Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 18:30
Dimanche 4 octobre 2009    Promenade à Brie comte Robert (77)

Découverte de jeux médiévaux pour enfants


En me promenant à la fête médiévale de Brie comte Robert, qui revient tous les premiers week end d'octobre chaque année, j'ai bavardé avec un animateur de l'association Rommelpot de Steennerck près de Lille.

Il présentait deux jeux pour enfants: une sorte de boulier médiéval sur plan qui permet de dénombrer de grands nombres et de faire des opérations de façon simple, et le jeu d'Alquerque.

Le jeu d'Alquerque (les joueurs se placent à gauche et à droite de ce plateau)

J'ai fabriqué ce jeu avec du carton plume, un gros feutre et des gommettes. La rosace du centre est simplement décorative.


Le jeu d'Alquerque est une sorte d'ancêtre du jeu de dames. Les déplacements sont simplifiés puisqu'il n'est pas nécessaire de se repérer sur un damier, mais simplement de suivre des lignes.

Il y a 12 pions par joueur.

Le but du jeu est de prendre le plus possible de pions à l'adversaire en sautant par dessus comme aux dames.

On se déplace sur les segments de droites (un segment à la fois, sauf en cas de prises )  et on peut prendre un pion chaque fois que la place derrière le pion de l'adversaire est libre.

Il est possible de faire des enchaînements de sauts.

La prise est obligatoire.

Le premier pion se déplace en avant, mais pour les déplacements suivants on peut utiliser toutes les directions.

Le boulier médiéval sur plan

Lien pour voir l'explication en images:

sur un parchemin ou une peau de cuir, on trace 4 lignes horizontales.

La première ligne est celles des unités.

La deuxième ligne, celles des dizaines

La troisième ligne, celles des centaines

La quatrième ligne celle des milliers.

Les zones intermédiaires entre chaque ligne correspondent à 5, 50, 500


Chaque fois qu'on a 5 pièces sur une ligne, on les enlève pour les remplacer par une pièce sur la zone intermédiaire ou bien sur la ligne au dessus.


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Par Anne Chabanelle - Publié dans : visites
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Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /2009 09:10
Jeudi 1° octobre                  Promenade à Paris

Café psycho, les relations mères filles, café de la mairie, place Saint Sulpice

conférence débat organisé par l'association Thérapies Conseil

http://www.psychotherapies.org/Cafe-Psycho.html

Argument:"La partie qui se joue entre une mère et sa fille est déterminante pour le devenir féminin de la fille. la manière dont la mère a négocié les moments cruciaux de sa propre vie, le savoir faire qu'elle a pu acquérir face à une certaine solitude, feront signe pour sa fille.(...)La féminité est incertaine et jamais définitivement acquise."


Voilà ce que j'en ai retenu. Le compte rendu passant au filtre de ma perception étant forcément partiel et partial.

Madame Saada lit un extrait d'une histoire dans laquelle une fille demande à sa mère pourquoi elle coupe des parties de la poitrine de boeuf, avant de la faire cuire.
La mère répond qu'elle le fait parce qu'elle a toujours vu sa mère le faire.

 Elles interrogent ensuite la grand-mère qui répond également qu'elle a toujours vu sa mère procéder ainsi.

Elles poursuivent leur questionnement auprès de l'arrière grand-mère qui explique qu'elle n'a jamais eu de plat assez grand pour mettre une poitrine de boeuf entière dedans.

Cette histoire dit que la femme construit sa féminité dans un contexte familial particulier, et que sa façon d'être, relève des supports d'identification qu'elle a pu rencontrer au cours de sa vie, entre autre ceux des femmes de la famille, et des femmes de sa culture.

Cependant, cette identification n'est pas une simple reproduction à l'identique, chaque femme construit son propre chemin de féminité.

Pourquoi la relation mère fille est elle si difficile?

La relation d'objet

D'après Freud, la fille doit  à la fois construire son attachement à la mère et ensuite se placer en position de rivalité face à sa mère.

C'est dans le lien à la mère que se construit le pulsionnel de l'enfant.

Dès que l'enfant naît , il doit construire une relation d'objet. il passe d'abord par le stade oral (dans sa première année) puis le stade anal (jusqu'à 4 ans).

