Vendredi 5 février 2010
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Mercredi 3 février 2010
Promenade à Paris, au squat de la petite Rockette
Vers 14 heures, j'attendais Roberto, permanent de Médecin du Monde, au Décalé, le café à l'entrée de la rue Saint Maur.
Quelques jours auparavant, m'échinant à inventer le quotidien d'un squat pour l'écriture d'une nouvelle, après avoir cherché en vain sur le web des comptes rendus, des vidéos......... j'étais tombée sur le mail de Roberto.
Envoi d'une bouteille à la mer: "Bonjour, je suis auteur de nouvelles, je souhaite écrire sur les squats, est-il possible de venir travailler avec vous?"
Réponse rapide de Roberto:
"Et pourquoi pas?"
J'avais déjà visité le squat de Tolbiac (fermé); celui de la Générale (fermé et réinstallé sur trois autres lieux), les Frigos dans le 13°, mais je n'avais fait que passer pendant quelques heures.
Et puis ce que je souhaitais, c'était dialoguer avec des gens qui avaient connu la rue.
Dans la rue Saint Maur, c'est la seule façade colorée, graphée, qui met un peu de couleur dans tout ce gris. Autrefois, c'était les bâtiments administratifs de la prison pour femme de la Roquette.
On pousse la porte, et, à ma grande surprise, ce n'est pas très différent de la Générale.
A droite, une salle d'exposition, avec des tableaux accrochés, monochromes ou colorés. les accrochages changent tous les 15 jours.
A gauche l'accueil, et je vais de surprise en surprise. Ici tout est organisé: un planning pour l'utilisation des salles, trois permanents salariés de l'association.
Derrière l'accueil, une petite salle d'hébergement d'urgence, une cuisine collective et une douche.
Dans la cour des toilettes.
Sur les murs de la cour intérieure, des grapheurs ont la place de réaliser des fresques. Elles restent un mois, puis un autre grapheur a le droit de les recouvrir.
Sur la droite, des salles de répétition de théâtre, elles sont louées 1 euro de l'heure.
A l'étage, des espaces pour les 15 résidents. Des gens qui sont là, tout simplement, d'autres qui y travaillent. Derrière la porte poilue, Raphaëlle crée des costumes de théâtre.
Dans une autre pièce, Pierre attend derrière son ordinateur que la musique arrive.
Plus loin, des jeunes gens préparent derrière leurs écrans un journal en ligne.
Au premier étage, des enfants pratiquent un art martial, avec une animatrice.
Je sens une truffe froide, c'est un des chiens des résidents qui vient faire connaissance.
Des habitants du 11° viennent ici pour des ateliers, des réunions. Un atelier permet aux personnes âgées de s'initier à l'informatique.
Des jeunes assistantes sociales, éducateurs spécialisés, y font des stages.
Une étudiante en sociologie a fait ici une recherche pour un mémoire.
Roberto m'explique que ce n'est pas toujours aussi calme. Il y a parfois des montées de violence. Ici on accueille les gens comme ils arrivent, seuls, en couple, avec leurs chiens.
Certains sont pris par la drogue, par l'alcool.
Ici, comme ailleurs, chacun survit comme il peut, et fait taire sa souffrance avec les moyens qu'il a trouvés.
Les mardis soirs, un conseil réunit les gens qui partagent l'espace.
Je vais y aller fin février pour me présenter : auteure de nouvelles cherchant à écrire sur le monde de la rue et des squats. ( eux disent espace auto-géré.)
On sent une énergie créative incroyable dans ce lieu.
Je bavarde avec Delphine à l'accueil, un jeune homme arrive: son propiétaire, qui veut vendre à des Chinois, lui a dit de quitter son logement: harcèlement téléphonique, pas d'écrit.
Les permanents lui expliquent ses droits, lui offrent de l'aide pour écrire les courriers ou pour contacter un avocat.
Jacques, comédien, la soixantaine, vient proposer des cours de théâtre gratuits pour les jeunes du quartier.
Nous partageons le gâteau que j'ai apporté. Bientôt, aura lieu une réunion à la Mairie de Paris, pour décider de l'avenir du lieu.Il y aura peut être une expulsion dans quelques mois.
Les gens qui passent ou qui résident dans ce lieu, veulent garder l'esprit communautaire qui réunit les résidents, les gens du quartier, les créatifs. C'est de ce melting pot que naissent des oeuvres , des rencontres, le plaisir d'être ensemble.
Autre information surprenante: depuis que le squat est ouvert, les policiers du quartier ont constaté que le nombre de leurs interventions ont été divisés par 8.
