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Conférence au Musée Dapper, Paris 16°, 26 mars 2011
Erwan Dianteill et Michèle Chouchan, à l'occasion de la publication de leur ouvrage, Eshu, dieu d'Afrique et du Nouveau Monde (Larousse, 2011) proposaient une conférence pour présenter leur livre.
Voici quelques notes prises pendant la conférence, donc partielles et passant par le filtre de ma perception…..
L’origine du culte
Le dieu Eshu (Exu) est aussi connu sous le nom de Legba, ou Elegua.
On situe son culte à l’origine, dans les pays proches du golfe de Guinée : Bénin, empire du Dahomey.
Après la traite des esclaves vers le continent américain, on le retrouve aussi au Brésil, dans les Antilles, à Cuba, Haïti.
On ne connaît pas l’origine du culte, puisqu’il n’y avait pas de traces écrites. Il est mentionné dans des récits de voyageurs européens au 19° siècle. Le culte existait vraisemblablement avant. Les objets du culte en terre ou divers agglomérats, ne résistent pas au temps.
Les représentations
On a retrouvé une tête en terre ; près d’elle il y avait une coupelle avec des cauris. Les cauris sont des coquillages blancs, dont la forme rappelle celle d'une bouche qui parle.
Dans les représentations d’Eshu, ils sont utilisés pour figurer les yeux.
Eshu est le dieu des passages, des transformations, de l’impermanence. C’est le dieu central du vaudou haïtien, il est le messager qui va des autres dieux vers les humains, et des humains vers les dieux.
Il peut être représenté sous les traits d’un enfant comme sous ceux d’un vieillard en Haïti : Papa Legba. On le trouve sur les plateaux divinatoires, sous la forme d'une tête ronde, ou sous forme de signes abstraits.
Quand il est sous les traits d’un enfant, parfois il suce son pouce. C’est un dieu enfant de la transgression, qui ne procrée pas. Il peut aussi fumer ou siffler. Il est parfois représenté avec des pointes sur la tête ou des symboles phalliques agressifs.
Un dieu farceur
C’est un dieu qui se déguise pour tromper, un dieu farceur ou « trickster » en anglais.
Il est gourmand de sacrifice et d’offrandes et se venge cruellement, si on ne tient pas ses promesses. Son côté enfantin lui fait apprécier les friandises et les boissons sucrées, mais aussi l’alcool dans certains pays.
C’est un dieu rebelle à toute forme d’autorité, un dieu du passage, des seuils, dont le culte est toujours actuel.
Pour interroger Eshu, on jette des coquillages sur le sol. Le système divinatoire est composé de 256 signes ( 2 puissance 8)
Les rites sont composés de sacrifices, ils participent à l’initiation : à Cuba, il y a 15 à 20% d’enfants d’Eshu parmi les initiés.
Eshu peut posséder des humains (plus fréquent dans le sud du Brésil)
Eshu dans la peinture, la musique, la littérature actuelles
On le retrouve dans les peintures de Wilfredo Lam, d’Arredondo, de Jean Michel Basquiat, dont un des derniers tableaux se nommait EXU.
Dans le littérature, il apparaît chez Jorge Amado (Brésil) Danny Laferrière ( Haïti) et indirectement dans les livres de Toni Morrison (USA).
En musique on le retrouve dans les blues de Robert Johnson et dans le clip de Mickaël Jackson : Beat it : couleurs noir et rouge, les portes qui s'ouvrent et se ferment, la représentation du Dieu enfant au dessus de la tête du lit dans un cadre.
On le retrouve dans le morceau Crossroads (et là j’ai eu un choc ! j’ai pensé à mon propre texte Crossroads, publié aux éditions l’Iroli, qui est aussi sur le thème du changement…) et dans le morceau Me and the devil’s blues.
Si vous souhaitez en savoir plus, il faut lire le livre...
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