Dimanche 19 septembre
Promenade à Fontainebleau, visite de la Chapelle de l'Hôpital ou Chapelle de la Montespan

Dans le cadre des journées du patrimoine, François nous a proposé cette visite.
Ceux qui me connaissent, diront qu'après avoir eu l'occasion cet été de profiter bien involontairement du patrimoine de la clinique locale, c'est un peu du
masochisme, à peine sur pied, de retourner volontairement à l'hôpital, mais c'est pour l'amour de la connaissance, ça change tout!
C'est Joseph de Tarragon qui nous a guidés à la découverte de la partie la plus ancienne de l'hôpital de
Fontainebleau.
L'hôpital a changé de nom plusieurs fois au cours des siècles.
D'abord Hôpital du Mont Perreux ou Pierreux, il est devenu
l'Hôpital de la Sainte Famille,
puis l'Hôpital des Filles Bleues
( les filles bleues étaient les orphelines abandonnées à la porte de la Chapelle, et habillées de bleu)
puis l'Hôpital de la Chambre (d'où le nom du quartier).
Bien qu'il soit actuellement inclus dans la ville, il était à l'origine à l'écart, entouré de champs et de jardins.
Sa vocation initiale était de recueillir et d'éduquer les fillettes abandonnées, déposées à la porte.
Il a été construit aux environs de 1650, mais a été fondé, acte juridique et financier, par une des maîtresses du roi Louis XIV, Françoise Athénaïs de
Rochechouart, marquise de Montespan, en 1696.
L'hopital était tenu par les Filles de la Charité. Elles avaient trois missions:
- le suivi hospitalier
- l'éducation des orphelines, les filles bleues
- les visites aux malades en ville
Soixante fillettes pouvaient être accueillies. Lorsqu'elles devenaient adultes, elles pouvaient rentrer dans les ordres ou bien choisir de partir avec un
pécule de 300 francs or, en ayant appris à lire.
A l'hôpital, les malades étaient reçus gratuitement, mais on n'accueillait pas tout le monde:
pas de malades avec des maladies contagieuses,
pas de femmes enceintes,
pas de femmes de mauvaise vie,
pas d'aliénés.
Les menus n'étaient pas les mêmes selon le rang:
Pour les malades une soupe de 5 légumes et du pain noir
Pour les filles bleues, une soupe de 5 légumes, du pain de meilleure qualité et des fruits
Pour les soeurs, le même repas que les orphelines , mais avec, le dimanche, de
la viande et du vin ordinaire.
Pour le curé, de la viande tous les jours, sauf le vendredi, et un litre de vin de premier choix par jour.
Seul le curé avait le droit de se pochetronner, mais comme il ne soignait pas les malades, ça n'était pas bien grave...
Nous nous promenons d'abord aux alentours de la Chapelle.
La partie la plus ancienne de l'hôpital se trouve près de la Chapelle.
Les fenêtres, au premier étage, sont celles d'une ancienne salle commune pour les femmes, utilisée actuellement pour des archives.

Une inscription, presque effacée, au dessus d'une porte rappelle que les femmes et les hommes étaient accueillis dans des services séparés.
Le clocher qui n'est pas accessible , recèle peut être des informations sur les dates de construction de l'hôpital.

L'hôpital s'est peu à peu agrandi au cours des siècles. La première extension date de l'époque de Louis XV.
La cour était fermée au XIX ème siècle, mais la grille a été supprimée pour faciliter la
circulation.
On y voyait une statue de Saint Vincent de Paul.
On retrouve cette statue (ou sa reproduction ? ) dans le jardin de l'hôpital.
On fait le tour des bâtiments pour découvrir de nouvelles extensions.
Un médaillon indique la date de la construction, 1863 et le nom des donateurs, Lagorsse et d'Arneuville.
Au dessus du toit de la sacristie, on voit la trace d'un ancien vitrail.

En face, une extension plus récente, dans le style Art Nouveau.
Nous revenons dans la Chapelle, où nous entrons à droite du choeur.
On observe des boiseries qui viennent de la partie détruite du Château de Fontainebleau, le pavillon de Diane, qui s'étendait jusqu'à la Rue Grande.
Cette partie du Château, a été démolie vers 1830/1840.

Ces boiseries, sculptées par Honoré Guibert, ornaient le boudoir de la Du Barry, dernière maîtresse de Louis XV, en 1772.
Honoré Guibert a également travaillé à Versailles, Compiègne,...
Au fond de la Chapelle, on remarque une porte avec des colonnes qui semblent d'une autre époque.
Les fenêtres ont des volets intérieurs, les fonds baptismaux sont en bronze.
Dans le choeur de la Chapelle, à droite de l'autel et au fond, des tribunes qui permettaient aux hommes et aux femmes hospitalisés, d'assister à
l'office, séparément, et sans avoir à descendre dans la Chapelle.
La tribune des hommes:
Sur les murs, on peut lire, sur des plaques de marbres, le nom des donateurs.
En retour, les donateurs, recevaient des indulgences.
Les vitraux datent du second empire. L'impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, a donné celui-ci, qui représente Sainte Eugénie:

Les boiseries sont inscrites à l'inventaire des monuments historiques.
L'hôpital doit être prochainement reconstruit sur un autre secteur.
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