ma (modeste) vie d'auteur

Jeudi 25 février 2010 4 25 /02 /2010 14:14

Jeudi 25 février                           Un 5° prix à un concours de nouvelles, bof

Le courrier est arrivé , cinquième prix au concours Eléanuit, thème le chocolat

La nouvelle va donc être publiée dans un recueil.........que personne ne lira. Elle est donc grillée pour un autre concours, et seuls les deux premiers prix reçoivent un chèque. Je ne suis donc pas ravie.........tellement pas ravie que, puisqu'elle est grillée, je vais la publier aussi ici. Et toc!

                                   Initiation Tribale

 

     Je trottais le nez au vent, le carnet de dessins dans la poche, l’humeur plutôt vagabonde et portée à l’allégresse. L’été ne s’était pas tout à fait sauvé, il restait encore assez de soleil pour redonner vie à mes taches de rousseur, et pas trop, pour ne pas gâter le plaisir de marcher dans la ville. J’écoutais la musique de mes pieds sur le trottoir quand soudain, je les aperçus, loin de moi, inaccessibles et attirants.


     Le nez derrière la vitrine, j’observais les  lieux, je voyais bien que les fidèles à l’intérieur n’étaient pas de mon clan, nous ne portions pas les mêmes signes ethniques. Leurs peintures tribales étaient plus subtiles que les miennes, mêlant les pigments rares et coûteux, révélant la caste tout en semblant invisibles, leurs parures étaient d’acier et de métaux précieux enrichis de pierres fines ou rares.


    Impossible d’entrer.  J’étais certaine que je ne saurais pas cheminer en ces lieux hostiles, que je serais vite repérée comme une intruse et que l’on me jetterait dehors, ou bien même pire, que je sortirais  de moi-même, chassée par les sourires ironiques et méprisants.


     Un dernier coup d’œil aux trésors convoités, et je continuai mon chemin pour me réfugier là où je me sentais chez moi, là où une longue fréquentation m’avait permis de connaître tous les usages, tous les rites, là où je venais me ressourcer en énergie et en joie de vivre : le musée.

 

      Derrière les portes à tambour, ici, rien d’inquiétant, je savais vers quel bureau aller pour demander une place, trouver parmi les signes cabalistiques celui qui me dirait si j’avais droit à un tarif réduit, ou bien s’il allait falloir sortir de mon sac le porte-monnaie qui sonnait toujours creux, en extraire les quelques pièces qui me permettraient de continuer mon voyage rituel.


     Mon ticket dans la main, je savais exactement où aller pour me débarrasser du manteau inutile. Nous échangeâmes avec l’officiante, les cadeaux habituels, vêtement contre reçu,  avec le sourire de connivence des initiés et les paroles de circonstance.

 

      Je déposai mon image  entre les mains noires du vigile de l’entrée, qui déchira sa part symbolique en guise d’offrande aux dieux du musée et me tendit le reste. Je remarquai en passant,  que désormais, il fallait appartenir à une tribu africaine  pour avoir le droit de garder les musées, certainement le résultat d’un nouveau pow wow entre les nations.

 

 

 

    La première caverne était sombre, les toiles de Pollock répondaient aux objets rituels des amérindiens, faisaient  écho aux peintures d’André Masson.

Entre les aplats colorés de bruns,  de verts, d’ocre, se tordaient en constructions étranges les seins lourds d’une déesse mère ou le dos d’un cheval écrasé. Lentement, nous tournions dans la salle en une danse tribale, petit pas à gauche, petit pas à droite, une esquisse de mouvements de valse ou personne ne se touche, où chacun s’efforce de ne pas gêner le prochain danseur, où chaque pause permet la communion des esprits sous les lumières éclairant les tableaux.


     Je sentais l’énergie qui circulait pendant cette danse et la proximité des corps dans la pénombre engendrait des désirs obscurs, des frôlements imperceptibles, des coups d’œil furtifs sur un dos qui appelait la caresse. Des regards se croisaient ou s’évitaient devant la sculpture cabrée d’une corne de chèvre. Je humais au passage une fragrance d’after
shave, un relent de tabac blond, mes yeux imaginaient la rudesse d’un lainage sous la paume de la main, la douceur d’une écharpe de soie. Tous mes sens étaient en éveil, affamés d’une nourriture qui ne se nommait pas.


