le cousin de Marc prendre une teinte brique, qui ne devait pas son intensité seulement à la vie au grand air. Commaissant la luronne, j'ai supposé qu'elle devait en être aux caresses sur le mollet.

Il a posé son verre et a lancé à la ronde un air égaré.

Françoise, venant à son secours, lui a proposé de l'accompagner à la cuisine, pour allumer les bougies sur le gâteau. Il a semblé soulagé et s'est levé précipitamment. Nous compatissions tous.

Sylvie, dépitée, s'est vengée sur la Cuvée Prestige du Cloître des Cordeliers. Il a fallu la raccompagner et la coucher. Françoise s'en est chargée.

La soirée s'est alors poursuivie paisiblement.

            Ma chère Hélène, ta présence nous a manqué, à moi plus qu'aux autres
                                   Reviens vite, tendrement,
                                                                                          Richard

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Par Anne Chabanelle - Publié dans : ma (modeste) vie d'auteur
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Samedi 2 janvier 2010 6 02 /01 /Jan /2010 10:48
Vendredi premier janvier

                                     Un jeu d'écriture amusant

Il existe un site très sympa pour les auteurs débutants qui s'appelle "maux d'auteurs" sur lequel on peut participer à des jeux d'écriture.

J'ai posté hier un texte qui me fait tellement rire, que j'ai décidé de le poster aussi sur ce blog.

Le principe est de choisir une lettre de l'alphabet, de rechercher des mots rares débutant par cette lettre et d'écrire un texte avec.

Voici le résultat pour la lettre E. J'ai finalement ajouté un lexique plus bas des mots surlignés.

                  D'élevure en empyème

      On m'a raconté au coin de l'âtre
       L'histoire de ce pauvre écolâtre
       Qui souffrait d'un empyème
       Lui irritant le fondement même

      L'émonctoire de l'égrotant
      Le gratouillait derrière et devant
      Si bien qu'il se sentait brûler
     Aussi fort que les feux de l'empyrée

     Il alla donc chercher dans un elzévir
     Si par hasard quelque elixir
     Pourrait soigner cet echtyma
     Qui le chatouillait de haut en bas
     Les sages lui conseillèrent d'élaver
     De bouchonner, de récurer
     De son émonctoire en effloraison
     La rougeur de la démangeaison

     Il décida donc d'éfifauler et d'empeloter
     Son drap blanc préféré
      Utilisant pour s'aider
      Un échidné apeuré

     Las, il y a plus d'un empan de raison
     Entre un problème et sa solution
      En utilisant une écoperche 
    Pour se gratter la zone du derche
     Il s'abima les cônes efférents 
     Et on l'entendit crier "maman!"

    Hurlant à tous les Dios
    On le vit faire escampativos
    Priant les vents étésiens
    D'adoucir ce mal de chien

    Depuis, sur les chemins il erre
    Avec son écuelle élémosinaire
   Et il faudra plus d'un grain d'éllébore
   Pour le guérir de son sort

  Morale:

    Pour ne pas faire d'un élevure
    Une énorme enflure
     Vas-y doucement, sois doux et tendre
    Ton fondement saura te le rendre

Petit lexique pour les flemmards du dictionnaire:

élevure: petite saillie de la peau, bouton
empyème: amas de pus dans une cavité naturelle
écolâtre: ecclésiastique qui dirigeait l'école attachée à l'église cathédrale
émonctoire: émonctoire naturel: anus,..
égrotant: malade
empyrée: feux de la planète des dieux
elzévir: livre hollandais
echtyma: affection cutanée caractérisée par des pustules
effloraison: action d'entrer en fleur
échidné:mammifère avec des piquants
cônes efférents: vaisseaux des testicules
vents étésiens: vents froids
élémosinaire: pour mendier

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Par Anne Chabanelle - Publié dans : ma (modeste) vie d'auteur
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Dimanche 27 décembre 2009 7 27 /12 /Déc /2009 19:02
Mercredi 9 décembre 2009          
                    Remise des prix à Lausanne


Le Père Noël de cette année a été particulièrement généreux avec moi. En fait, c'est parce que c'était un Père Noël Suisse....

Donc première lettre début novembre, ma nouvelle Carambolages fait partie des finalistes du concours de nouvelles du magazine Femina de Lausanne.

Première réaction: Chouette! mais sans sauter au plafond non plus, ça m'est arrivé assez souvent de faire partie des finalistes et......pas des primés.

Deuxième réaction : euhhhhh ma carte d'identité est périmée.....si jamais....

Je file au poste de police local, chercher un dossier.

Un jour de novembre, appel sur mon portable de la charmante Alessandra qui m'annonce un premier prix, le voyage et l'hôtel offerts pour que je puisse venir le chercher.

