Août 2011 Hauteville House, la maison de Victor Hugo à Guernesey
La maison de Victor Hugo a été léguée à la Ville de Paris , par sa petite fille Jeanne.
La maison, vue du jardin
Pour visiter la maison de Victor Hugo, du 1er avril au 30 septembre, il est préférable de réserver par mail sur leur site. Les visites se
font par groupes de 10, et de nombreux visiteurs se cassent le nez, faute de place.
Il faut prévoir, pour payer, des livres guernesiaises (il n'est pas possible de payer en euros):
6 livres pour une entrée adulte, 4 pour un tarif réduit: enseignants, plus de 60 ans, etc..
Les visites se font alternativement en anglais et en français.
Victor Hugo, ayant quelques soucis avec Napoléon III, fut contraint de s'exiler en Belgique puis d'Anvers, il gagna d'abord l'île de Jersey où sa famille le
retrouva.
Ayant soutenu un libelle contre la Reine, il fut expulsé de l'île de Jersey, et émigra ensuite vers Guernesey.
Il loua au 20 Hauteville street, une maison que l'on disait hantée.
Juliette Drouet y habitera plus tard, elle s'appelle aujourd'hui Hauteville Fairy.
Il y terminera les Contemplations qui lui permettront d'acheter la maison au 38, Hauteville street, qui avait également la réputation d'être hantée.
Etant propriétaire, il put alors acquitter le droit de "poulage", deux poules par an, ce qui lui évita la crainte de l'explulsion.
Peu à peu, il va transformer la maison, les meubles. Il créa des meubles à partir de coffres de marin, recouvrit les murs et les plafonds de tapisseries, décora de
chinoiseries, de carreaux de Delft .
Excepté le jardin d'hiver et le lock-out, l'ensemble est lourd, sombre.
L'entrée est éclairée par des fond de bouteilles récupérés chez un verrier de l'île et encastrées au dessus des portes.
Il a laissé un peu partout des symboles, ses initiales, parfois des tiroirs secrets
qu'on ne peut pas voir pendant la visite, des inscriptions mystérieuses.
La maison est un "autographe à trois étages"
Tous les mardis, il "donne à dîner" à quinze enfants pauvres et les sert avec sa famille.
Une sorte de couloir qui donne dans l'entrée et qui est décoré d'assiettes sur les murs et le plafond.
Dans la salle de billard, dans laquelle Hugo jouait aux cartes, on retrouve les portraits des enfants.

Parmi eux, Léoplodine et son mari Charles de la Vacquerie
Un portrait d'Adèle, la seule enfant qui lui survivra.
On pénètre ensuite dans le salon de la tapisserie, par lequel on a accès au cabinet noir qui servait à Hugo et à ses fils à développer leurs photographies.
Le cabinet noir pouvait aussi servir à enfermer Jeanne, la petite fille de Victor Hugo, lorsqu'elle était punie.
Dans son recueil: L'art d'être grand père, Victor Hugo a composé ce poème pour Jeanne.
Jeanne était au pain sec...
Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir,
Pour un crime quelconque, et, manquant au devoir,
J'allai voir la proscrite en pleine forfaiture,
Et lui glissai dans l'ombre un pot de confiture
Contraire aux lois. Tous ceux sur qui, dans ma cité,
Repose le salut de la société,
S'indignèrent, et Jeanne a dit d'une voix douce :
- Je ne toucherai plus mon nez avec mon pouce ;
Je ne me ferai plus griffer par le minet.
Mais on s'est récrié : - Cette enfant vous connaît ;
Elle sait à quel point vous êtes faible et lâche.
Elle vous voit toujours rire quand on se fâche.
Pas de gouvernement possible. À chaque instant
L'ordre est troublé par vous ; le pouvoir se détend ;
Plus de règle. L'enfant n'a plus rien qui l'arrête.
Vous démolissez tout. - Et j'ai baissé la tête,
Et j'ai dit : - Je n'ai rien à répondre à cela,
J'ai tort. Oui, c'est avec ces indulgences-là
Qu'on a toujours conduit les peuples à leur perte.
Qu'on me mette au pain sec. - Vous le méritez, certe,
On vous y mettra. - Jeanne alors, dans son coin noir,
M'a dit tout bas, levant ses yeux si beaux à voir,
Pleins de l'autorité des douces créatures :
- Eh bien, moi, je t'irai porter des confitures.
On continue ensuite par la salle à manger, dont les murs sont recouverts de faïence de Delft.
Les deux lettres H représentent les initiales de Hauteville House.

Une inscription mystérieuse:
Hanibal 1624
Les initiales de Hugo en carreaux de Delft
Au dessus de la porte, une inscription qui peut se lire de deux façons:
la vie est un exil ou l'exil c'est la vie
Une peinture au fond du couloir à l'étage, qui masque une porte donnant dans le salon bleu.

Le salon bleu qui suit le salon rouge.
On retrouve, dans L'homme qui rit, la description de deux mêmes salons.
Dans le salon rouge, les murs sont recouverts de tapisseries brodées de perles.
Lors de sa fuite à l'étranger, Hugo a dû abandonner son mobilier. Ses amis ont réussi à conserver deux portes qui séparent les deux salons, ainsi que des statues
dorées.

Un brasero près de la cheminée dans le salon rouge.
A l'étage suivant, il y a le jardin d'hiver qui a une magnifique vue sur la mer.
Sur le même étage, la chambre dite de Garibaldi, où Hugo n'a dormi que lorsqu'il était malade, et qui a un peu l'allure d'une chambre mortuaire.

Dans les couloirs, on trouve une partie des livres de Hugo (environ 3000 livres sont rangés dans les différentes bibliothèques de Hauteville House)
Parmi ces livres, une édition de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert.
Au dernier étage, on arrive dans la petite chambre de Hugo qui donne sur son lock-out, où il écrivait, debout devant la mer.
Hugo écrivait sur le pupitre noir qui est rabattu contre le mur, à gauche de la photo.
Dans la chambre, on trouve des pacards cachés dans les murs, ainsi qu'un meuble d'inspiration chinoise. Sur les murs, des dessins gravés et peints par Hugo.
Après la visite de la maison, on peut aller faire un tour dans le jardin.
Lien avec d'autres visites
Retour au sommaire