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Lundi 21 septembre 2009 1 21 /09 /Sep /2009 11:56
Dimanche 20 septembre 2009     Promenade à Paris 1° arrondissement

Visite guidée du théâtre de la Comédie Française, près du Louvre, place Colette,  (bâtiment Richelieu)

Dimanche, profitant de la deuxième journée du patrimoine, je suis allée visiter la Comédie Française.

Pour profiter de ces visites  guidées gratuites, il faut s'inscrire par téléphone le 1° septembre  auprès de la Comédie Française et vite!

Il existe également des visites payantes organisées par les Monuments Historiques.

La visite était guidée par un bibliothécaire de la bibliothèque de la Comédie Française, ouverte aux chercheurs. C'est cette bibliothèque qui gère les oeuvres d'art de la Comédie Française: tableaux, sculptures, photos, ainsi que les manuscrits.

La maison de Molière

Molière n'a pas connu la Comédie Française, même si son nom figure en première place sur le tableau des Doyens.

Molière meurt en 1673 après une représentation du malade imaginaire. Sur scène, vers la fin de la représentation, il est pris d'une violente quinte de toux, une veine se rompt, on le sort précipitament de scène pour le reconduire chez lui. Il mourra quelques heures après. Ses relations pivilégiées avec le roi, lui vaudront de bénéficier d'une cérémonie religieuse sur le parvis de l'église Sainte Eustache, à minuit.

Les comédiens  de la troupe sont alors dans une situation difficile. Lully avait travaillé avec Molière pour la comédie ballet du bourgeois gentilhomme, mais les relations entre eux étaient devenues heurtées.
Lully récupéra la salle du Palais Royal pour y faire jouer sa musique.

Création de la Comédie Française

Les comédiens s'installèrent dans la salle du Jeu de Paume dans l'hôtel Guénégaud.
Ils étaient alors en rivalité avec les comédiens de la troupe du Marais et celle de l'Hôtel de Bourgogne.
Un an après la mort de Molière, Louis XIV, ordonna à la troupe de Molière de fusionner avec la troupe du Marais.
La Comédie Française a été créée  par une lettre de cachet de Louis XIV, le 21 octobre 1680 pour réunir les deux troupes : la troupe du théâtre de Guénégaud , et la troupe de l'Hôtel de Bourgogne.
Les jésuites étaient mécontents de la promiscuité avec les comédiens: ceux ci déménagèrent dans la salle des machines du  Palais des Tuileries, puis à l'Odéon.

La troupe s'appelle Comédie Française par opposition à la Comédie Italienne. A la Comédie Française, on ne joue qu'en français, même si le répertoire s'est ouvert aux pièces étrangères traduites.

La visite

Nous entrons par l'entrée de service.

A l'entrée de service, un huissier pointe la présence des comédiens, deux heures avant la représentation. On joue tous les jours. Les pièces sont jouées en alternance, et il y a deux représentations par jour le week end.

La Comédie Française a trois salles: la salle Richelieu ( 892 places), le Théâtre du Vieux Colombier ( plus petite) et le Studio Théâtre (environ 100 places au Carousel du Louvre).

Dans le bâtiment Richelieu, il y a trois étages de loges, les ateliers sont au dessus. Chaque étage porte le nom d'un comédien: étage Talma, étage Rachel,..

 Avant le premier escalier une sculpture représentant  le tragédien Talma en toge.

(les photos sont interdites pendant la visite  ).
Talma, qui avait un hôtel dans le quartier de la Nouvelle Athènes  a été le premier à jouer avec un costume correspondant à l'époque de la pièce.

Jusque là, les comédiens jouaient les rôles antiques en costumes de cour,  en déclamant sur le devant de la scène, sans toucher les autres comédiens, ni leur parler directement. Cela supposait donc de se déplacer avec majesté sans courir. Mademoiselle Dumesnil a été la première à courir sur scène. Elle avait la réputation d'appécier un petit verre avant d'entrer en scène, et d'avoir une élocution embarrassée, ce qui faisait dire d'elle: "On ne comprend pas ce qu'elle dit, mais le reste est admirable!"

