conférence

Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /2009 09:10
Jeudi 1° octobre                  Promenade à Paris

Café psycho, les relations mères filles, café de la mairie, place Saint Sulpice

conférence débat organisé par l'association Thérapies Conseil

http://www.psychotherapies.org/Cafe-Psycho.html

Argument:"La partie qui se joue entre une mère et sa fille est déterminante pour le devenir féminin de la fille. la manière dont la mère a négocié les moments cruciaux de sa propre vie, le savoir faire qu'elle a pu acquérir face à une certaine solitude, feront signe pour sa fille.(...)La féminité est incertaine et jamais définitivement acquise."


Voilà ce que j'en ai retenu. Le compte rendu passant au filtre de ma perception étant forcément partiel et partial.

Madame Saada lit un extrait d'une histoire dans laquelle une fille demande à sa mère pourquoi elle coupe des parties de la poitrine de boeuf, avant de la faire cuire.
La mère répond qu'elle le fait parce qu'elle a toujours vu sa mère le faire.

 Elles interrogent ensuite la grand-mère qui répond également qu'elle a toujours vu sa mère procéder ainsi.

Elles poursuivent leur questionnement auprès de l'arrière grand-mère qui explique qu'elle n'a jamais eu de plat assez grand pour mettre une poitrine de boeuf entière dedans.

Cette histoire dit que la femme construit sa féminité dans un contexte familial particulier, et que sa façon d'être, relève des supports d'identification qu'elle a pu rencontrer au cours de sa vie, entre autre ceux des femmes de la famille, et des femmes de sa culture.

Cependant, cette identification n'est pas une simple reproduction à l'identique, chaque femme construit son propre chemin de féminité.

Pourquoi la relation mère fille est elle si difficile?

La relation d'objet

D'après Freud, la fille doit  à la fois construire son attachement à la mère et ensuite se placer en position de rivalité face à sa mère.

C'est dans le lien à la mère que se construit le pulsionnel de l'enfant.

Dès que l'enfant naît , il doit construire une relation d'objet. il passe d'abord par le stade oral (dans sa première année) puis le stade anal (jusqu'à 4 ans).

Si la mère donne le sein avec amour, en l'accompagnant de sourire, de paroles, mais reste par ailleurs une femme désirante qui n'est pas seulement absorbée dans son rôle de mère, la relation d'objet va se construire de façon positive pour la mère et l'enfant.

Si la mère est toute à l'enfant, n'a plus de vie de femme, de vie amoureuse, elle se sentira persécutée si son enfant ne répond pas totalement à ses désirs, s'il ne veut pas manger par exemple ce qu'elle lui a préparé. Cela prépare alors chez l'enfant un terrain favorable aux désordres alimentaires: boulimie, anorexie,...

Pour que se construise une relation d'objet positive, il est nécessaire que la mère imagine les désirs de l'enfant dans un premier temps et y réponde.

Lorsque le bébé pleure, la mère imagine, suppose, une certaine demande de l'enfant:  il a faim, il a trop chaud, il s'ennuie,...

Elle va verbaliser cette demande, et c'est de cette façon là que se construit le langage chez l'enfant.
Si la mère ne parle pas à son enfant, celui-ci a des difficultés à entrer dans la communication et le langage.

Cependant au fur et à mesure que l'enfant grandit, la mère doit lâcher peu à peu cette position de savoir. Elle doit être suffisamment bonne, mais ne pas répondre totalement aux désirs de l'enfant pour laisser un espace dans lequel l'enfant va pouvoir se construire comme sujet séparé de sa mère et non comme une simple extension du corps de sa mère.

L'enfant n'est pas passif dans la relation à la mère: la mère est "interprétée" par la fille, en relation avec l'imaginaire que la fille construit peu  à peu.

L'identité féminine

Ce qui rend la relation mère-fille difficile, c'est la réactivation de la part inssaisissable de la perception de l'identité féminine chez la mère.

L'identité féminine est toujours en question chez une femme, puisque cette identité est différente lorsque la femme a 20 ans, 40 ans , 60 ans.

Une femme n'est jamais rassurée sur son identité féminine, et c'est le regard de l'homme désirant qui aide cette femme à se rassurer sur sa féminité.

La place du père

D'après Freud, la fille constate une similitude entre sa mère et elle: sa mère n'a pas de pénis, et elle non plus.
A ce moment là la fille se tourne vers le père par dépit et déception. Le manque de sa mère reflète son propre manque.
Pour qu'une fille puisse se séparer de sa mère, il faut que la mère l'autorise à jouer ce jeu de séduction avec le père.