Si la mère donne le sein avec amour, en l'accompagnant de sourire, de paroles, mais reste par ailleurs une femme désirante qui n'est pas seulement absorbée dans son rôle de mère, la relation d'objet va se construire de façon positive pour la mère et l'enfant.

Si la mère est toute à l'enfant, n'a plus de vie de femme, de vie amoureuse, elle se sentira persécutée si son enfant ne répond pas totalement à ses désirs, s'il ne veut pas manger par exemple ce qu'elle lui a préparé. Cela prépare alors chez l'enfant un terrain favorable aux désordres alimentaires: boulimie, anorexie,...

Pour que se construise une relation d'objet positive, il est nécessaire que la mère imagine les désirs de l'enfant dans un premier temps et y réponde.

Lorsque le bébé pleure, la mère imagine, suppose, une certaine demande de l'enfant:  il a faim, il a trop chaud, il s'ennuie,...

Elle va verbaliser cette demande, et c'est de cette façon là que se construit le langage chez l'enfant.
Si la mère ne parle pas à son enfant, celui-ci a des difficultés à entrer dans la communication et le langage.

Cependant au fur et à mesure que l'enfant grandit, la mère doit lâcher peu à peu cette position de savoir. Elle doit être suffisamment bonne, mais ne pas répondre totalement aux désirs de l'enfant pour laisser un espace dans lequel l'enfant va pouvoir se construire comme sujet séparé de sa mère et non comme une simple extension du corps de sa mère.

L'enfant n'est pas passif dans la relation à la mère: la mère est "interprétée" par la fille, en relation avec l'imaginaire que la fille construit peu  à peu.

L'identité féminine

Ce qui rend la relation mère-fille difficile, c'est la réactivation de la part inssaisissable de la perception de l'identité féminine chez la mère.

L'identité féminine est toujours en question chez une femme, puisque cette identité est différente lorsque la femme a 20 ans, 40 ans , 60 ans.

Une femme n'est jamais rassurée sur son identité féminine, et c'est le regard de l'homme désirant qui aide cette femme à se rassurer sur sa féminité.

La place du père

D'après Freud, la fille constate une similitude entre sa mère et elle: sa mère n'a pas de pénis, et elle non plus.
A ce moment là la fille se tourne vers le père par dépit et déception. Le manque de sa mère reflète son propre manque.
Pour qu'une fille puisse se séparer de sa mère, il faut que la mère l'autorise à jouer ce jeu de séduction avec le père.

Il faut également qu'une fille s'autorise à entrer en rivalité avec sa mère.

Pour que son regard soit constructif, le père doit avoir un regard désirant sur sa fille, mais pas trop.
Si le regard du père est insuffisamment ou trop désirant, cela peut être une des causes de désordres alimentaires ultérieurs.
Même si les parents sont défaillants, il peut toujours y avoir des substituts dans l'entourage de la famille, ou la fille peut trouver des supports d'identification paternelle ou maternelle dans des oeuvres: livres, films, ...

Les sources de conflits entre la mère et la fille

La fille pense que la mère, lorsqu'elle ne répond pas totalement à ses désirs ne peut pas (ou ne veut pas, si elle est dans une attitude persécutive) lui donner tout ce qu'elle désire. Cette frustration nécessaire, peut être à l'origine de conflits.

La mère peut être accusée par sa fille d'avoir le secret de la féminité et de ne pas vouloir le partager.

D'après Freud, pour qu'elle se  détache de sa mère, la fille doit s'imaginer attendre un enfant du père.

Le père doit alors faire comprendre que son amoureuse, c'est sa femme, mais que sa fille aura , elle aussi, des amoureux, plus tard.

Le rôle du père est d'aider sa femme à être une femme, et pas seulement une mère.

Il y a des femmes qui refusent la différence des sexes, ce qui rend alors la construction de la féminité difficile.

Le regard (cf. le stade du miroir de Lacan)

 Quand la mère regarde sa fille, il y a un brouillage d'images, cela  renvoie la mère à son propre corps, et à l'absence de pénis. Elle peut avoir alors des difficultés à regarder le corps de sa fille comme différent du sien.

Or, la fille doit se séparer de sa mère, ne pas être dans l'imitation pour se construire sa propre féminité.
Chaque femme est une énigme pour une autre femme.

Question: Et si le père n'est pas là?