Plus haut le portrait de Mademoiselle Mars, qui garda très longtemps son rôle de chef d'emploi de première amoureuse, un portrait de Rachel en costume antique rouge  représentant la Tragédie. On y voit plusieurs attributs de la tragédie: le glaive, le bandeau de laine, le masque tragique, le trépied qui représente la Pythie annonçant le destin, les cothurnes. Sur le tableau,près d'un pilier, les différents rôles interprétés par Rachel.

Au temps de Louis XIV, les scénes de théâtre étaient encombrées de sièges loués très cher à l'année par de grands seigneurs, ce qui procurait une source de revenus importants pour le théâtre.
Sous l'influence de Voltaire, ces sièges sont supprimés. Pour compenser la perte financière, on crée alors à Paris, des loges d'avant scène.

Avec la découverte de Pompéi, arrive la mode de l'antique, la construction du quartier de la Nouvelle Athènes et le jeu des comédiens se libère.

Dans l'escalier, les bustes se succèdent: Corneille, un peu usé par les mains des comédiens qui s'en servent de porte bonheur, les bustes de Racine , Molière, Rachel, Mademoiselle Henriot, Adrienne Lecouvreur.

Adrienne Lecouvreur, a été une des maîtresses du Maréchal de Saxe, et on soupçonne une de ses rivales de l'avoir empoisonnée avec une paire de gants. Comme tous les comédiens, elle n'eut pas droit à des obsèques religieuses et fut jetée à la fosse commune.
Adrienne Lecouvreur, fut la première tragédienne à jouer de façon naturelle, sans déclamer.

Les emplois à la Comédie Française

Lorsqu'un comédien était engagé à la Comédie Française, on lui attribuait un emploi, soit en comédie soit en tragédie.

Au XVIII° siècle, le meilleur rôle de comédien,  était celui de chef d'emploi à la baguette.
Comme il y avait peu d'éléments du costumes qui permettaient de différencier les rôles, on utilisait pour hiérarchiser leurs statuts, des éléments de décors, des accessoires. La baguette: sceptre,.. désignait le rôle de roi, d'empereur,.... donc le rôle le plus important de la pièce.

Les comédiens finançaient eux mêmes leurs costumes, et jusqu'à Talma utilisaient leur propre garde robe, puisqu'ils jouaient en costumes contemporains.

Nous continuons dans un couloir, qui est une galerie de portraits et de photos de comédiens d'autrefois ou plus contemporains.
Nous arrivons au foyer des comédiens, où ils attendent leur entrée en scène, foyer orné d'une multitude de tableaux. Contre un mur, un piano.

La représentation au temps de Molière

Un des tableaux représente Molière sur scène avec ses comédiens, 3 ans avant sa mort. La représentation se jouait "à pleines lumières", la scène était éclairée comme la salle, soit avec des chandelles de suif, moins chères, mais dégageant de la fumée et des odeurs nauséabondes, soit avec des bougies de cire.

La durée d'un acte était calculée d'après le temps que mettait une chandelle à se consumer. Les entractes servaient à changer les chandelles.

Il y avait peu de vraies salles de théâtre, et les pièces étaient souvent jouées dans les salles de Jeu de Paume. Les décors étaient peints sur toiles et montés sur des panneaux de bois. Pour les tragédies, il y avait le décor "du palais à volonté" qui pouvait servir pour plusieurs pièces.

La Comédie Française a eu longtemps le monoplole des pièces en 5 actes. Jusqu'à l'abolition des privilèges, les textes des pièces de théâtre devaient d'abord être soumis au comité de lecture de la Comédie Française, qui se réservait les meilleurs textes.

Tous les 15 janvier , la Comédie Française fête l'anniversaire de Molière, en jouant des extraits de ses pièces.

Le comité de lecture et l'organisation interne

Nous continuons jusqu'à la petite pièce, avant la salle du comité de lecture. Sur une grande plaque de marbre, sont gravés les noms des doyens:  de Molière, La Grange, jusqu'à Catherine Hiegel qui a été nommée en 2008.

