Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 10:27

Dimanche 12 décembre 2010                 Carnet de Voyage

 

carnet-de-voyage-005.JPG

 

 

   Dans la rubrique, les prix que je n'ai pas gagnés, il y a eu cette participation à un concours de Carnets de Voyages.

 

     N'ayant pu me déplacer cet été, j'avais choisi de voyager dans mes albums photos,  d'en choisir quelques unes, et d'écrire des haïbuns.

 

J'en laisse quelques uns ici......

 

 

 

 

           Gilles et Marie

carnet2-002.JPG     Je lisais les textes de Frédérique sur la place du village, près des stands de livres. Il faisait beau, les platanes nous gardaient du soleil.

C’est toi, Marie qui m’a reconnue, tu es venue vers moi. Je te découvrais, petite, fragile. Tu m’as présenté Gilles,  ton compagnon.                                                            

 

 

   Depuis quelques mois, nous postions sur le même forum littéraire, proches par les enthousiasmes et les exaspérations.

 

   Vous m’avez raconté votre départ de France, la  lettre de  démission à L’Éducation Nationale, les années en Inde, la librairie française que vous avez créée à Pondichéry.

Une autre vie, un autre rythme, une autre culture.

On ne peut jamais s’isoler en Inde, il y a toujours tellement de monde.

 

    Gilles a parlé de la longère que vous avez achetée en Bretagne, du temps qu’il faut pour reconstruire les murs. Ses mains sont carrées, écorchées. Il raconte les meubles fabriqués avec le bois des vieux bateaux.


Il y a en vous deux une douceur, une sérénité apaisantes.

 

    Nous avons déjeuné sous les arbres. Comme vous êtes restés végétariens, du tajine, on ne vous a servi que quelques olives nageant dans un jus clair.

J’ai commenté amusée : « C’est frugal ! » Éclats de rire partagés.

 

Nous avons bavardé passionnément de livres, d’écritures.

A la fin de l’après midi, Marie a obtenu un premier prix pour sa nouvelle pleine de délicatesse et d’humanité.
Vous êtes repartis pour la Bretagne.

 

Nous nous recroiserons, une affirmation qui sonnait comme une prière, une incantation.

Il y a des rencontres qui mettent de la lumière dans la vie.

 

                                            Des livres partout

                                   Pour nous, allumée

                                   La lampe de l’amitié

 

 

  Un autre, après une visite aux Frigos, un atelier d'artiste....

 

 

 

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                                                                            L’atelier de Réti

 

    Il parle de son atelier. Au mur, sur les tables, des sculptures beiges, noires, grises. Dans l’une d’elles, de la limaille de fer qui tourne grâce à un aimant caché. Des arbres à l’horizontale, un monde à l’envers. Ca bouge et ça reste toujours pareil.

 


                                       Un fauteuil de pierre

                                Regarde inlassablement

                                       Tourner une fleur de fer

 

      Les cheveux de l’homme sont gris aussi, sa voix déterminée. Il dit qu’il est là depuis vingt-cinq ans, qu’il a loué son atelier à la SNCF grâce à une petite annonce, qu’il ne veut pas de leur projet aseptisé. Il veut garder la diversité des origines, la mixité verticale.

 

     Tout autour des Frigos, des constructions neuves s’élèvent, verre et acier. Entre les immeubles, ces anciens entrepôts frigorifiques de la gare de Bercy où cohabitent des artistes et de petites sociétés.

 

    Un ilot  de verdure et de vétusté. Sur la façade, dans les escaliers, des graphes qui s’entremêlent, une tour de Babel de langues urbaines. Au rez de chaussée, une locomotive polonaise sert d’écran à des images qui défilent. Des portes épaisses comme des coffres forts qui s’ouvrent sur des ateliers d’artistes.

 

Un peu de fouillis et d’imagination dans toute cette verticalité.

 

 


 

 

Une promenade sur les plages de Normandie, souvenirs......