Il faut également qu'une fille s'autorise à entrer en rivalité avec sa mère.

Pour que son regard soit constructif, le père doit avoir un regard désirant sur sa fille, mais pas trop.
Si le regard du père est insuffisamment ou trop désirant, cela peut être une des causes de désordres alimentaires ultérieurs.
Même si les parents sont défaillants, il peut toujours y avoir des substituts dans l'entourage de la famille, ou la fille peut trouver des supports d'identification paternelle ou maternelle dans des oeuvres: livres, films, ...

Les sources de conflits entre la mère et la fille

La fille pense que la mère, lorsqu'elle ne répond pas totalement à ses désirs ne peut pas (ou ne veut pas, si elle est dans une attitude persécutive) lui donner tout ce qu'elle désire. Cette frustration nécessaire, peut être à l'origine de conflits.

La mère peut être accusée par sa fille d'avoir le secret de la féminité et de ne pas vouloir le partager.

D'après Freud, pour qu'elle se  détache de sa mère, la fille doit s'imaginer attendre un enfant du père.

Le père doit alors faire comprendre que son amoureuse, c'est sa femme, mais que sa fille aura , elle aussi, des amoureux, plus tard.

Le rôle du père est d'aider sa femme à être une femme, et pas seulement une mère.

Il y a des femmes qui refusent la différence des sexes, ce qui rend alors la construction de la féminité difficile.

Le regard (cf. le stade du miroir de Lacan)

 Quand la mère regarde sa fille, il y a un brouillage d'images, cela  renvoie la mère à son propre corps, et à l'absence de pénis. Elle peut avoir alors des difficultés à regarder le corps de sa fille comme différent du sien.

Or, la fille doit se séparer de sa mère, ne pas être dans l'imitation pour se construire sa propre féminité.
Chaque femme est une énigme pour une autre femme.

Question: Et si le père n'est pas là?

La fille peut construire sa féminité en s'identifiant à des substituts paternels rencontrés dans la famille ou en dehors.
Ce qui est important, ce n'est pas la présence physique du père, mais la façon dont la mère en parle.
Il y a des enfants qui se mettent à une place de "go between", de réparateur entre la mère et le père. Cette place ne les aide pas à construire leur propre vie de façon autonome.

Question : La phase d'opposition?

Cette phase d'opposition entre la fille et la mère est nécessaire. Il faut que la mère supporte l'opposition de sa fille sans se sentir détruite.

Les filles peuvent parfois trouver des substituts maternels contre qui s'opposer: enseignante,....

Question : les mères qui critiquent sans cesse leurs filles?

Cela peut être une reproduction de ce que la mère a subi elle même.
Dans tous les cas, c'est parce que la situation fait miroir pour la mère.

Question: Quand la mère n'a pas de vie amoureuse?

Si la mère parle de son désir passé pour le père, cela introduit la femme dans la mère, et à ce moment là, la parole fait tiers séparateur entre la mère et la fille.
D'autres personnes peuvent être support d'identification pour la fille. On fait évoluer toute notre vie les supports d'identification.

La fille doit sentir que sa mère reste une femme désirante, que ce soit d'un homme ou d'activités. 

Ce qu'il faut éviter c'est que la mère place sa fille à une place de confidente, que ce soit de sa vie amoureuse ou de sa souffrance. La mère n'a pas à se poser en "copine", sinon elle a la tentation d'être "celle qui sait".

Il faut que la fille puisse prendre ses propres décisions et qu'elle puisse se tromper.

Question: quand deux filles sont jalouses?

On peut dire à chaque enfant qu'on ne les aime pas pareil, mais qu'on les aime, chacune différemment.

Question: si la fille voit sa mère se faire battre?

Chez la mère qui est battue, il y a une forme de masochisme. Tout dépend de l'interprétation que la fille va en faire.

Question: Qu'est ce que c'est la solitude dont vous parliez dans l'introduction?

Pour se construire, il faut accepter une certaine part de solitude, accepter de se séparer de l'autre. Si la mère accepte d'avoir une partie d'elle-même qui n'est pas satisfaite, la fille peut se construire sans être dans le ressentiment et sans demander à être totalement satisfaite.

Il est nécessaire que les parents acceptent l'altérité de leurs enfants. Si la mère ne met pas assez de distance, c'est dans ce lien fusionnel entre la mère et la fille qu'il y a le germe de la paranoïa.

Question: la mère qui essaie de séduire le gendre?