Pendant la Terreur, toute la troupe fut arrêtée et ils ne durent leur salut qu'à un ancien comédien qui fit durer le procès et fit disparaître peu à peu tous les textes qui pouvaient les compromettre, en les mangeant, dit-on d'abord, puis en les jetant dans la Seine.
A partir de 1849, des administrateurs sont nommés (en théorie pour 5 ans, mais certains se sont incrustés!), par le souverain ou par le Président de la République, sur proposition du ministère de tutelle: le ministère de l'Intérieur, puis quand il fut crée, le ministère de la Culture. Ce sont en fait des directeurs artistiques.
Madame Mayette a été nommée en 2006.

La salle de comité de lecture a une grande table en son centre, entourée de fauteuils de velours rouge.
Un buste de Voltaire surveille la pièce.
C'est là que sont prises les décisions concernant la vie du théâtre. Les comédiens (pensionnaires) sont engagés à la suite d'une audition, pour un contrat d'un an renouvelable une autre année.
Ils ont l'obligation de jouer sur les trois scènes de la Comédie Française.
Le pensionnaire ne choisit pas ses rôles,il reçoit un salaire mensuel qu'on appelle une pension en référence à la partie qui était autrefois prélevée sur la pension du roi.
Il perçoit également des "feux": somme d'argent qui était destinée à chauffer et éclairer la loge.
Après deux ans il peut devenir sociétaire si on le lui propose. Le nom de sociétaire vient du nom de "Société des Comédiens Français "à l'origine des associations de comédiens.
Le sociétaire a un contrat de 10 ans dans lequel est inclus le contrat de pensionnaire déjà fait.
Le sociétaire reçoit une partie de la recette, constitué en ce qui s'appelle des "douzièmes" , puisqu'à l'origine il y avait 12 comédiens dans la première troupe. Un sociétaire peut recevoir 1/12, 2/12, .....jusqu'à 12/12.
Il y a environ 60 sociétaires.

Au bout de 20 ans, le sociétaire devient sociétaire honoraire et n'a plus l'obligation de jouer.

Ils peuvent jouer plusieurs pièces en même temps. Il n'y a pas de jour de relâche, mais un mois de relâche : août.
Il peut y avoir des tournées en province ou à l'étranger.
Les metteurs en scène peuvent être des comédiens de la Comédie Française ou des personnes extérieures.

La salle du comité de lecture:
C'est là que sont choisies les pièces qui vont entrer dans le repertoire.
Au mur deux tableaux représentent une séance dans cette salle:

le premier est en fait un portrait de groupes de comédiens et d'auteurs. On y reconnait Dumas père, Hugo, Chateaubriand, mademoiselle Mars, Mademoiselle Duchêsnois. Les femmes étaient à peine tolérées: trop bavardes, elles gênaient les débats....

Le deuxième tableau, au dessus de la porte,  est plus réaliste, on y voit Dumas fils lisant une pièce devant les membres du comité asis autour de la table.
Le bâtiment Richelieu a été endommagé lors de l'incendie de 1900. Les tableaux ont été alors sauvés, on les a jetés par les fenêtres sur des autobus à impériale.

Le "semainier" et la salle Richelieu

Nous allons ensuite dans le foyer La Grange, foyer des comédiens. La Grange tenait une sorte de journal de bord des incidents qui se déroulaient lors des représentations. Pour maintenir cette tradition, un "semainier" , un comédien est nommé chaque semaine pour tenir un registre de ce qui se passe à la Comédie Française.

Nous repassons par le grand escalier qui est bâti sur une structure métallique.
On y trouve une statue de la Comédie et une de la Tragédie( Rachel a servi de modèle). Dans des cartouches au plafond, on retrouve les noms de Molière, Racine, Corneille, Voltaire.
Nous passons ensuite dans la salle Richelieu, salle de théâtre à l'italienne. Les éclairagistes règlent les lumières pour la représentation de l'Avare de l'après midi.

Le dernier balcon qui était réservé à la claque est maintenant utilisé pour les éclairages. Notre guide nous rapelle que c'est dans cette salle qu'a eu lieu la bataille d'Hernani.