La fille peut construire sa féminité en s'identifiant à des substituts paternels rencontrés dans la famille ou en dehors.
Ce qui est important, ce n'est pas la présence physique du père, mais la façon dont la mère en parle.
Il y a des enfants qui se mettent à une place de "go between", de réparateur entre la mère et le père. Cette place ne les aide pas à construire leur propre vie de façon autonome.

Question : La phase d'opposition?

Cette phase d'opposition entre la fille et la mère est nécessaire. Il faut que la mère supporte l'opposition de sa fille sans se sentir détruite.

Les filles peuvent parfois trouver des substituts maternels contre qui s'opposer: enseignante,....

Question : les mères qui critiquent sans cesse leurs filles?

Cela peut être une reproduction de ce que la mère a subi elle même.
Dans tous les cas, c'est parce que la situation fait miroir pour la mère.

Question: Quand la mère n'a pas de vie amoureuse?

Si la mère parle de son désir passé pour le père, cela introduit la femme dans la mère, et à ce moment là, la parole fait tiers séparateur entre la mère et la fille.
D'autres personnes peuvent être support d'identification pour la fille. On fait évoluer toute notre vie les supports d'identification.

La fille doit sentir que sa mère reste une femme désirante, que ce soit d'un homme ou d'activités. 

Ce qu'il faut éviter c'est que la mère place sa fille à une place de confidente, que ce soit de sa vie amoureuse ou de sa souffrance. La mère n'a pas à se poser en "copine", sinon elle a la tentation d'être "celle qui sait".

Il faut que la fille puisse prendre ses propres décisions et qu'elle puisse se tromper.

Question: quand deux filles sont jalouses?

On peut dire à chaque enfant qu'on ne les aime pas pareil, mais qu'on les aime, chacune différemment.

Question: si la fille voit sa mère se faire battre?

Chez la mère qui est battue, il y a une forme de masochisme. Tout dépend de l'interprétation que la fille va en faire.

Question: Qu'est ce que c'est la solitude dont vous parliez dans l'introduction?

Pour se construire, il faut accepter une certaine part de solitude, accepter de se séparer de l'autre. Si la mère accepte d'avoir une partie d'elle-même qui n'est pas satisfaite, la fille peut se construire sans être dans le ressentiment et sans demander à être totalement satisfaite.

Il est nécessaire que les parents acceptent l'altérité de leurs enfants. Si la mère ne met pas assez de distance, c'est dans ce lien fusionnel entre la mère et la fille qu'il y a le germe de la paranoïa.

Question: la mère qui essaie de séduire le gendre?

Ce serait le pire des incestes, qui attaque la féminité de la fille.

Question: Pourquoi une fille devient-elle lesbienne?

Il n'y a pas de réponse unique: trop d'amour de la mère, pas assez d'amour de la mère, refus du manque, trop d'amour avec le père,.....

Question: quand les mères frappent les filles?

Quand les mères frappent intensément, cela peut être une tentative de se séparer de leur enfant.
Il peut également y avoir des scénarii pervers, ou cela peut être une forme de haine de soi.

 Question: quand la fille devient mère?

Le rôle de l'homme est fondamental pour tirer la mère du côté de la femme et qu'elle ne soit pas seulement une mère.
Si on est tout pour un de ses parents, on cherche dans la vie à être tout pour l'autre. Il y a une part d'abandon qu'il faut accepter de supporter.

Bibliographie:

Freud: article "la féminité" dans "Nouvelles Conférences"

Jean Claude Aguerre, ... (Ouvrage collectif) : "D'une femme à l'autre" Collection Clinique Lacanienne, édition Erès




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Par Anne Chabanelle - Publié dans : conférence
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Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /2009 12:29
Dimanche 27 septembre 2009           Promenade à Paris

Portes ouvertes des ateliers d'artistes de Ménilmontant (XX°)



Dimanche, beau soleil et promenade à Ménilmontant pour les portes ouvertes des ateliers d'artistes.
Je n'ai pas eu le temps de visiter les 77 ateliers , mais l'organisation de la manifestation était très bien faite. Une affiche marquait chaque atelier et il suffisait de suivre le plan.
je n'ai pas tout aimé non plus, loin de là! mais je vous propose de partager mes coups de coeur.
Tout d'abord, je suis allée dans l'atelier de Frédéric Bouhon, 19 cité du labyrinthe.