     Nous descendions encore au fil des salles sombres, entrant plus profondément en nous-mêmes. Personne ne se touchait, mais les désirs se croisaient et  s’enlaçaient, la pénombre rapprochait des inconnus qui tournaient en une danse cosmique de plaisirs partagés, de tensions qui explosaient dans la lumière colorée des formes jaillissant des toiles.

Une silhouette se reculait alors, rassasiée de cette transe, et repartait dans le cercle, vers une nouvelle toile, vers un nouvel accord, jamais totalement abouti,  laissant les corps insatisfaits et les esprits heureux.


       Un masque vert et rose, lunaire et vide, volait ses couleurs au tableau à côté. Cette vacuité éteignait les préoccupations futiles du moment, et générait une autre énergie me permettant d’entrer en communion avec mes forces vives, de transcender les interdits, d’oser enfin.

 

     Les disques roses, verts et marron  revinrent à ma mémoire, il me les fallait, cette fois j’irai au-delà de mes peurs. Galvanisée par les forces obscures des totems et des couleurs, je décidai de briser le tabou.

Je repris l’escalier pour quitter l’exposition, remonter vers la réalité après une plongée dans l’intime, je sentais moi une force qui allait me permettre de briser les limites que je m’étais imposées.


     Je repassai devant le lieu
jusque là interdit, le territoire du clan d’à côté, et cette fois je décidai d’entrer. Ici, je n’avais plus de repères et je voyais bien que mon vieux  duffle-coat faisait désordre.


     Tant pis, nourrie de l’énergie des chamanes, je fis taire mes peurs. Je me promenai entre les tabourets hauts perchés, et les offrandes minuscules dont la valeur était sans commune mesure avec mon expérience quotidienne, et je les aperçus, tendres, brillants et colorés.


    Mais comment faire ? J’observai les autres affiliés, ils se dirigeaient d’abord vers un autel, puis près d’un deuxième, et après quelques oraisons avec le grand prêtre, revenaient au premier où ils recevaient enfin l’objet de leur désirs. Maintenant, j’allais devoir  faire le choix décisif : vert, rose ou  marron.



    Je savais que le vert serait onctueux et tendre, le rose acidulé et frais, le marron doux et crémeux. La tentation me vint d’emporter les trois, mais je me rappelai à temps la réalité de ma condition et  je m’entendis dire à l’officiant que je choisissais le marron.


     Il  le posa délicatement dans une boîte transparente et me tendit le ticket blanc que je devais remettre au maître de cérémonie suivant avec quelques pièces. Celui-ci me donna alors le papier rose que je pouvais enfin échanger contre l’objet de ma convoitise, celui que je pensais inaccessible au commun des mortels.


      Il était là,  au creux de ma main, presque irréel, je ne serrais pas trop, pour ne pas l’écraser. Il brillait dans sa boîte transparente. Je ne voulais pas l’ouvrir au milieu de ces gens qui se bousculaient, je m’enfuis avec mon trésor dans la rue, le cœur en fête, j’avais réussi.

 

    Je le sortis délicatement de son écrin, je le humais, admirant le brillant sur le dessus, j’anticipais sur la douceur que promettait son cœur, puis enfin j’osai. Je mordis dans un nuage de chocolat, il entra dans ma bouche, se glissa contre mon palais, le croquant délicat du biscuit se mêlant à la crème comme un duvet d’irréalité. Je le dégustais lentement, religieusement, petite bouchée, par petites bouchée. Je fis durer ce miracle de légèreté et de saveurs jusqu’à ce qu’il ne reste plus une miette. Je remis alors la boîte dans ma poche, preuve tangible et durable de mon initiation tribale.



    Aujourd’hui, j’ai osé ce que je n’avais jamais osé, aujourd’hui, nourrie de l’énergie de Pollock et des objets chamaniques, j’ai dépassé les limites assignées à ma tribu, le peuple des fauchés chroniques et des porte-monnaie vides.

