Mercredi 27 mai 2009 3 27 /05 /Mai /2009 21:14
mercredi 27 mai        Promenade au cinéma, avec Cécile de France
                                      Soeur Sourire


Je sors du cinéma une petite larme à l'oeil, et je dois avouer que je me suis laissée cueillir par l'émotion, alors que je ne m'y attendais pas.

J'avais choisi ce film pour retrouver le "Dominique, nique , nique,..." braillé avec enthousiasme sur les chemins de la promenade, quand j'étais en colonie de vacances chez les soeurs. On chantait sans y voir malice d'ailleurs, NTM n'existait pas en ce temps là.

J'y suis allée pour reprendre un petit coup de parfum d'autrefois et ça a été un grand coup de vent.

Tout au début du film, j'étais hypnotisée par les lunettes de Jeannine Deckers... Je les connaissais bien, ce sont celles de la sécurité sociale! J'avais les mêmes! Elle a duré longtemps cette mode là, à la sécurité sociale!

Et  la coupe de cheveux, très courte, qui lui donne un faux air de garçon et un air de vrai mocheté. Celle-là aussi, j'ai eu la même!

Puis, pour Jeannine Deckers, l'univers de petits commerçants dans lequel elle ne trouve pas sa place, la promiscuité qui enseigne le dégoût des corps.
L'impression d'être un oeuf de coucou, et le désir d'un ailleurs, sans savoir ce que peut être cet ailleurs: l'Afrique?  Les cours de dessin?

Ce sera le couvent, pour échapper au désir de la mère qui veut son bonheur et surtout sa sécurité, mais qui sait si mal le dire.....

Le père lui non plus, ne sait pas lui dire qu'il l'aime, qu'elle est belle, qu'elle peut vivre ses rêves.

Et qu'il est drôle ce pauvre Pierre, en amoureux transi, du genre à apporter des bonbons parce que les fleurs c'est périssable..... et à qui elle roule le patin de l'année avant de partir au couvent, juste pour savoir quel effet ça peut faire.

Là, le film manque quelque chose, cet élan spirituel que le cinéma ne sait pas filmer.
 
Puis , un peu par hasard, arrive le succès.Les cathos ont flairé le filon juteux, en voilà une qui va remplir les caisses de l'Eglise! et puis c'est bien pratique le voeu de pauvreté: on partage entre l'Eglise et le producteur.

Un jour pourtant, la marionnette s'échappe de son couvent, mais bizness is bizness! La réalité lui revient très vite dans la figure, plus possible d'utiliser le nom de Soeur Sourire!
 
Et quand, dans une chanson, elle fait l'apologie de la pillule contraceptive, l'Eglise Catholique utilise son influence pour vider les salles.

(Ca c'est une chanson qui n'était pas arrivée jusqu'à mes colonies de vacances!)


C'est Cécile de France qui interprète les chansons de Soeur Sourire, mais pourtant, un instant, au moment de la retraite des jeunes filles, j'ai cru entendre le vrai timbre de Soeur Sourire. Illusion? Fusion entre la commédienne et son personnage?

Le film est un peu gauche, beaucoup dans la narration, un peu de bric et de broc comme le personnage de Jeannine Deckers, mais c'est un film   porté par l'enthousiasme et la foi de Cécile de France, et qui  m'a bouleversée.

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Par Anne Chabanelle - Publié dans : ciné
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