C'est un  atelier qui expose en deux parties: une partie sur la terrasse ombragée, et une partie dans un entresol. Les sculptures sont comme de grands totems en bois avec des traitements différents: bois  bruts, travaillés, donnant des surfaces de tons contrastés.

Contact de l'artiste: frederic.bouhon@sfr.fr


Je continue un peu plus loin, rue des Panoyaux,  dans l'atelier d'Odile du Mazaubrun.

 Dans des emballages de gâteaux transparents, des créations faites de blisters, papiers de soie, matériaux de récupération,  des oeuvres de grande légéreté, qui donnent envie de voyager sur les ailes d'une cigogne.

 






www.odumazaubrun.net






Dans la même impasse, un peu plus loin, je suis rentrée chez Rafaël Holguin.

J'y ai vu deux sortes d'oeuvres: des peintures très colorées sur toiles, tourbillonnantes, un peu comme des Delaunay qui auraient explosé, et d'autres sur, ce qui m'a semblé être des tuiles de récupération, plus petites plus sombres, avec la même force et la même énergie, mais plus concentrées, en traits aussi bien qu'en couleur.



http://www.rafaelholguin.com


















J'ai continué avec  Marité Fournier qui exposait au 8/12 rue de Panoyaux dans la résidence pour personnes âgées. Elle réalise des gravures en camaïeux de bruns, verts, d'escaliers qui montent  dans des greniers secrets, ou bien le silence entre quelques arbres,  le printemps qui va bientôt arriver.
  Je me suis ensuite beaucoup promenée, pas très convaincue par ce que je voyais jusqu'à ce que j'arrive devant  les "terres d'encres" de Anne Marrec qui exposait au restaurant "la maroquinerie", 23 rue Boyer.
J'ai bien aimé les traces presques calligraphiques de ses encres.

J'ai terminé avec les aquarelles et les carnets de voyages de Catherine Michel, peintures légères de mains, pieds aperçus lors de voyage. Elle partage, avec celui qui regarde, l'instant furtif , d'une beauté juste entrevue.



www.voyage-aquarelle.fr

















                                           lien avec d'autres visites

                                  lien avec les ateliers des frigos (13°)

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Par Anne Chabanelle - Publié dans : visites
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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /2009 15:47
Mercredi 23 septembre 2009    Promenade dans ma cuisine

Recette pour enfants: le chaudron de sorcière en gâteaux et bonbons pour Halloween




Ingrédients:
Pour le chaudron, c'est la recette inratable du gâteau au yaourt:

3 oeufs
1 yaourt nature
utiliser le pot de yaourt comme mesure:
3 pots de farine
2 pots de sucre
1 pot d'huile
1 sachet de levure
1 pincée de sel

Mélangez tous les ingrédients dans l'ordre que vous voulez! Ca marche de toute façon! inratable , on vous dit!
Utilisez un moule à charlotte. n'oubliez pas de placer au fond et autour du papier sulfurisé pour que le gâteau se démoule bien.

Attendez 10 minutes quand il sort du four pour le démouler de façon à ce que le gâteau se rétracte et durcisse un peu.

Creusez un puits dans le gâteau.

Pour remplir le chaudron:

des lytchees
des scoubidous de lutti
des mini carambars
des smarties
du réglisse

Réalisation:

Les limaces:
Malaxez les mini carambars pour leur donner une forme pointue devant et derrière.
Ajoutez un brin de lanière de réglisse en séparant les deux brins. Apppuyez, ça tient!

Les araignées:
Coupez deux brins de réglisse, séparez les brins, collez avec du sucre glace fondu avec deux gouttes d'eau le smartie par dessus.

Les yeux de crapauds:
Placez un smartie sur le petit trou du lytchee

Les vers de terre:

Coupez des scoubidous, et placez les un peu partout


Lien vers un coloriage de sorcière pour apprendre à compter:

                                 Bon appétit!

                                  Lien vers d'autres recettes pour enfants


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Par Anne Chabanelle - Publié dans : Recettes pour enfants ou sous-doués
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Lundi 21 septembre 2009 1 21 /09 /2009 11:56
Dimanche 20 septembre 2009     Promenade à Paris 1° arrondissement

Visite guidée du théâtre de la Comédie Française, près du Louvre, place Colette,  (bâtiment Richelieu)

Dimanche, profitant de la deuxième journée du patrimoine, je suis allée visiter la Comédie Française.

