Samedi 20 juin 2009
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vendredi 16 juillet 2009
Promenade à Moret sur Loing, Moret et ses mystères
Visite de la ville de Moret sur Loing, l'histoire de Moret sur Loing et des photos de la ville de Moret sur Loing
Puisqu'il fait beau, Catherine et moi décidons d'aller nous promener au sud de Fontainebleau et d'explorer les mystères d'une charmante petite ville: Moret sur
Loing.
Tout à fait honnêtement, c'est aussi pour honorer une commande de sucre d'orge que Pauline attend......depuis quelques temps......et peut être continuer mes expériences de cuisines expérimentales
avec les dits sucre d'orge.
En fouinant un peu dans les bibiliothèques, j'ai trouvé quelques histoires sur la ville de Moret assez amusantes et très, très mystérieuses......
L'histoire de Moret sur Loing
Premier mystère: le nom de la ville, Moret sur Loing, d'où vient-il?
Déjà le nom de la ville lui même Moret sur Loing......vient-il d'un terme d'apiculture?
"meure"en langue romane d'un breuvage à base de miel, les abeilles du Gâtinais ont bonne réputation,
ou bien d'un terme signifiant frontière" Mor" mot celtique qui signifierait la frontière, frontière entre l'Ile de France et la Bourgogne, près de la Champagne, avant
qu'elles ne soient rattachée à la France?
Ou bien du bas latin" muritum": petit mur qui protégerait un lieu de passage favorisé par le passage à gué possible du Loing à cet endroit??
Ou tout simplement d'un terme celtique signifiant "marais", les crues du Loing ont dû générer quelques marécages...
Les paris sont ouverts! messieurs mesdames, à vos commentaires!
Moret sur Loing a certainement été habité dès la préhistoire, le site de Pincevent fouillé par Leroi-Gourhan, n'est pas loin.
Le lieu est agréable: de l'eau:
le Loing traverse la ville avec son passage à gué possible.
le repas:
la forêt proche pour fournir le gibier.
et les sucres d'orge pour le dessert......ah non! c'est arrivé bien après, les sucres d'orge!!! 
Visite de la ville de Moret sur Loing
Mais que fait donc ce boulet dans la porte de Samois, à Moret sur Loing?
Quand vous arrivez de Paris, vous entrez dans le bourg de Moret sur Loing par la porte de Samois, petit village proche de Moret, qui grâce à son port permettait de transporter les
marchandises jusqu'à Paris.
De chaque côté de la porte, on voit des restes de remparts, et la maison basse sur la droite aurait pu être la maison d'octroi, (eh oui les impôts!! sur les marchandises!) où se
réglaient les droits d'entrée sur les vins entre autres.
Sur la droite quelques ouvertures pour éviter que les piétons se se fassent écraser par les voitures.
Au revers de la porte de Samois, on trouve une niche avec une statue de la Vierge préservée pendant la Révolution française, et remise au XX° siècle.
Et ce boulet? Que fait-il là dans la porte de Samois à Moret sur Loing, avec la date de février 1814?
C'est un dernier cadeau des autrichiens à la fin des guerres napoléonniennes. Le boulet s'est d'abord encastré dans une maison, puis a été scellé dans la
porte de Samois à Moret sur Loing, pour que l'on n'oublie pas ces moments difficiles pour les Morétains.
Au pied de la porte, on peut voir une borne qui mesurait les miles jusqu'à Paris.
La fleur de lys a été martelée à la Révolution, mais on voit toujours le chiffre 36 (36 miles = environ 66 kilomètres).
Si vous continuez jusqu'au bout de la rue qui traverse le village, vous ressortez de Moret sur Loing, par la deuxième porte: la Porte de Bourgogne ou porte du Pont.
On voit, juste sous le toit, les embases des tourelles qui dominaient un toit en terrasse avec des créneaux, avant que le toit actuel ne soit ajouté.
Que fait donc cette cage de fer dans la porte de Bourgogne?
Cette cage de "fer" est en fait une cage de bois renforcée par des solides ferrures.
Il semble que la prison de la porte de Bourgogne ait été une vraie passoire dont on s'évadait assez facilement, alors cette cage de "fer" en bois était probablement là pour tenter de mieux garder
les prisonniers.
Mais où est donc passé la troisième porte de Moret sur Loing, la porte de Gretz?
Ouverte sur la route d'Orléans, la troisième porte de la ville, en très mauvais état, a été démolie en 1825, et ses pierres réutilisées pour d'autres constructions.