 


 

carnet de voyage 007

 

 

 

                                 Asnelles, promenade avec Gilbert

 

 

    La plage n’était plus la même, la tempête avait creusé le sable sur plusieurs mètres, faisant ressurgir les vestiges des combats de la dernière guerre.

 

Des tiges de fer rouillées, des morceaux de béton, tout ce qui avait été peu à peu recouvert au fil des années, strates de l’oubli.

 

Brutalement, cette plage où j’aime me promener est redevenue un lieu de destruction.

 

Le sable va remonter peu à peu, me dit-il, l’oubli aussi.

Pourquoi les pontons ne sont-ils pas entretenus ?

Il faut construire l’Europe, effacer le passé.

 

 

    Effacer la haine, oui. Mais ne pas se souvenir comment on en est arrivé là ? Oublier pourquoi ces hommes sont morts ?

 

 

    Dans ma tête défilent des images d’archives. Ces jeunes, venus du bout du monde, entassés dans des barges, les yeux figés de terreur. Ils savent qu’ils ont peu de chance de voir le soleil se lever demain.


  Je veux me rappeler l’avidité des spéculateurs, la peur du chômage, la vie qui s’écroule, la montée de la haine de l’autre.

 

 

    La mer a de nouveau tout enseveli. Quand je marche sur cette plage, je sais que la ferraille est là, quelques mètres sous mes pieds.

 

    Un jour, à Colleville, j’ai croisé un vieil homme, bouleversé, qui rapportait un peu de sable au creux de son coupe vent. Qui était resté sur cette plage, son père, son oncle, ses amis ?


  Se souvenir pour ne pas revivre. Qui s’en soucie aujourd’hui ? Les marchés qui s’emballent, les traders, l’appât du gain, ils sont toujours là. Nous sommes sans mémoire.


   La mer brise son écume sur le sable. Bruit du ressac qui apaise et efface.


Je saute par dessus les flaques qui s’étalent. Il fait beau, les mouettes crient dans le ciel, puis se posent sur la mer. Elles dansent avec les flots, se soulevant au rythme des vagues.

 

 

                             Sous mes pas, sur la plage

                                Obstinément, le sable

                                 A tout recouvert

 


 

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Par Anne Chabanelle - Publié dans : ma (modeste) vie d'auteur - Communauté : Flâneries à Paris
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Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 14:23

Samedi 20 novembre 2010

 

    Remise des prix du concours de nouvelles de Fontaine Française

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Le château au centre du village, Monsieur le Comte fait partie du jury

 

     C'est décidé, je participe prioritairement aux concours de nouvelles qui ont lieu dans une région viticole!


    Pas parce que j'ai décidé de sombrer dans l'alcoolisme, non, je ne bois que de l'eau, mais parce que l'ambiance, c'est quand même autre chose!

 

    Les lauréats étaient conviés  à Fontaine Française, en Bourgogne, pas très loin de Dijon, pour une remise des prix particulièrement conviviale et chaleureuse.

 

fontaine-francaise-2010-001.JPG

 

Un joli paysage à Lux, quelques kilomètres avant Fontaine Française.


J B Ghudel était venu du Tarn, Dominique Chappey de l'Isère, Désirée Boillot et moi de Paris et la région parisienne, tous réunis par le président du concours Georges Païta, avec le jury et les représentants de la municipalité, à l'hôtel restaurant de la Tour.


 

fontaine-francaise-2010-007.JPG


      Nous avons bavardé, ri, écouté les textes proposés par les candidats (Dominique nous a raconté sa folle jeunesse, mais n'a jamais voulu avouer s'il avait vraiment fini par les piquer à la mère Vial, les paquets de chewing gum à la menthe....), fait la liste des concours de nouvelles auxquels il faut absolument participer et ceux qu'il est préférable d'éviter, promis de nous retrouver sur Maux d'auteurs ou ailleurs, acheté quelques livres des copains....