Ce serait le pire des incestes, qui attaque la féminité de la fille.

Question: Pourquoi une fille devient-elle lesbienne?

Il n'y a pas de réponse unique: trop d'amour de la mère, pas assez d'amour de la mère, refus du manque, trop d'amour avec le père,.....

Question: quand les mères frappent les filles?

Quand les mères frappent intensément, cela peut être une tentative de se séparer de leur enfant.
Il peut également y avoir des scénarii pervers, ou cela peut être une forme de haine de soi.

 Question: quand la fille devient mère?

Le rôle de l'homme est fondamental pour tirer la mère du côté de la femme et qu'elle ne soit pas seulement une mère.
Si on est tout pour un de ses parents, on cherche dans la vie à être tout pour l'autre. Il y a une part d'abandon qu'il faut accepter de supporter.

Bibliographie:

Freud: article "la féminité" dans "Nouvelles Conférences"

Jean Claude Aguerre, ... (Ouvrage collectif) : "D'une femme à l'autre" Collection Clinique Lacanienne, édition Erès




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Par Anne Chabanelle - Publié dans : conférence
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Lundi 11 mai 2009 1 11 /05 /2009 17:27

Jeudi 7 mai 2009                         Café Psycho, café de la mairie

                                                        Place saint Sulpice,  Paris 6°

 

La petite salle du premier étage était plus que bondée ce jeudi là. Il faut dire que le thème était porteur :


 
Paul Fuks, Monique Cohen de l’association Thérapies-Conseil proposaient d’animer un débat sur le thème des pervers. Qui de nous n’en a pas rencontré, n’y a pas laissé des plumes, et n’a pas envie de savoir s’en protéger pour la prochaine fois…


L’entrée est gratuite, il suffit de payer une consommation.


Voilà ce que j’en ai retenu, ce qui n’engage que moi… J’ai pris des notes assidument, mais ce qui m’en reste, passe forcément au filtre de ma perception.


Monique Cohen a ouvert le débat en lisant un mémo sur ce qu’est un pervers, la soirée était limitée à un débat sur les pervers narcissiques :


Le pervers narcissique  est une personne qui veut prendre et rien donner ; Seule la soumission est permise et il est insensible au sort d’autrui. Il ne ressent ni scrupules, ni angoisses, et ne se remet pas en question : il se considère comme sans tache.


La pathologie du pervers narcissique trouve son origine dans l’enfance, dans une souffrance qui cherche à se nier. Il y a le sentiment, nié, d’une grande médiocrité, une absence de talent et d’énergie.


Pour se protéger du pervers narcissique, il vaut mieux se tenir à distance, éviter les têtes à têtes, essayer d’introduire la loi, et chercher à faire intervenir des tiers pour éviter la relation duelle.


La perversion narcissique est un détournement de la sexualité et de l’affectif. La sexualité se joue dans une relation à l’autre pervertie.


Le pervers narcissique impose une situation qui ne satisfait que lui-même, il manipule, refuse de considérer les besoins de l’autre pour imposer les siens.


Il lutte pour éviter la perte du « moi » intime et ses relations perverses sont le dernier rempart avant le vide de la dépression ou de la psychose.


Le pervers narcissique s’en prend au narcissisme de l’autre,  et son désir de plaire et son opportunisme l’aident à éviter un conflit interne.


Il essaie de s’approprier  la richesse intérieure de l’autre pour combler le vide qu’il ressent en lui. Il absorbe l’énergie positive de l’autre.


Il prête à l’autre des intentions malveillantes qui ne sont que la projection de sa propre malveillance.


Il ne sait pas ressentir de sentiments positifs.

Il veut être le maître de la relation, manipule, utilise l’autre, utilisant le secret et la persuasion, il détruit la capacité de pensée créative de l’autre.


Le pervers narcissique est dans l’action, dans la toute puissance et l’auto suffisance plus que dans la pensée. Il a tout, il le dit, il le croit, se prétend à l’origine du monde et de lui-même.


Il avance masqué, seul le paraître compte. N’étant pas conscient de ses conduites, il décroche de la relation quand il se sent percé à jour et se cherche une autre victime.


Dans un couple, le pervers narcissique est dans  la violence affective permanente, en  jouant sur l’affect, le sentiment, le lien.


Le mode relationnel est fondé sur le contrôle de l’autre et la prise de pouvoir.

Il est indifférent aux demandes affectives de l’autre, mû par un comportement mortifère qui réalise les meurtres psychiques de ses victimes.