Mais comment sortait-on de la ville fortifiée de Moret sur Loing, quand toutes les portes étaient
fermées?
Il restait les poternes, petites portes discrètes percées dans les murailles qui permettait de faire un petit tour dehors. Maintenant les portes ont disparu, et il reste les passages pavés.
La grande Poterne qui part de la rue de la pêcherie jusqu'à la rivière. Elle permettait aux Morétains d'emmener boire leurs animaux.
La poterne des Laveuses, plus modeste, près de la Porte de Bourgogne, par laquelle passaient les laveuses et leurs brouettes aux roues cerclées de fer qui ont usé les pavés.
La Poterne des laveuses qui mène au Quai des Laveuses.
Vue du quai des laveuses
Sur les remparts, on voit les plaques indiquant la hauteur des crues.
Tiens une maison en l'air!
Voilà une maison accrochée étrangement à l'extérieur des remparts!
Des originaux du XVIII° siècle ont fait percer les remparts pour construire leur maison dans les airs.
Elle est maintenant classée par les monuments historiques sous le nom de la maison Sauvé, du nom d'un couple de coiffeurs qui l'avait rachetée.
Et le trésor des Templiers? Est-il caché à Moret sur Loing?
Les Templiers possédaient à Moret sur Loing une maison fondée au XII° siècle, mais on ne sait pas où......les documents ayant disparu lors de la destruction de l'ordre sous Philippe le Bel.
Il reste encore de grandes caves voûtées, sous les anciennes maisons de Moret construites plus tard.
Alors qui sait ??? En grattant un peu......
Où sont donc passées les échauguettes du Donjon de Moret sur Loing?
Le donjon, près de l'Eglise, dernier reste du château,
permettait de de surveiller les alentours de Moret sur Loing.
Il vit passer Philippe Auguste, Saint Louis, Louis X fils de Philippe le Bel y fut enfermé pour avoir conspiré contre son père, d'autres rois encore, puis Catherine de Bueil, maîtresse de
Henri IV, et enfin Fouquet, Surintendant des Finances qui fit construire le beau Château de Vaux le Vicomte qui rendit si jaloux Louis XIV, fut enfermé dans ce donjon en 1661, pendant son
procès.
Après la Révolution française un entrepreneur le racheta alors qu'il tombait en ruines pour en récupérer les matériaux. Il fit démolir les quatre échauguettes d'angle, ces petites tours qui
permettait de poster un soldat ou deux en sentinelles, puis abandonna l'aventure.
Un amateur d'art le racheta, fit inclure une rosace côté rue et perça de nouvelles ouvertures.
Il est toujours habité par ses descendants.
Que faisait donc Thomas Becket, Archevêque de Cantorbéry, à Moret sur Loing?
Edifiée sur les restes d'une église romane, L'Eglise Notre
Dame, de Moret sur Loing, de style gothique, a été construite sur plusieurs siècles, du XII° au XVI° siècle.
Thomas Beckett, après avoir aidé le roi d'Angleterre Henri II à limiter le pouvoir du Clergé, vira de bord dès qu'il fut élu archevêque de Cantorbery, et défendit les privilèges du clergé et
les pouvoirs du Pape.
De 1164 à 1170, Thomas Becket s'exila en France, et c'est pendant ce séjour qu'il put bénir, ainsi que le rapporte la tradition, les premières pierres.
Il retourna ensuite en Angleterre où il fut assassiné à Cantorbéry par des fidèles du Roi.
L'orgue de l'Eglise de Moret sur Loing, fait partie des plus anciennes orgues de France. Il a été restauré depuis peu, et on peut de nouveau l'entendre lors de concerts.
La galerie dite de François Premier est partie faire un petit tour à Paris puis est revenue...
Cette maison, qui n' a jamais vu François Premier, a été construite au XVI° siècle, et est aussi appelée Maison Chabouillé .
Parmi les ornements, on voit une salamandre, emblème de François Premier, et une devise en latin qui dit que "Celui qui sait réfréner sa langue et dompter ses sens est plus fort que celui qui
s'empare des villes par la force."
Au XIX ° siècle,un officier l'acheta pour démonter la galerie et la remonter dans le nouveau quartier à la mode, celui des Champs Elysées à Paris.
Un promoteur du XX° siècle voulant construire des immeubles à la place de cette maison, ne put le faire qu'à la condition.......... de rapatrier la façade à Moret sur Loing à ses frais !
La façade a été remontée, non à son emplacement d'origine, mais dans la cour de l'hôtel de Ville de Moret sur Loing.
