ma (modeste) vie d'auteur

Mercredi 22 décembre 2010 3 22 /12 /Déc /2010 11:33

Mercredi 22 décembre 2010   

 


                   Promenade en Ecriture,  Portes

 

                                                portes-001.JPG

 

       Mon amie Sophie est passée hier, pour m'apporter mon premier cadeau de Noël, un encadrement de photos qu'elle avait prises il y a quelques années.

 

   J'aime beaucoup Sophie parce qu'elle n'est pas raisonnable, les gens raisonnables sont si ennuyeux....

 

  Elle a décidé de fêter son anniversaire en partant au Népal pour un trekking. Il faut savoir qu'elle n'a évidemment jamais participé à ce genre d'expérience avant, mais elle part avec une de ses cousines qui a déjà tenté et réussi ce voyage l'année dernière.
  Il faut savoir qu'une fois le sac à dos et les chaussures achetés, elle ne sait pas du tout comment elle va financer le reste...

  Qu'importe, le ciel y pourvoira, s'est elle dit. Le guide est réservé, tout est prêt, sauf les finances.....

  S'il y a parmi ceux qui lisent ce blog, des mécènes en mal de donnations, qu'ils n'hésitent pas à me contacter, je transmettrai.

     Pour aider le ciel, elle a tenté de vendre, en vain, quelques tableaux et encadrements. Celui ci en faisait partie, et comme j'aimais bien ce tableau, mais qu'il était un peu trop cher pour mon budget, elle me l'a offert.

 

Ca ne va pas arranger ses affaires......

 


                                        Portes

 

 

              Portes rencontrées en chemin

 

           Elles s'ouvrent ou demeurent closes

 

             Portes qu'on vous claque au nez

 

            Et puis, un jour, une  qui s'ouvre à demi

            

            Porte de corne ou porte d'ivoire

 

                 Des contes anciens

 

                Révèle un monde nouveau

 

              Un jardin secret pour se perdre

 

                Des herbes folles à traverser

 

              Et derrière, une autre humanité

 

                                             

 

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Par Anne Chabanelle - Publié dans : ma (modeste) vie d'auteur - Communauté : Flâneries à Paris
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Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 10:27

Dimanche 12 décembre 2010                 Carnet de Voyage

 

carnet-de-voyage-005.JPG

 

 

   Dans la rubrique, les prix que je n'ai pas gagnés, il y a eu cette participation à un concours de Carnets de Voyages.

 

     N'ayant pu me déplacer cet été, j'avais choisi de voyager dans mes albums photos,  d'en choisir quelques unes, et d'écrire des haïbuns.

 

J'en laisse quelques uns ici......

 

 

 

 

           Gilles et Marie

carnet2-002.JPG     Je lisais les textes de Frédérique sur la place du village, près des stands de livres. Il faisait beau, les platanes nous gardaient du soleil.

C’est toi, Marie qui m’a reconnue, tu es venue vers moi. Je te découvrais, petite, fragile. Tu m’as présenté Gilles,  ton compagnon.                                                            

 

 

   Depuis quelques mois, nous postions sur le même forum littéraire, proches par les enthousiasmes et les exaspérations.

 

   Vous m’avez raconté votre départ de France, la  lettre de  démission à L’Éducation Nationale, les années en Inde, la librairie française que vous avez créée à Pondichéry.

Une autre vie, un autre rythme, une autre culture.

On ne peut jamais s’isoler en Inde, il y a toujours tellement de monde.

 

    Gilles a parlé de la longère que vous avez achetée en Bretagne, du temps qu’il faut pour reconstruire les murs. Ses mains sont carrées, écorchées. Il raconte les meubles fabriqués avec le bois des vieux bateaux.


Il y a en vous deux une douceur, une sérénité apaisantes.

 

    Nous avons déjeuné sous les arbres. Comme vous êtes restés végétariens, du tajine, on ne vous a servi que quelques olives nageant dans un jus clair.

J’ai commenté amusée : « C’est frugal ! » Éclats de rire partagés.

 

Nous avons bavardé passionnément de livres, d’écritures.

A la fin de l’après midi, Marie a obtenu un premier prix pour sa nouvelle pleine de délicatesse et d’humanité.
Vous êtes repartis pour la Bretagne.

 

Nous nous recroiserons, une affirmation qui sonnait comme une prière, une incantation.

Il y a des rencontres qui mettent de la lumière dans la vie.