Enfin! Après un deuxième prix à Saint Jean de Braye et un premier prix à Clamecy en 2008, c'était la traversée du désert.

Je joins le boss qui m'accorde généreusement un jour de congé sans solde.

Eh oui, si j'avais été une sportive ayant réussi une compétition à l'étranger, j'aurais peut être eu droit à une journée payée, mais la culture ça intéresse qui dans l'administration française??

Bien fait pour moi, je n'avais qu'à aller pédaler au lieu de chercher à m'instruire.

Et toujours pas de carte d'identité!!

Dix jours avant, ça faisait quatre semaines que j'attendais cette fichue carte, je décide de prendre le taureau par les cornes et le fonctionnaire par les cou.....rriers : lettre au maire, courriel à la Préfecture, courriel au Ministère de la Culture ...3 jours après j'avais ma carte!

Le 9 au matin, ma valise et moi nous attendions Gare de Lyon, très émues.

Sprint habituel sur le quai puisque la SNCF annonce le numéro de quai au dernier moment. A peine eu le temps de m'asseoir que nous partions.

A Genève changement de train, passage de la douane et...même pas de controle d'identité!

 Zut alors c'était bien la peine que je me décarcasse!!

J'ai bien eu dans l'idée d'aller voir les douaniers pour leur demander de faire leur boulot correctement, mais je n'avais que dix minutes pour prendre la correspondance. Pas sûr qu'ils aient le sens de l'humour les douaniers suisses...

lausanne-001.JPG
Le lac et les montagnes vus du train


A Lausanne, la Tour Edipresse se trouve à 5 minutes à pied de la gare et l'hôtel était juste à côté.
Je vais m'installer dans la chambre et là ...étrangement la lumière de la salle de bains refusait de s'éteindre et le chauffage était à fond.

lausanne-003.JPG

Je redescends à la réception leur demander de faire baisser le chauffage et je pars à la recherche du chocolat commandé par les copains.



De retour dans la chambre, douche avant d'aller à la réception....... brrrr uniquement de l'eau froide!!

Avec la réputation du manque d'hygiène des français, pourquoi mettre de l'eau chaude!!

Je repasse à l'accueil pour leur demander de régler le problème, je sens les sourires qui se crispent un peu....

La réception se passait au onzième et dernier étage de la société Edipresse, dans la salle panoramique.
Quand je suis entrée dans la pièce tout le monde était déjà là. Je n'ai pas compris tout de suite pourquoi certains membres du jury avaient l'air très déçues.

J'ai appris ensuite qu'elles attendaient toutes le vieux monsieur charmant et bien élevé, héros de ma nouvelle. Tous les membres du jury, sauf une, avaient parié que l'auteur était un homme.

Comme me l'a confié la seule personne qui pensait que c'était une femme: "Quand on a un peu vécu, on sait que l'homme parfait n'existe pas, et il était trop parfait ce Richard Houston!"

J'ai bavardé avec des membres du jury et de la rédaction du journal. Deux journalistes ont lu les nouvelles primées et c'est un vrai bonheur d'entendre ses mots dits par une autre personne.

Renata m'a remis la très belle plume Tibaldi.

                            

lausanne stylo 001



lausanne stylo 002

J'ai fait la connaissance de Serge Reynaud (nom d'auteur) qui a eu le prix de l'humour et de l'originalité.
Après avoir gagné quelques concours de nouvelles, il a trouvé un éditeur pour ses textes qu'on peut lire en partie sur son blog :

http://police-histoires.over-blog.com

Quand je suis rentrée à l'hôtel, il y avait une nouvelle personne à l'accueil qui m'a proposé de changer de chambre pour aller dans une chambre en surclassement au 5°, avec de l'eau chaude.

Je leur rapporte la clef de la chambre du premier: au passage, je pense à leur signaler la lumière qui ne s'éteint pas....

J'ai donc déménagé, et là j'ouvre le lit: pas de drap!!
Je reprends  l'ascenseur.

Quand ils me voient arriver, je sens un vent de panique parmi les employés.....

On va vous envoyer le concierge.......qui m'explique très gentiment qu'avec une couette, en Suisse, on ne met pas de drap de dessus.....
Bon cette fois-ci c'était un point pour eux!

Nous avons longuement discuté avec Serge et sa femme le lendemain au petit déjeuner.

Ce sont ces rencontres qui augmentent encore le plaisir d'être primée à un concours.

Je suis repartie avec un très beau stylo, des souvenirs.

Je ne suis pas sûre que les français soient toujours les bienvenus à l'hôtel ...

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Par Anne Chabanelle - Publié dans : ma (modeste) vie d'auteur
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