    André nous a fait des tours de magie, Georges a réécrit le dictionnaire.

 

    Au menu, il y avait aussi des nourritures terrestres: queue de lotte et sa julienne de légumes, filet de canette à la framboisine, fromage et pavé de chocolat maison et sa crème à l'anglaise, suivi d'un café.

Quand on parle le Bourguignon couramment, café signifie: café + pousse café + Crémant de Bourgogne ...

 


fontaine-francaise-2010-020.JPG

 

 

livre-fontaine-francaise.jpg

Heureusement l'hôtel était mitoyen....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le livre, ajouté au prix de chaque lauréat.

 

 

   Je ne peux que remercier les organisateurs pour cette remise des prix et la persévérance qu'il leur a fallu pour lire les plus de 2000 pages reçues des participants au concours.


    Bref, une soirée formidable qui donne des ailes pour continuer à écrire, et avoir le bonheur de se retrouver l'année prochaine.

 


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Par Anne Chabanelle - Publié dans : ma (modeste) vie d'auteur - Communauté : Flâneries à Paris
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Samedi 6 novembre 2010 6 06 /11 /Nov /2010 17:25

Samedi 6 novembre 2010

 

     Békhassine, ça ne s'arrange pas.......

 


  magnésium 002

     Depuis quelques jours, je dois bien constater que j'ai un peu la tête ailleurs....

  Je me suis dis qu'une prise de magnésium ne devrait pas faire de mal.

Donc, entre les passages dans les deux bibliothèques, la piscine, les courses diverses, les photocopies couleurs à ne pas oublier, le magasin de bricolage, le pressing où je porte mon duffle coat en vérifiant bien que les poches sont vides, je passe à la pharmacie acheter le fameux magnésium.


    Avant de rentrer, je cherche mon téléphone portable, pour vérifier l'heure: introuvable! Je ronchonne en me disant qu'il a encore sû glisser du sac que j'oublie toujours de fermer, ou que je l'ai oublié à la maison.

  Je retourne le sac dans la voiture, je fouille la voiture, je retourne la maison, je tente de le faire sonner: rien....

 

  Je téléphone dans tous les endroits où je suis passée, les deux médiathèques cherchent dans tous les services, à la piscine ils poussent le dévouement jusqu'à aller vérifier dans le casier des vestiaires, bref j'embête tout le monde en vain.

  Je décide de passer dans les deux magasins que je n'avais pas pu joindre: le pressing, et le supermarché.

 

  Après, il ne me reste plus qu'à tenter de trouver le gardien de l'endroit où je travaille, pour qu'il veuille bien enlever l'alarme, le temps d'aller vérifier si...

 

En arrivant au pressing, j'entends la patronne qui s'exclame:

 

"Ah! la voilà la dame!"


Le téléphone était resté dans une des poches du manteau, j'ai dû vérifier deux fois la poche droite.......

 

Ce soir triple dose de magnésium.............

            

                                               

 


 



Par Anne Chabanelle - Publié dans : moment drôle
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Jeudi 4 novembre 2010 4 04 /11 /Nov /2010 19:24

toussaint2010 048

Toussaint 2010 

                       Promenade en Normandie, quelques photos

 

 

Juste quelques photos de promenades sur la plage de Coleville dans le Calvados.

 

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En descendant vers la plage.

 

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Par Anne Chabanelle - Publié dans : dans la nature - Communauté : Flâneries à Paris
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Mardi 5 octobre 2010 2 05 /10 /Oct /2010 06:35

Mardi 5 octobre 2010         une lettre d'amour

 

J'avais envoyé ce texte pour un concours d'écriture du nord de la France, une lettre d'amour qui n'a pas eu de succès.

Comme je me suis bien amusée à l'écrire, je la publie ici.

(Juste une précison, ce récit est une pure fiction, je ne le quitterai jamais!)