 

                                            Des livres partout

                                   Pour nous, allumée

                                   La lampe de l’amitié

 

 

  Un autre, après une visite aux Frigos, un atelier d'artiste....

 

 

 

carnet-de-voyage-008.JPG

                                                                            L’atelier de Réti

 

    Il parle de son atelier. Au mur, sur les tables, des sculptures beiges, noires, grises. Dans l’une d’elles, de la limaille de fer qui tourne grâce à un aimant caché. Des arbres à l’horizontale, un monde à l’envers. Ca bouge et ça reste toujours pareil.

 


                                       Un fauteuil de pierre

                                Regarde inlassablement

                                       Tourner une fleur de fer

 

      Les cheveux de l’homme sont gris aussi, sa voix déterminée. Il dit qu’il est là depuis vingt-cinq ans, qu’il a loué son atelier à la SNCF grâce à une petite annonce, qu’il ne veut pas de leur projet aseptisé. Il veut garder la diversité des origines, la mixité verticale.

 

     Tout autour des Frigos, des constructions neuves s’élèvent, verre et acier. Entre les immeubles, ces anciens entrepôts frigorifiques de la gare de Bercy où cohabitent des artistes et de petites sociétés.

 

    Un ilot  de verdure et de vétusté. Sur la façade, dans les escaliers, des graphes qui s’entremêlent, une tour de Babel de langues urbaines. Au rez de chaussée, une locomotive polonaise sert d’écran à des images qui défilent. Des portes épaisses comme des coffres forts qui s’ouvrent sur des ateliers d’artistes.

 

Un peu de fouillis et d’imagination dans toute cette verticalité.

 

 


 

 

Une promenade sur les plages de Normandie, souvenirs......

 


 

carnet de voyage 007

 

 

 

                                 Asnelles, promenade avec Gilbert

 

 

    La plage n’était plus la même, la tempête avait creusé le sable sur plusieurs mètres, faisant ressurgir les vestiges des combats de la dernière guerre.

 

Des tiges de fer rouillées, des morceaux de béton, tout ce qui avait été peu à peu recouvert au fil des années, strates de l’oubli.

 

Brutalement, cette plage où j’aime me promener est redevenue un lieu de destruction.

 

Le sable va remonter peu à peu, me dit-il, l’oubli aussi.

Pourquoi les pontons ne sont-ils pas entretenus ?

Il faut construire l’Europe, effacer le passé.

 

 

    Effacer la haine, oui. Mais ne pas se souvenir comment on en est arrivé là ? Oublier pourquoi ces hommes sont morts ?

 

 

    Dans ma tête défilent des images d’archives. Ces jeunes, venus du bout du monde, entassés dans des barges, les yeux figés de terreur. Ils savent qu’ils ont peu de chance de voir le soleil se lever demain.


  Je veux me rappeler l’avidité des spéculateurs, la peur du chômage, la vie qui s’écroule, la montée de la haine de l’autre.

 

 

    La mer a de nouveau tout enseveli. Quand je marche sur cette plage, je sais que la ferraille est là, quelques mètres sous mes pieds.

 

    Un jour, à Colleville, j’ai croisé un vieil homme, bouleversé, qui rapportait un peu de sable au creux de son coupe vent. Qui était resté sur cette plage, son père, son oncle, ses amis ?


  Se souvenir pour ne pas revivre. Qui s’en soucie aujourd’hui ? Les marchés qui s’emballent, les traders, l’appât du gain, ils sont toujours là. Nous sommes sans mémoire.


   La mer brise son écume sur le sable. Bruit du ressac qui apaise et efface.


Je saute par dessus les flaques qui s’étalent. Il fait beau, les mouettes crient dans le ciel, puis se posent sur la mer. Elles dansent avec les flots, se soulevant au rythme des vagues.

 

 

                             Sous mes pas, sur la plage

                                Obstinément, le sable

                                 A tout recouvert

 


 

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Par Anne Chabanelle - Publié dans : ma (modeste) vie d'auteur - Communauté : Flâneries à Paris
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Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 14:23

Samedi 20 novembre 2010

 

    Remise des prix du concours de nouvelles de Fontaine Française

fontaine-francaise-2010-028.JPG

Le château au centre du village, Monsieur le Comte fait partie du jury

 

     C'est décidé, je participe prioritairement aux concours de nouvelles qui ont lieu dans une région viticole!


    Pas parce que j'ai décidé de sombrer dans l'alcoolisme, non, je ne bois que de l'eau, mais parce que l'ambiance, c'est quand même autre chose!