Les techniciens

De nombreux techniciens travaillent à la Comédie Française. Côté cour, ils s'appellent les "courriers", côté jardin , les "jardiniers". Il y a toujours des régisseurs souffleurs, mais ils sont dans les coulisses.
Il y a aussi des tapissiers, des accessoiristes, des habilleuses, des repasseuses-lingères, des tailleurs pour les costumes des hommes et des couturières pour ceux des femmes.
Les costumes fabriqués en plusieurs exemplaires, sont conservés soit à la Comédie Française, soit dans des entrepôts, ou bien donnés au musée du costume.

Le fauteuil de Molière

Nous repassons dans la galerie des bustes, pour arriver devant le fauteuil de Molière dans le malade imaginaire.
La garniture, très abîmée, était en cuir. Le dossier est inclinable avec une crémaillère, dans les accoudoirs, il y a des tirettes qui servent à faire tenir un plateau. Le fauteuil a beaucoup voyagé lors de tournées: Charlie Chaplin s'y est assis pour se faire photographier, aux USA.

Nous repartons par le bar, qui est la salle qui a le moins souffert de l'incendie de 1900.

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Par Anne Chabanelle - Publié dans : visites
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 06:02

Août 2009

Promenade à Chitry dans la Nièvre avec Jules Renard

portrait de Jules Renard acquis par la mairie de Chitry (tous droits réservés)

Arrivés à Chitry les Mines, nous sommes accueillis par madame Reyre, la présidente de l'association des amis de Jules Renard.

Elle nous accompagne par de petits chemins creux à travers le village jusqu'à la mairie, où elle a installé pour nous, une partie de l'exposition sur Jules Renard.

L'association a créé une exposition mobile qui s'enrichit d'année en année et  organise avec l'association des amis de Jules Renard de Laval, un concours d'écriture "Bonjour monsieur Renard" jusqu'en décembre 2009.

En 2010, auront lieu des commémorations du centenaire de la mort de Jules Renard dans la Nièvre, à Paris (colloque à la BNF).

Près de la mairie, le monument dédié à Jules Renard.


Près du buste, Suzanne Després, qui a créé le rôle, a servi de modèle pour représenter Poil de Carotte.






Madame Reyre commente l'exposition pour nous:

Né en 1864 en Mayenne, Jules Renard arrive à Chitry les Mines à l'âge de deux ans.

C'est là qu'il aura ses racines, dans cette maison de Chitry où il situera l'histoire de Poil de Carotte.


(la maison de la famille Renard à Chitry tous droits réservés)

La famille paternelle est depuis des générations dans le pays.
Plusieurs de ses ascendants ont été maires à Chitry.




Son père,François Renard,fils de paysan à Chitry, a choisi d'aller à Paris pour y suivre des cours du soir et devenir Conducteur des Ponts et Chaussée.

Parallèlement, François Renard devient Franc Maçon, au Grand Orient de France, loge Montereau.

Il travaillera à la construction des chemins de fer. En 1881, un effondrement de terrain sur une ligne de chemin de fer à Parthenay, dû à une mauvaise évaluation des géologues, va provoquer un procès contre l'état qui va empoisonner le reste de sa vie.

Jules Renard sera pensionnaire à Nevers, puis après un premier échec au baccalauréat, s'installera à Paris, où il suivra les cours du lycée Charlemagne.

Il collaborera à des revues à partir de 1883.

Il occupera plusieurs emplois éphémères dont un de précepteur.

1884: il épouse Marie Morneau qu'il appellera Marinette.

1887: début du "Journal." (qui sera préparé pour l'édition à la mort de Jules renard par Henri Bachelin)

 En 1889, il fait un séjour à Chitry, pour la naissance de son fils Jean François (Fantec).
Les brimades que la mère de Jules Renard fait subir à sa femme Marinette, lui inspireront l'écriture de Poil de Carotte.

Il participe à la fondation du Mercure de France.