Le pervers narcissique n’a pas de demande réelle de thérapie, puisqu’il se considère comme parfait.


[livres cités : Elisabeth Roudinesco , La part obscure de nous-mêmes, Albin Michel

Paul Claude Racamier , 

 On croise dans la vie des personnalités qui ont quelques traits pervers, sans que ce soit pathologique. Une capacité momentanée à se conduire de façon perverse, peut aider à se sortir d’une situation difficile. Il faut différencier le fantasme pervers et l’acte pervers.


Il existe de très grands pervers qui asservissent des milliers de gens en prenant le pouvoir : Staline.


Comment devient-on pervers ?


Le pervers nie la différence des sexes, et la castration symbolique. Il sait qu’elle existe, mais ne veut pas le savoir ….


Lorsqu’il se rend compte que sa mère n’a pas de pénis, il n’accepte pas de ne pas l’avoir su. De plus, si elle ne l’a pas,  il  peut le perdre lui aussi…


 
Il nie son non-savoir. Le mécanisme de défense du pervers est le déni.

Il est possible que la perversion trouve son origine dans une pathologie du nourrisson : face à une mère absente psychiquement de la relation à l’enfant : dépressive, … se créent des angoisses sans nom qui demeurent sous forme de vide intérieur.


Peut devenir pervers celui qui a subi des abus.


Certains pervers assument avec fierté et rejouent un secret de famille honteux.

La perversion se joue ne couple : Le pervers et sa victime : le pervers provoque l’angoisse de l’autre, et le masochiste érotise sa souffrance.


Dans le couple pervers, il y a un contrat secret, dès que le secret est éventé, le couple ne tient plus.



La perversion touche autant les femmes que les hommes, mais la perversion des femmes est moins visible en actes anti sociaux : elle se joue souvent  avec leurs enfants.


Et alors comment on s’en sort quand on est face à un pervers ??

La seule solution proposée ce soir là, c’était la fuite….


Bibliographie proposée par Paul Fuks, plutôt pour les professionnels:

1-- "La haine de l'amour" de Maurice Hurni et Giovanna Stoll, à L'Harmattan

Ouvrage très clair, véritable livre d'horreur.
Après cette lecture, on a tout compris.

2-- "La cruauté ordinaire", d'Yves Prigent, chez Desclée de Brower
Ouvrage plus philosophique, mais de lecture aisée.

3-- "Nouveaux portraits du pervers moral" d'Alberto Eiguer, chez Dunod
Ouvrage centré sur la perversion morale, lecture aisée.

3--"La part obscure de nous-mêmes", d'Élisabeth Roudinesco, Albin Michel


4-- "Le génie des origines, Psychanalyse et psychoses", de P-C. Racamier,
chez Payot,

Par Anne Chabanelle - Publié dans : conférence
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Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /2009 19:28

Samedi 4 avril    2009     promenade à Paris,  ciné-philo au MK2 bibliothèque                      

 

 

Ciné philo sur le thème de la violence, à partir du travail de René Girard,  par  Ollivier Pourriol

 

Le principe de ciné-philo est de mêler une conférence sur un thème, ce jour-là, apparemment (je ne suis pas sûre d’avoir tout compris dans ce méli-mélo d’informations contradictoires !), la fin du cycle « désir et cinéma » et des extraits de films qui donnent une correspondance par l’image, sans vraiment illustrer d’ailleurs, plutôt comme point de départ à la réflexion, ou écho.

 

Olliver Pourriol , avec deux L et deux R (c’est la condition pour bien voler en équilibre…) est agrégé de philosophie, écrivain, scénariste et par ailleurs pas désagréable à regarder.

 

Me voilà donc dans la salle B, plutôt spacieuse et confortable, en attente d’être éclairée, parmi des curieux de la philosophie.


 
Moi, je croyais que j’allais assister à un cours d’une heure sur Deleuze et l’image, et me voilà pour deux heures sur la violence et René Girard.

 

Bon, je ne suis pas sectaire, et curieuse par nature.

 

La salle est pour moitié composée de retraités et pour moitié d’étudiants. La population intermédiaire ne pense plus  ou ….pas encore !

Et en attendant, ils poussent le chariot au supermarché du coin.

 

Voilà à peu près ce que j’ai retenu de cette séance….ce qui n’engage que moi !

Extrait du film « The Mist »  film d’horreur inspiré d’un livre de Stephen King, une sorte de huis clos dans un supermarché.

(comme quoi, ils prennent des

risques, les âges intermédiaires en allant faire leurs courses…..s’ils étaient venus, ils le sauraient !)