 

    Les lauréats étaient conviés  à Fontaine Française, en Bourgogne, pas très loin de Dijon, pour une remise des prix particulièrement conviviale et chaleureuse.

 

fontaine-francaise-2010-001.JPG

 

Un joli paysage à Lux, quelques kilomètres avant Fontaine Française.


J B Ghudel était venu du Tarn, Dominique Chappey de l'Isère, Désirée Boillot et moi de Paris et la région parisienne, tous réunis par le président du concours Georges Païta, avec le jury et les représentants de la municipalité, à l'hôtel restaurant de la Tour.


 

fontaine-francaise-2010-007.JPG


      Nous avons bavardé, ri, écouté les textes proposés par les candidats (Dominique nous a raconté sa folle jeunesse, mais n'a jamais voulu avouer s'il avait vraiment fini par les piquer à la mère Vial, les paquets de chewing gum à la menthe....), fait la liste des concours de nouvelles auxquels il faut absolument participer et ceux qu'il est préférable d'éviter, promis de nous retrouver sur Maux d'auteurs ou ailleurs, acheté quelques livres des copains....


    André nous a fait des tours de magie, Georges a réécrit le dictionnaire.

 

    Au menu, il y avait aussi des nourritures terrestres: queue de lotte et sa julienne de légumes, filet de canette à la framboisine, fromage et pavé de chocolat maison et sa crème à l'anglaise, suivi d'un café.

Quand on parle le Bourguignon couramment, café signifie: café + pousse café + Crémant de Bourgogne ...

 


fontaine-francaise-2010-020.JPG

 

 

livre-fontaine-francaise.jpg

Heureusement l'hôtel était mitoyen....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le livre, ajouté au prix de chaque lauréat.

 

 

   Je ne peux que remercier les organisateurs pour cette remise des prix et la persévérance qu'il leur a fallu pour lire les plus de 2000 pages reçues des participants au concours.


    Bref, une soirée formidable qui donne des ailes pour continuer à écrire, et avoir le bonheur de se retrouver l'année prochaine.

 


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Mardi 5 octobre 2010 2 05 /10 /Oct /2010 06:35

Mardi 5 octobre 2010         une lettre d'amour

 

J'avais envoyé ce texte pour un concours d'écriture du nord de la France, une lettre d'amour qui n'a pas eu de succès.

Comme je me suis bien amusée à l'écrire, je la publie ici.

(Juste une précison, ce récit est une pure fiction, je ne le quitterai jamais!)

 

 


 

                                                                       Lausanne, le  31 décembre  2010

 

                                                           A toi,

 

 

            Je t’aime, mais je te quitte. Oui, je sais, c’est un peu brutal, cassant même, mais tu sais que j’ai toujours eu plaisir à te briser, et malgré tes éclats, tu aimais cela aussi. Aussitôt après, tu redevenais doux et tendre, ce qui me rendait encore plus dépendante de toi.

 

Donc là, c’est la dernière fois que je te le dis, je t’aime, je t’aime à la folie et depuis toujours, mais je te quitte.


      Tu penses bien que ce n’est pas de gaité de cœur, non, je pense à toi dès que j’ai un moment de libre dans ma vie de dingue, et c’est un vrai déchirement que de savoir que je ne te verrai plus, que je ne pourrai plus te toucher, te……

Mais j’ai bien réfléchi, ce soir c’est le 31 décembre, demain sera une nouvelle année et une nouvelle femme va naître, c’est le moment stratégique pour prendre les décisions essentielles, de celles qui vont faire de l’année qui vient une année différente.


     Parce que si je tiens à toi, je dois reconnaître que tu m’as aussi fait beaucoup souffrir. Bien sûr, tout le monde m’avait prévenue, ma mère, mes amies, même mon médecin. Mais tu étais trop craquant. D’ailleurs, je sais qu’elles t’aiment aussi, même si elles ne veulent pas le reconnaître. J’ai bien vu comme elles te lorgnaient, quels regards de convoitise elles posaient sur toi quand tu étais là, même si elles me disaient hypocritement de me méfier.

 

Le problème avec toi, c’est que tu as tellement de charme, tellement de séduction, qu’aucune ne te résiste, dès qu’on se laisse tenter, on ne peut plus se passer de toi.

J’ai donc décidé aujourd’hui de te fermer ma porte. Définitivement. Je me le suis juré.