1890 début de l'écriture de l'Ecornifleur

1892 naissance de sa fille Julie-Marie qui sera appelée Baïe par sa famille

1893 publication de Coquecigrues et la Lanterne Sourde

1895 publication de La Demande puis La Maîtresse

1896  publication de Histoires Naturelles

Il loue à l'année la maison de la Gloriette à Chaumot près de Chitry.

Ses domestiques, les Chalumeau  seront les personnages de Philippe et la Ragotte


la maison de la Gloriette à Chaumot



1897 suicide de son père


1898 création de sa pièce Pain de Ménage

1900 décès de son frère Maurice

succès de Poil de Carotte au théâtre Antoine
Il devient conseiller municipal de Chaumot

1903 création de Monsieur Vernet

1904 Il devient maire de Chitry

1909 mort de sa mère qui tombe dans le puits de la maison de Chitry

22 mai 1910 mort de Jules Renard d'artério sclérose.

 Il est enterré comme les Chalumeau, dans le cimetière de Chitry.



Nous revenons dans la maison de Jules Renard qui été réaménagée après son décès par sa femme.

Derrière la maison, le puits est toujours là.


Après sa mort, le journal de Jules Renard sera préparé pour l'édition par Henri Bachelin






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Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /Août /2009 16:16
Août 2009

Promenade à la découverte d'Henri Bachelin, à Lormes, dans la Nièvre


Nous avons retrouvé Jean-Pierre Lacroix et l'association des amis d'Henri Bachelin, sur les promenades, à Lormes.

Ils nous avaient préparé des lectures d'extraits de livres d'Henri Bachelin, qu'ils nous ont fait découvrir peu à peu, en visitant la ville.

Malheureusement, la batterie de mon appareil photo était déchargée ....

Bachelin, né à Lormes a préparé le journal de Jules Renard pour qu'il soit édité. Il a fallu convaincre Marinette, la femme de Jules Renard d'en supprimer le moins possible, et ce ne fut pas une tâche facile.

L'original du journal a été détruit, il en reste entre la moitié et les 2/3. C'est Bachelin qui a recopié ce que madame Renard a bien voulu lui laisser garder.

Jules Renard et Henri Bachelin ont entretenu des relations d'amitié jusqu'à la mort de Jules Renard en 1910.

Cependant si Bachelin va rendre visite à Jules Renard, 44 rue du Rocher à Paris, Renard ne vient pas le voir dans son modeste logement.

Les derniers moments de cette amitié ont été difficiles. Jules Renard souffre d'artério-sclérose dont il mourra, et son caractère ne s'améliore pas avec la maladie.

Les deux hommes sont différents: Bachelin mène une vie modeste, Renard aime sortir dans le monde;

Bachelin reste marqué par son éducation religieuse, Renard est athée.

Bachelin aime la musique, écrit un livre sur l'orgue, Renard ne s'y intéresse pas.


Bachelin a supprimé les notes que Renard a utilisées pour écrire, ses livres, ce qu'il considérait comme "des déchets" ainsi que "les passages qui montrent Renard ressemblant par ses parties basses à tout le monde."



L'envie lui est venue ensuite de tenir lui-même un journal dont le premier tome va paraître, début septembre 2009.

Henri Bachelin avait déjà tenu un journal de jeunesse, qu'il avait détruit.

"Ces carnets de grand séminaire et de caserne, je les ai feuilletés plusieurs fois jusqu'au jour de cette année 1926, où je me suis décidé à les détruire tant ils étaient ridicules."

Extrait du journal d'Henri Bachelin, cité dans le N°35 de l'Horizon de Pourpre, bulletin de l'association Henri Bachelin

Parmi les livres de Bachelin: "Le serviteur" qui parle de son père,  prix Femina en 1918, "Pas comme les autres", recueil de nouvelles où il exprime son sentiment d'être différent.

Nous écoutons des extraits de "Pas comme les autres", puis nous remontons vers l'Eglise de Lormes, en passant devant la maison natale et le buste d'Henri Bachelin.




















"Puis m'écrasant le nez sur une des vitres de la porte, plus grande, de la maison, je regardais les tilleuls des Promenades aux branches toutes nues."