Dehors c’est menaçant, évidemment on ne sait pas exactement ce qui menace ce qui permet à chacun d’entre nous de projeter ses angoisses personnelles, une sorte de nuage toxique et ….des BETES  dévoratrices!!

 

Dans le groupe de rescapés, va se recréer une mini société avec ses guerres, ses exclus, ses héros, ses victimes expiatoires…

 

La thèse de René Girard est qu’il n’y a pas de destin individuel, nous appartenons à un groupe qui nous limite.


 
[ Il me semble bien que Bourdieu avait dit ça très bien dans son livre « la reproduction » ???? mais après tout l’agrégé de philo, c’est Ollivier Pourriol, hein ? et pas moi !]

 

Pour sortir de cette limitation, il faut donc s’approprier son héritage, puis le nier.

Nous sommes donc mus par deux désirs :

                        Un désir d’imitation pour acquérir l’objet convoité

                        Un désir de déposséder l’autre de l’objet convoité, dans ce cas là le modèle devient obstacle, et on peut, à l’extrême, sombrer dans la pathologie.


[Mmmmm monsieur Pourriol, moi je dirais que les deux co-existent dans notre esprit simultanément, et sont complémentaires et antagonistes …… l’esprit ne recule devant aucun paradoxe, et pour garder votre parallèle avec le langage, ce brave Saussure avait déjà parlé d’esprit d’intercourse et d’esprit de clocher, pour expliquer que le développement d’une langue est fait d’imitation et d’innovation…]

 

Autre thèse : ce qui fait que les religions fonctionnent, c’est qu’elles ignorent comment elles fonctionnent


Elles se fondent donc sur la violence et sur le sacrifice de victimes expiatoires

Une façon d’éviter le chaos, c’est de créer une hiérarchie entre individus, de façon à ce que les mêmes objets ne puissent être désirés par tous.

Pour structurer une société, il est donc nécessaire d’exclure ceux qui vont représenter le  mal ;

Comment reconnaître le « Mal » ?


D’une part,
il est repérable par une différence physique.


 
Là, il nous a raconté l’expérience de la poule à crête bleue. On met de la peinture bleue sur la crête d’une poule, si l’espace de vie est suffisant pour toutes les poules, il ne se passe rien, si l’espace est réduit de façon à rendre les conditions de vie difficiles, la poule à crête bleue est massacrée par ses congénères.


D’autre part,
les personnes relevant du  « Mal » doivent sembler posséder un pouvoir particulier qui va les désigner comme victimes expiatoires,  et qui vont pouvoir faire l’objet de violences collectives.

Pour que ce sacrifice fonctionne, il faut que ces victimes appartiennent à cette société, et en même temps en soient à l’extérieur, de façon à permettre à chacun de s’identifier à lui et de s’en différencier.

Dans toute société, l’individu qui risque de mettre l’homéostasie du groupe en péril, est rejeté.


[Ca, l’approche systémique de Palo Alto l’explique très bien !]

 

Et c’est cette violence vis-à-vis  de l’individu qui va représenter le « Mal », qui va permettre de préserver le reste de la société d’une violence généralisée.

 

Dans le catholicisme, la victime n’est plus coupable, mais innocente et se sacrifie volontairement.

Tout le monde doit renier le Christ, même Pierre, pour que la violence étant unanime, chacun participe à cette violence collective et que chacun échappe à la violence ensuite.

 

[ Ca a été un peu raté, non ?? pour le catholicisme ? ]


L’effet cathartique peut être obtenu, à moindre frais ! Avec de la violence mise en scène dans un spectacle. 

 

Extraits des films: The Doors: on voit Jim Morrison dans une position christique porté par la foule des spectateurs du concert


The Wicker Man, film dans lequel un pauvre benêt de policier anglais à la recherche d’une disparue, va être brûlé en grande cérémonie par la secte locale pour sauver les récoltes.

 

[ Moi j’aurais évoqué la théorie du « bon et mauvais objet » de Mélanie Klein,

qui explique comment  le moi essaie de se défendre contre les persécuteurs internes à l'aide des processus d'expulsion, et de projection. Et comment en s’attachant aux « bons objets », nous pouvons nous délivrer de la crainte de la persécution et peut être…….peut être……ne plus avoir un comportement de poule !]

 

Finalement c’était bien ce cours de philo, par toutes les associations qu’il a permises, au-delà de ce qui a été dit.

Je reviendrai…

Par Anne Chabanelle - Publié dans : conférence
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