 

 


 

                                                                       Lausanne, le  31 décembre  2010

 

                                                           A toi,

 

 

            Je t’aime, mais je te quitte. Oui, je sais, c’est un peu brutal, cassant même, mais tu sais que j’ai toujours eu plaisir à te briser, et malgré tes éclats, tu aimais cela aussi. Aussitôt après, tu redevenais doux et tendre, ce qui me rendait encore plus dépendante de toi.

 

Donc là, c’est la dernière fois que je te le dis, je t’aime, je t’aime à la folie et depuis toujours, mais je te quitte.


      Tu penses bien que ce n’est pas de gaité de cœur, non, je pense à toi dès que j’ai un moment de libre dans ma vie de dingue, et c’est un vrai déchirement que de savoir que je ne te verrai plus, que je ne pourrai plus te toucher, te……

Mais j’ai bien réfléchi, ce soir c’est le 31 décembre, demain sera une nouvelle année et une nouvelle femme va naître, c’est le moment stratégique pour prendre les décisions essentielles, de celles qui vont faire de l’année qui vient une année différente.


     Parce que si je tiens à toi, je dois reconnaître que tu m’as aussi fait beaucoup souffrir. Bien sûr, tout le monde m’avait prévenue, ma mère, mes amies, même mon médecin. Mais tu étais trop craquant. D’ailleurs, je sais qu’elles t’aiment aussi, même si elles ne veulent pas le reconnaître. J’ai bien vu comme elles te lorgnaient, quels regards de convoitise elles posaient sur toi quand tu étais là, même si elles me disaient hypocritement de me méfier.

 

Le problème avec toi, c’est que tu as tellement de charme, tellement de séduction, qu’aucune ne te résiste, dès qu’on se laisse tenter, on ne peut plus se passer de toi.

J’ai donc décidé aujourd’hui de te fermer ma porte. Définitivement. Je me le suis juré.

 

        Oh, je sais bien ce que tu penses. Ce n’est pas la première fois que j’essaie de te quitter et je reviens toujours, tu l’as déjà entendu ce discours-là. Tu te demandes pourquoi je semble si sûre de moi.


    Tout simplement parce que j’en ai rencontré un autre, et qu’il m’a demandé de choisir : toi ou lui. J’ai bien tenté de négocier, de lui dire qu’il y avait de la place pour vous deux dans mon cœur, mais il est demeuré intraitable. Lui ou toi.

 

J’ai hésité malgré tout, j’ai repensé à ta douceur, aux longues soirées que nous avons passées ensemble, seuls avec un bon livre au creux du canapé.

 

     Et puis, j’ai pensé à lui, à nos nuits, à nos promenades en forêt, à l’enfant qu’il veut me faire. Alors, même si tes tablettes sont mieux dessinées que les siennes, même si ta couleur noire est plus satinée que son corps un peu trop poilu, ma décision est prise, ce sera lui.

 

Et ne compte pas que je revienne te voir de temps en temps, je ne pourrai pas, sans craquer et te dévorer tout entier. Il faut qu’entre nous ce soit définitif et sans espoir de retour.

 

    Adieu donc, mon chocolat chéri, toi que je préférais avec des noisettes croquantes, et quelques raisins secs, toi que j’aimais briser en petits morceaux au fil des pages d’un livre, toi qui me réconfortais quand j’avais de la peine, toi qui étais toujours là dans ton papier argenté, pour me consoler de mes chagrins d’amour.


Mais adieu aussi aux rondeurs que tu m’as laissées, aux petits matins barbouillés quand j’avais abusé de toi la nuit précédente.


J’ai définitivement choisi Frédéric, en femme libre j’ai renoncé à mon addiction. Et sache bien, que si j’ai brisé ce soir ton dernier carré, je t’aimerai toujours.


 

                                                                  Anne

 

 

(Si j'avais été addict à la bière ou aux frites, ça aurait peut être plu davantage??? )

 

 

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