Pour profiter de ces visites  guidées gratuites, il faut s'inscrire par téléphone le 1° septembre  auprès de la Comédie Française et vite!

Il existe également des visites payantes organisées par les Monuments Historiques.

La visite était guidée par un bibliothécaire de la bibliothèque de la Comédie Française, ouverte aux chercheurs. C'est cette bibliothèque qui gère les oeuvres d'art de la Comédie Française: tableaux, sculptures, photos, ainsi que les manuscrits.

La maison de Molière

Molière n'a pas connu la Comédie Française, même si son nom figure en première place sur le tableau des Doyens.

Molière meurt en 1673 après une représentation du malade imaginaire. Sur scène, vers la fin de la représentation, il est pris d'une violente quinte de toux, une veine se rompt, on le sort précipitament de scène pour le reconduire chez lui. Il mourra quelques heures après. Ses relations pivilégiées avec le roi, lui vaudront de bénéficier d'une cérémonie religieuse sur le parvis de l'église Sainte Eustache, à minuit.

Les comédiens  de la troupe sont alors dans une situation difficile. Lully avait travaillé avec Molière pour la comédie ballet du bourgeois gentilhomme, mais les relations entre eux étaient devenues heurtées.
Lully récupéra la salle du Palais Royal pour y faire jouer sa musique.

Création de la Comédie Française

Les comédiens s'installèrent dans la salle du Jeu de Paume dans l'hôtel Guénégaud.
Ils étaient alors en rivalité avec les comédiens de la troupe du Marais et celle de l'Hôtel de Bourgogne.
Un an après la mort de Molière, Louis XIV, ordonna à la troupe de Molière de fusionner avec la troupe du Marais.
La Comédie Française a été créée  par une lettre de cachet de Louis XIV, le 21 octobre 1680 pour réunir les deux troupes : la troupe du théâtre de Guénégaud , et la troupe de l'Hôtel de Bourgogne.
Les jésuites étaient mécontents de la promiscuité avec les comédiens: ceux ci déménagèrent dans la salle des machines du  Palais des Tuileries, puis à l'Odéon.

La troupe s'appelle Comédie Française par opposition à la Comédie Italienne. A la Comédie Française, on ne joue qu'en français, même si le répertoire s'est ouvert aux pièces étrangères traduites.

La visite

Nous entrons par l'entrée de service.

A l'entrée de service, un huissier pointe la présence des comédiens, deux heures avant la représentation. On joue tous les jours. Les pièces sont jouées en alternance, et il y a deux représentations par jour le week end.

La Comédie Française a trois salles: la salle Richelieu ( 892 places), le Théâtre du Vieux Colombier ( plus petite) et le Studio Théâtre (environ 100 places au Carousel du Louvre).

Dans le bâtiment Richelieu, il y a trois étages de loges, les ateliers sont au dessus. Chaque étage porte le nom d'un comédien: étage Talma, étage Rachel,..

 Avant le premier escalier une sculpture représentant  le tragédien Talma en toge.

(les photos sont interdites pendant la visite  ).
Talma, qui avait un hôtel dans le quartier de la Nouvelle Athènes  a été le premier à jouer avec un costume correspondant à l'époque de la pièce.

Jusque là, les comédiens jouaient les rôles antiques en costumes de cour,  en déclamant sur le devant de la scène, sans toucher les autres comédiens, ni leur parler directement. Cela supposait donc de se déplacer avec majesté sans courir. Mademoiselle Dumesnil a été la première à courir sur scène. Elle avait la réputation d'appécier un petit verre avant d'entrer en scène, et d'avoir une élocution embarrassée, ce qui faisait dire d'elle: "On ne comprend pas ce qu'elle dit, mais le reste est admirable!"

Plus haut le portrait de Mademoiselle Mars, qui garda très longtemps son rôle de chef d'emploi de première amoureuse, un portrait de Rachel en costume antique rouge  représentant la Tragédie. On y voit plusieurs attributs de la tragédie: le glaive, le bandeau de laine, le masque tragique, le trépied qui représente la Pythie annonçant le destin, les cothurnes. Sur le tableau,près d'un pilier, les différents rôles interprétés par Rachel.

Au temps de Louis XIV, les scénes de théâtre étaient encombrées de sièges loués très cher à l'année par de grands seigneurs, ce qui procurait une source de revenus importants pour le théâtre.
Sous l'influence de Voltaire, ces sièges sont supprimés. Pour compenser la perte financière, on crée alors à Paris, des loges d'avant scène.