 

        Oh, je sais bien ce que tu penses. Ce n’est pas la première fois que j’essaie de te quitter et je reviens toujours, tu l’as déjà entendu ce discours-là. Tu te demandes pourquoi je semble si sûre de moi.


    Tout simplement parce que j’en ai rencontré un autre, et qu’il m’a demandé de choisir : toi ou lui. J’ai bien tenté de négocier, de lui dire qu’il y avait de la place pour vous deux dans mon cœur, mais il est demeuré intraitable. Lui ou toi.

 

J’ai hésité malgré tout, j’ai repensé à ta douceur, aux longues soirées que nous avons passées ensemble, seuls avec un bon livre au creux du canapé.

 

     Et puis, j’ai pensé à lui, à nos nuits, à nos promenades en forêt, à l’enfant qu’il veut me faire. Alors, même si tes tablettes sont mieux dessinées que les siennes, même si ta couleur noire est plus satinée que son corps un peu trop poilu, ma décision est prise, ce sera lui.

 

Et ne compte pas que je revienne te voir de temps en temps, je ne pourrai pas, sans craquer et te dévorer tout entier. Il faut qu’entre nous ce soit définitif et sans espoir de retour.

 

    Adieu donc, mon chocolat chéri, toi que je préférais avec des noisettes croquantes, et quelques raisins secs, toi que j’aimais briser en petits morceaux au fil des pages d’un livre, toi qui me réconfortais quand j’avais de la peine, toi qui étais toujours là dans ton papier argenté, pour me consoler de mes chagrins d’amour.


Mais adieu aussi aux rondeurs que tu m’as laissées, aux petits matins barbouillés quand j’avais abusé de toi la nuit précédente.


J’ai définitivement choisi Frédéric, en femme libre j’ai renoncé à mon addiction. Et sache bien, que si j’ai brisé ce soir ton dernier carré, je t’aimerai toujours.


 

                                                                  Anne

 

 

(Si j'avais été addict à la bière ou aux frites, ça aurait peut être plu davantage??? )

 

 

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Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /Juin /2010 07:08

Jeudi 24 juin 2010           

 

Promenade en écriture, Haïbun : Le temps des cerises

 

Un nouveau Haïbun écrit pour un jeu d'écriture du Forum Maux d'Auteurs.  

Il fallait replacer quelque part dans le texte "Les cerisiers n'allaient pas tarder à refleurir.

 

                                   Le temps des cerises


Symptômes étranges. Inquiète, je surfe frénétiquement sur les sites médicaux. Il y a trois possibilités : une banale, une sérieuse et l’Autre, celle qui fait peur. De plus, j’apprends que j’ai toutes les circonstances aggravantes pour que ce soit celle là. Moi qui suis étourdie, cette fois, je n’ai rien laissé échapper.


Dans son cabinet, le médecin me demande la date de mon dernier examen, celui que les femmes sérieuses font tous les ans. Je calcule, réfléchis….huit ans ?

Elle ne commente pas, on ne commente pas l’inconscience.

 

Je repars avec une batterie d’examens. Le premier résultat tombe, l’hypothèse bénigne disparaît.


Par où commencer ? Mon testament ? Pas vraiment utile. Régler les factures, répondre à tout ce que j’ai laissé en attente ? Tout est à jour.


Acheter des pyjamas ! Dans le magasin, je décroche à tout va et je repars avec une brassée vers les caisses.

Lavés, repassés, les douze pyjamas s’empilent sur le côté gauche de l’armoire.

 

Tous les soirs, en rentrant,  je jette un coup d’œil au répondeur. Le médecin appellera si c’est l’Autre. Une semaine, dix jours, quinze jours. S’il y  avait un problème, elle aurait déjà appelé. Mais il y a beaucoup de jours fériés ce mois-ci.

 

Le mercredi, une enveloppe inconnue dans ma boîte aux lettres. Un résultat de concours de nouvelles ? 

Je l’ouvre, sur l’en tête : laboratoire. Mes yeux volent vers la conclusion : absence de cellules malignes.


Le voile de grisaille qui enveloppe le monde depuis trois semaines s’efface d’un coup. La vie reprend ses couleurs. Dans ma tête,  les cerisiers n’allaient pas tarder à refleurir.

 

Finalement, pour le Goncourt, ce n’est peut être pas encore fichu.


Il pleut depuis ce matin, quelle belle journée.


                                La vie continue

                        Douze pyjamas dans l’armoire

                               Dans mes yeux, la pluie


 

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