Où trouve-t-on d'autres maisons Renaissance à Moret sur Loing?
Dans la rue Grande, au 28 et au 30, on retrouve des décorations qui datent de la Renaissance: les pilastres à décor géométrique, les cornes de bélier, le fronton triangulaire.
Les péchés et repentances de la favorite et de la reine Marie-Thérèse conduisent à la gourmandise: les sucres
d'orge des religieuses de Moret sur Loing
Jacqueline de Bueil, comtesse de Moret, après avoir beaucoup péché avec Henri IV, elle lui a donné deux fils, fonda un couvent dans la ville en 1638 qui s'occupera de l'éducation des jeunes
filles.
Le couvent fabriquait des "Sucres d'Orge des religieuses de Moret sur Loing" prisé jusqu'à la cour.
Parmi les soeurs du couvent, les religieuses abritèrent une soeur étrange, baptisée "la Mauresse" en raison de sa peau basanée. L'état civil de cette soeur est resté inconnu. La légende dit
qu'elle aurait été une fille de Louis XIV et de Marie Thérèse sa femme, ou peut être pas de Louis XIV justement......
Ecartée de la cour, en raison de son teint, et les médecins auraient affirmé que c'était la vue du joli page noir de Marie Thérèse qui aurait influé sur la couleur de l'enfant!
Heureuse époque où les pages étaient précoces et les maris crédules!
Madame de Maintenon est allée la visiter au couvent de Moret sur Loing, le Dauphin aussi, ce qui entretint le doute. La soeur à la peau noire mourut, et disparurent en même temps les
versements qui permettaient au couvent de vivre......
Au XVIII° siècle, le couvent ayant du mal à joindre les deux bouts, il fut fermé et les soeurs rattachées au couvent de Sens.
Tant pis pour les jeunes filles et pour le sucre d'orge dont le secret fut ......presque........perdu!
Heureusement une très vieille morétaine qui avait travaillé avec les soeurs s'est rappelé le secret de fabrication et au XIX° siècle la production a repris avec de nouvelles soeurs, les Soeurs de
la Charité, puis en 1970 avec le fabricant actuel, la famille Rousseau.
Ils ont retrouvé la maison de vente des religieuses de Moret, le reste de l'ensemble immobilier a été repris par des médecins parisiens pour créer une maison de retraite.
Qui est le plus bavard de Moret sur Loing?
C'est monsieur Rousseau qui présente le musée du sucre d'orge à Moret sur Loing!
Il est passionné et parle très bien de l'histoire des sucres d'orge, plus vieux bonbons de France, et des autres produits de l'entreprise familiale.
Napoléon Premier faisait ses besoins n'importe où!! Le malappris! Devinez où??
De retour de son exil forcé à l'Ile d'Elbe, pendant la période des Cents Jours, Napoléon s'arrêta à Moret sur Loing, au 24 de la rue Grande, chez le maire de la ville.
C'est la très jeune femme du maire de Moret sur Loing qui l'accueillit et lui proposa sa meilleure chambre.
L'empereur ne se coucha pas , s'installa dans un fauteuil, organisa son retour.
C'est très surprise que la femme du maire se rendit compte au matin que Napoléon avait utilisé un joli saladier de porcelaine d'une façon "étrangère à son ordinaire usage"!
La maison Racollet, du faux ancien!
Construite après 1920, par un menuisier d'art, la maison est construite avec deux façades, et le bois est évidemment finement travaillé.
Que fait donc ce rocher de Fontainebleau dans le cimetière de Moret sur Loing?
Alfred Sisley, ami de Renoir, Monet, est un peintre paysagiste qui terminera sa vie à Moret sur Loing. Il peindra de nombreuses vues de Moret sur Loing et il est enterré au cimetière de
Moret avec sa femme. Il a demandé à avoir sur sa tombe un rocher de la forêt.
Pauvre de son vivant, il fut reconnu comme un grand peintre impressionniste après sa mort.
La promenade se termine au syndicat d'initiative de Moret sur Loing, près de la porte de Samois.
Nous y prenons des renseignements sur une promenade d'une heure 15 près de Moret: "A l'assaut de la montagne creuse" et
sur le son et lumière qui a lieu le dimanche soir en été.
à essayer prochainement............
Bibliographie:
Moret sur loing, une cité au coeur de l'histoire éditions Lys éditions Amatteis
Notre département, la Seine et Marne N°
29 Lys éditions presse
Histoires de Moret et des morétains, André Regard, chez l'auteur, 51 rue des sablonnières 77670 Saint Mammès
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