Avec la découverte de Pompéi, arrive la mode de l'antique, la construction du quartier de la Nouvelle Athènes et le jeu des comédiens se libère.

Dans l'escalier, les bustes se succèdent: Corneille, un peu usé par les mains des comédiens qui s'en servent de porte bonheur, les bustes de Racine , Molière, Rachel, Mademoiselle Henriot, Adrienne Lecouvreur.

Adrienne Lecouvreur, a été une des maîtresses du Maréchal de Saxe, et on soupçonne une de ses rivales de l'avoir empoisonnée avec une paire de gants. Comme tous les comédiens, elle n'eut pas droit à des obsèques religieuses et fut jetée à la fosse commune.
Adrienne Lecouvreur, fut la première tragédienne à jouer de façon naturelle, sans déclamer.

Les emplois à la Comédie Française

Lorsqu'un comédien était engagé à la Comédie Française, on lui attribuait un emploi, soit en comédie soit en tragédie.

Au XVIII° siècle, le meilleur rôle de comédien,  était celui de chef d'emploi à la baguette.
Comme il y avait peu d'éléments du costumes qui permettaient de différencier les rôles, on utilisait pour hiérarchiser leurs statuts, des éléments de décors, des accessoires. La baguette: sceptre,.. désignait le rôle de roi, d'empereur,.... donc le rôle le plus important de la pièce.

Les comédiens finançaient eux mêmes leurs costumes, et jusqu'à Talma utilisaient leur propre garde robe, puisqu'ils jouaient en costumes contemporains.

Nous continuons dans un couloir, qui est une galerie de portraits et de photos de comédiens d'autrefois ou plus contemporains.
Nous arrivons au foyer des comédiens, où ils attendent leur entrée en scène, foyer orné d'une multitude de tableaux. Contre un mur, un piano.

La représentation au temps de Molière

Un des tableaux représente Molière sur scène avec ses comédiens, 3 ans avant sa mort. La représentation se jouait "à pleines lumières", la scène était éclairée comme la salle, soit avec des chandelles de suif, moins chères, mais dégageant de la fumée et des odeurs nauséabondes, soit avec des bougies de cire.

La durée d'un acte était calculée d'après le temps que mettait une chandelle à se consumer. Les entractes servaient à changer les chandelles.

Il y avait peu de vraies salles de théâtre, et les pièces étaient souvent jouées dans les salles de Jeu de Paume. Les décors étaient peints sur toiles et montés sur des panneaux de bois. Pour les tragédies, il y avait le décor "du palais à volonté" qui pouvait servir pour plusieurs pièces.

La Comédie Française a eu longtemps le monoplole des pièces en 5 actes. Jusqu'à l'abolition des privilèges, les textes des pièces de théâtre devaient d'abord être soumis au comité de lecture de la Comédie Française, qui se réservait les meilleurs textes.

Tous les 15 janvier , la Comédie Française fête l'anniversaire de Molière, en jouant des extraits de ses pièces.

Le comité de lecture et l'organisation interne

Nous continuons jusqu'à la petite pièce, avant la salle du comité de lecture. Sur une grande plaque de marbre, sont gravés les noms des doyens:  de Molière, La Grange, jusqu'à Catherine Hiegel qui a été nommée en 2008.

Pendant la Terreur, toute la troupe fut arrêtée et ils ne durent leur salut qu'à un ancien comédien qui fit durer le procès et fit disparaître peu à peu tous les textes qui pouvaient les compromettre, en les mangeant, dit-on d'abord, puis en les jetant dans la Seine.
A partir de 1849, des administrateurs sont nommés (en théorie pour 5 ans, mais certains se sont incrustés!), par le souverain ou par le Président de la République, sur proposition du ministère de tutelle: le ministère de l'Intérieur, puis quand il fut crée, le ministère de la Culture. Ce sont en fait des directeurs artistiques.
Madame Mayette a été nommée en 2006.