Henri Bachelin,dans L'Horizon de Pourpre, N° 35

L'église est tout en haut de la ville et les morts du cimetière ont une vue magnifique qur les monts.

Lecture d'un texte de Bachelin sur sa "petite ville et son église".

Bachelin, bon élève venu d'une famille pauvre, devait donc aller étudier au petit séminaire puis au grand, et se destiner à la prêtrise, sans que personne ne lui demande s'il se sentait la vocation!

Un an avant la fin de ses études, il réalise qu'il s'est laissé emporté dans une vie qui ne lui convenait pas, quitte le séminaire et s'engage dans l'armée à Nevers.

Il racontera cet épisode dans la nouvelle "robe blanche, robe noire".

 Il part ensuite dans la marine, à Brest, jusqu'à cette "bienheureuse scarlatine" qui lui permet de quitter l'armée, avant la fin de son engagement.

Il travaille alors dans une banque à Paris (1901).

Nous poursuivons notre promenade devant l'ancienne école des frères de Lormes qui est maintenant une maison privée. Derrière les murs, on aperçoit de hauts marroniers.

Lecture du texte "la dictée" puis nous revenons à la mairie.

Bachelin a déjà écrit quelques poèmes, nouvelles, publié des articles dans des journaux à Clamecy et Nevers .

En 1904, il fait paraître un recueil de poèmes de 16 pages qui fut bien accueilli:
"Horizons et coins du Morvan".

Il rencontre Jules Romains, Paul Léautaud, .....  et édite à compte d'auteur "Pas comme les autres " en 1906.

En 1909, il publie deux études littéraires, une sur Jules Renard et une sur Flaubert.

Il écrit dans plusieurs journaux: Comédia, le Mercure de France, La Grande Revue, l'echo des Boulevards, c'est la période faste de sa vie.

Romain Rolland lui cède sa place de journaliste, dans une revue publiée à Lausanne.
Il devient secrétaire de Gide quelques mois, participe à la création de la NRF.

En 1909, il quitte son emploi à la banque. Sa compagne, qu'il épousera en 1914, travaille et assure les revenus fixes du ménage.

Il publie

en 1910:  Robe noire , chez Grasset

 en 1912:  Juliette la jolie

1914:         l'Héritage

Il participe à la guerre de 14/18 et obtient la légion d'honneur.

1918: Le serviteur (prix femina)

Il continue à écrire des romans dont certains historiques, des contes, essais critiques, articles de journaux,..

Il retranscrit le journal de Jules Renard pour l'édition.


De 1926 à 1941, il se replie sur lui même, devient "l'Ermite des Batigolles".

Les publications continuent:  romans, 2 romans historiques, une étude sur l'Orgue, des contes.

Comme Hugo à Guernesey, il écrit debout devant son pupitre.

Henri Bachelin est décédé à Paris en 1941.

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Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /Août /2009 13:47
Août 2009

Promenade à Bazoches, demeure du Maréchal de Vauban à partir de 1675, visite animée par les comédiens de "Lormes en fête".

Jean-Michel Serron et les comédiens de "Lormes en fête" étaient venus pour  animer, la visite du château du Maréchal de Vauban, à Bazoches, en nous lisant des lettres de Vauban au roi Louis XIV, ou à ses familiers.

Le château de Bazoches, comme le château de Cheverny, appartient à la famille de Sigalas, descendante de Vauban. 

A l'entrée du parc du château un cèdre imposant.

















Devant le château de Bazoches, un parterre reprend la forme des fortifications en étoile de Vauban.


Les comédiens en costumes de "Lormes en fête" aidés pour la mise en espace de la lecture des lettres du maréchal de Vauban, par Hervé Colin de la Compagnie du Globe.





Jean-Michel Serron commence la lecture de la première lettre dans le bastion, avec derrière lui, une magnifique vue, qui permet même d'apercevoir Vezelay au loin.(derrière l'arbre!)










 Nous entrons dans le château. Derrière la grille, la cour intérieure magnifiquement restaurée et son cadran solaire .

Dans l'entrée, on peut voir la reconstitution de la voiture de Vauban,
pour un film qui a été tourné au château.



