Pour en savoir plus et voir des photos, leur site:
http://www.lapetiterockette.com/
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Promenade à Paris, au squat de la petite Rockette
Vers 14 heures, j'attendais Roberto, permanent de Médecin du Monde, au Décalé, le café à l'entrée de la rue Saint Maur.
Quelques jours auparavant, m'échinant à inventer le quotidien d'un squat pour l'écriture d'une nouvelle, après avoir cherché en vain sur le web des comptes rendus, des vidéos......... j'étais tombée sur le mail de Roberto.
Envoi d'une bouteille à la mer: "Bonjour, je suis auteur de nouvelles, je souhaite écrire sur les squats, est-il possible de venir travailler avec vous?"
Réponse rapide de Roberto:
"Et pourquoi pas?"
J'avais déjà visité le squat de Tolbiac (fermé); celui de la Générale (fermé et réinstallé sur trois autres lieux), les Frigos dans le 13°, mais je n'avais fait que passer pendant quelques heures.
Et puis ce que je souhaitais, c'était dialoguer avec des gens qui avaient connu la rue.
Dans la rue Saint Maur, c'est la seule façade colorée, graphée, qui met un peu de couleur dans tout ce gris. Autrefois, c'était les bâtiments administratifs de la prison pour femme de la Roquette.
On pousse la porte, et, à ma grande surprise, ce n'est pas très différent de la Générale.
A droite, une salle d'exposition, avec des tableaux accrochés, monochromes ou colorés. les accrochages changent tous les 15 jours.
A gauche l'accueil, et je vais de surprise en surprise. Ici tout est organisé: un planning pour l'utilisation des salles, trois permanents salariés de l'association.
Derrière l'accueil, une petite salle d'hébergement d'urgence, une cuisine collective et une douche.
Dans la cour des toilettes.
Sur les murs de la cour intérieure, des grapheurs ont la place de réaliser des fresques. Elles restent un mois, puis un autre grapheur a le droit de les recouvrir.
Sur la droite, des salles de répétition de théâtre, elles sont louées 1 euro de l'heure.
A l'étage, des espaces pour les 15 résidents. Des gens qui sont là, tout simplement, d'autres qui y travaillent. Derrière la porte poilue, Raphaëlle crée des costumes de théâtre.
Dans une autre pièce, Pierre attend derrière son ordinateur que la musique arrive.
Plus loin, des jeunes gens préparent derrière leurs écrans un journal en ligne.
Au premier étage, des enfants pratiquent un art martial, avec une animatrice.
Je sens une truffe froide, c'est un des chiens des résidents qui vient faire connaissance.
Des habitants du 11° viennent ici pour des ateliers, des réunions. Un atelier permet aux personnes âgées de s'initier à l'informatique.
Des jeunes assistantes sociales, éducateurs spécialisés, y font des stages.
Une étudiante en sociologie a fait ici une recherche pour un mémoire.
Roberto m'explique que ce n'est pas toujours aussi calme. Il y a parfois des montées de violence. Ici on accueille les gens comme ils arrivent, seuls, en couple, avec leurs chiens.
Certains sont pris par la drogue, par l'alcool.
Ici, comme ailleurs, chacun survit comme il peut, et fait taire sa souffrance avec les moyens qu'il a trouvés.
Les mardis soirs, un conseil réunit les gens qui partagent l'espace.
Je vais y aller fin février pour me présenter : auteure de nouvelles cherchant à écrire sur le monde de la rue et des squats. ( eux disent espace auto-géré.)
On sent une énergie créative incroyable dans ce lieu.
Je bavarde avec Delphine à l'accueil, un jeune homme arrive: son propiétaire, qui veut vendre à des Chinois, lui a dit de quitter son logement: harcèlement téléphonique, pas d'écrit.
Les permanents lui expliquent ses droits, lui offrent de l'aide pour écrire les courriers ou pour contacter un avocat.
Jacques, comédien, la soixantaine, vient proposer des cours de théâtre gratuits pour les jeunes du quartier.
Nous partageons le gâteau que j'ai apporté. Bientôt, aura lieu une réunion à la Mairie de Paris, pour décider de l'avenir du lieu.Il y aura peut être une expulsion dans quelques mois.
Les gens qui passent ou qui résident dans ce lieu, veulent garder l'esprit communautaire qui réunit les résidents, les gens du quartier, les créatifs. C'est de ce melting pot que naissent des oeuvres , des rencontres, le plaisir d'être ensemble.
Autre information surprenante: depuis que le squat est ouvert, les policiers du quartier ont constaté que le nombre de leurs interventions ont été divisés par 8.
Pour en savoir plus et voir des photos, leur site:
http://www.lapetiterockette.com/
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Par Anne Chabanelle
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J'ai fabriqué ce jeu avec du carton plume, un gros feutre et
des gommettes. La rosace du centre est simplement décorative.