La salle de comité de lecture a une grande table en son centre, entourée de fauteuils de velours rouge.
Un buste de Voltaire surveille la pièce.
C'est là que sont prises les décisions concernant la vie du théâtre. Les comédiens (pensionnaires) sont engagés à la suite d'une audition, pour un contrat d'un an renouvelable une autre année.
Ils ont l'obligation de jouer sur les trois scènes de la Comédie Française.
Le pensionnaire ne choisit pas ses rôles,il reçoit un salaire mensuel qu'on appelle une pension en référence à la partie qui était autrefois prélevée sur la pension du roi.
Il perçoit également des "feux": somme d'argent qui était destinée à chauffer et éclairer la loge.
Après deux ans il peut devenir sociétaire si on le lui propose. Le nom de sociétaire vient du nom de "Société des Comédiens Français "à l'origine des associations de comédiens.
Le sociétaire a un contrat de 10 ans dans lequel est inclus le contrat de pensionnaire déjà fait.
Le sociétaire reçoit une partie de la recette, constitué en ce qui s'appelle des "douzièmes" , puisqu'à l'origine il y avait 12 comédiens dans la première troupe. Un sociétaire peut recevoir 1/12, 2/12, .....jusqu'à 12/12.
Il y a environ 60 sociétaires.

Au bout de 20 ans, le sociétaire devient sociétaire honoraire et n'a plus l'obligation de jouer.

Ils peuvent jouer plusieurs pièces en même temps. Il n'y a pas de jour de relâche, mais un mois de relâche : août.
Il peut y avoir des tournées en province ou à l'étranger.
Les metteurs en scène peuvent être des comédiens de la Comédie Française ou des personnes extérieures.

La salle du comité de lecture:
C'est là que sont choisies les pièces qui vont entrer dans le repertoire.
Au mur deux tableaux représentent une séance dans cette salle:

le premier est en fait un portrait de groupes de comédiens et d'auteurs. On y reconnait Dumas père, Hugo, Chateaubriand, mademoiselle Mars, Mademoiselle Duchêsnois. Les femmes étaient à peine tolérées: trop bavardes, elles gênaient les débats....

Le deuxième tableau, au dessus de la porte,  est plus réaliste, on y voit Dumas fils lisant une pièce devant les membres du comité asis autour de la table.
Le bâtiment Richelieu a été endommagé lors de l'incendie de 1900. Les tableaux ont été alors sauvés, on les a jetés par les fenêtres sur des autobus à impériale.

Le "semainier" et la salle Richelieu

Nous allons ensuite dans le foyer La Grange, foyer des comédiens. La Grange tenait une sorte de journal de bord des incidents qui se déroulaient lors des représentations. Pour maintenir cette tradition, un "semainier" , un comédien est nommé chaque semaine pour tenir un registre de ce qui se passe à la Comédie Française.

Nous repassons par le grand escalier qui est bâti sur une structure métallique.
On y trouve une statue de la Comédie et une de la Tragédie( Rachel a servi de modèle). Dans des cartouches au plafond, on retrouve les noms de Molière, Racine, Corneille, Voltaire.
Nous passons ensuite dans la salle Richelieu, salle de théâtre à l'italienne. Les éclairagistes règlent les lumières pour la représentation de l'Avare de l'après midi.

Le dernier balcon qui était réservé à la claque est maintenant utilisé pour les éclairages. Notre guide nous rapelle que c'est dans cette salle qu'a eu lieu la bataille d'Hernani.

Les techniciens

De nombreux techniciens travaillent à la Comédie Française. Côté cour, ils s'appellent les "courriers", côté jardin , les "jardiniers". Il y a toujours des régisseurs souffleurs, mais ils sont dans les coulisses.
Il y a aussi des tapissiers, des accessoiristes, des habilleuses, des repasseuses-lingères, des tailleurs pour les costumes des hommes et des couturières pour ceux des femmes.
Les costumes fabriqués en plusieurs exemplaires, sont conservés soit à la Comédie Française, soit dans des entrepôts, ou bien donnés au musée du costume.

Le fauteuil de Molière

Nous repassons dans la galerie des bustes, pour arriver devant le fauteuil de Molière dans le malade imaginaire.
La garniture, très abîmée, était en cuir. Le dossier est inclinable avec une crémaillère, dans les accoudoirs, il y a des tirettes qui servent à faire tenir un plateau. Le fauteuil a beaucoup voyagé lors de tournées: Charlie Chaplin s'y est assis pour se faire photographier, aux USA.

Nous repartons par le bar, qui est la salle qui a le moins souffert de l'incendie de 1900.

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