Une des généalogies de Vauban dans la Galerie.

















Un portrait de Vauban, celui que je préfère, parce que je l'ai trouvé plus humain.



Un tube dans lequel le maréchal de Vauban transportait ses plans, et ses étriers.






La bibliothèque  et la salle à manger















La visite s'est terminée par une lecture des lettres de Vauban, souhaitant  verser une pension à ses enfants illégitimes dont il n'était pas tout à fait sûr qu'ils fussent de lui, mais enfin, ayant eu commerce avec ces femmes....cela pouvait être possible.....

 Ce qui a beaucoup déçu Martine qui pensait que le grand homme était un pur esprit, occupé uniquement à parcourir le pays pour y bâtir des forteresses au service du roi et de la France.


La visite du château est un moment charmant, et l'écoute des lettres de Vauban, un plaisir supplémentaire.

 Malheureusement pour les autres visiteurs, c'était une animation exceptionnelle.....

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Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /Août /2009 12:05
août 2009

Promenade sur le site archéologique de Compierre, commune de Champallement, dans la Nièvre en Bourgogne (environ 25 km de Clamecy)


Monsieur Jardet, président des amis de Compierre, nous attendait au frais, à l'ombre des arbres, sur le site archéologique de Compierre, pour nous accompagner et nous guider dans la découverte du site.

Malheureusement peu protégé et souffrant du manque de civisme des visiteurs, le site vit grâce aux bénévoles de l'association.

Les subventions se font rares, une émission de télévision "la carte au trésor" a cependant permis de récolter quelques fonds bien utilisés dans la création de panneaux qui permettent de redonner vie à ce qui pourrait passer, pour les non initiés, pour de vulgaires tas de pierres.






















Le site a été découvert au début du XIX° siècle et fouillé au départ par des amateurs, pas forcément dans le respect du site, qui ont gardé ce qu'ils ont découvert, ce qui était légal à cette époque.

Ce qui a été trouvé depuis est gardé en dépôt dans les réserves du musée de Clamecy.

Le site de Compierre était en pays éduen, même si on y trouve par hasard un ou deux sénons égarés en ce mois d'août 2009......ils ne faisaient que passer....

C'était un vicus, long de 800 mètres et large de plus ou moins 300 mètres.

On pouvait trouver à proximité des bancs de calcaire et du grès pour les constructions, de l'oolithe ferrugineuse qui permettaient le travail du fer.

Le vicus s'organise en plusieurs zones: un zone d'habitat, des zones d'artisanat, une place publique (forum) et un temple (fanum), puis un théâtre et une nécropole. Une voie romaine traverse le vicus.

Le site a été habité jusqu'au IV° siècle.




Le forum qui servait à la vie publique, près du temple, lieu de culte.
Le puits était probablement un puits public.



















La maison du boucher









une partie des caniveaux





Plus loin on retrouve les traces de la maison du forgeron, celle du potier et celle du tailleur d'os.





Après cette zone d'habitat, les habitants ont aménagé une pente naturelle en théâtre.




Les fouilles ont permis de dégager une scène, un mur d'enceinte et ses contreforts, trois entrées.

Les entrées inférieures permettaient d'accéder aux escaliers et aux gradins de bois. La taille du théâtre laisse supposer une population assez importante et une vie animée.

La promenade est agréable et les explications de monsieur Jardet permettent de faire revivre ce lieu.

L'association organise des visites guidées en été les samedis et dimanches à 15 heures 30.

Nous sommes ensuite repartis dîner à la Ferme Auberge de la Bèlerie, à Brignon sur Beuvron, où Brigitte et Bernard Blondeau nous attendaient.

Les autres dîneurs ont eu droit à nos lectures à haute voix de vieux pamphlets, même s'ils n'avaient pas envie de s'instruire.....

Il fut encore question des Dupin, notables du XIX° siècle, et ils en ont pris pour leur grade.....

 Pour les autres dîneurs, la lecture des pamphlets fut, comme dans les lois de Jules Ferry, laïque , gratuite, et obligatoire......


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