 

Aujourd’hui je suis entrée chez Fauchon et j’ai mangé un macaron au chocolat.

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Par Anne Chabanelle - Publié dans : ma (modeste) vie d'auteur
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Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /2010 19:51
Mercredi 17 février 2010

 Un petit texte écrit pour un jeu d'écriture de MDA. Il fallait écrire un texte sur le thème de l'anniversaire et inclure les mots prière, apôtre, moine, chapelle et cloître sans parler de religion.

J'ai écrit une suite à Carambolages, le texte primé à Lausanne.

Ma chère Hélène,

        Pendant ton absence, j'ai accepté, comme tu me l'avais conseillé, l'invitation de ton ami Marc à son anniversaire.

     Cette sortie ne fut cependant pas une bonne idée. Marc avait oublié de mentionner qu'il avait également invité Sylvie. Il devait ignorer notre brève et désastreuse liaison, qui m'a certes permis de faire ta connaissance, mais qui s'est terminée de façon si lamentable, lorsqu'elle a décidé de vandaliser ma voiture pour m'exprimer son ressentiment.

    Nous avons été aussi surpris l'un que l'autre de nous retrouver face à face. Je l'ai saluée courtoisement et brièvement, j'ai encore sur le coeur la note du carrossier, et je suis allé à la rencontre des autres invités. J'ai ainsi pu faire la connaissance du cousin de Marc, Patrick, agriculteur dans la Mayenne, venu visiter Paris.

Quand Sylvie a su qu'il était célibataire, tu la connais, elle a fait des pieds et des mains pour s'asseoir à côté de lui.J'étais ravi d'être à l'autre bout de la table.

Surprenant tout le monde, Sylvie a demandé à Marc s'il voulait bien dire la prière avant le repas. Il semblerait qu'elle ait un peu abusé des rediffusions de la Petite Maison dans la Prairie et qu'elle confonde la Mayenne avec le Minnesota.

Lui, s'imaginant que c'était une coutume parisienne dans les milieux branchés, a fait ce qu'il a pu pour paraître crédible. Mais on voyait bien que sa prestation relevait plus d'une production Hollywoodienne sur la vie de Jésus et de ses apôtres, que du traditionnel bénédicité.

Il s'est levé, a rompu un morceau de pain, s'est servi un verre de vin, et a dit:

"Ceci est mon corps, ceci est mon sang, amen, vous pouvez bouffer maintenant."

Nous avons tous hésité entre le fou rire et la stupeur. Notre bonne éducation l'a emporté, et nous avons donc seulement toussé dans notre serviette et tamponné discrètement nos yeux.

La suite a été à l'avenant de cet exorde. Sylvie a monopolisé l'attention de Patrick en déplorant la vie de moine que devaient mener nos agriculteurs dans nos campagnes. Elle a disserté sur l'exode rural, la culture bio, la mort des abeilles et les nouvelles allergies.

Marc a bien essayé de dévier la conversation sur notre dernier voyage en Bretagne, sur nos promenades dans la lande, sur les photos des calvaires et des chapelles, les traditions druidiques....

Le voyant à la peine, j'ai tenté de le soutenir, ce fut en vain.

Nous avons eu droit à un discours sur le traitement du lisier de porc par lagunage, et les quotas européens.

Il faut croire qu'elle avait préparé le sujet, ou bien qu'elle a en réserve une liste de thèmes tout prêts pouvant servir à capter l'attention d'un célibataire, quels que soient son origine et son métier.

La fréquentation assidue des speeds datings probablement.

Entre le fromage et le gâteau, j'ai compris qu'elle passait aux choses sérieuses. J'ai vu le cousin de Marc prendre une teinte brique, qui ne devait pas son intensité seulement à la vie au grand air. Commaissant la luronne, j'ai supposé qu'elle devait en être aux caresses sur le mollet.

Il a posé son verre et a lancé à la ronde un air égaré.

Françoise, venant à son secours, lui a proposé de l'accompagner à la cuisine, pour allumer les bougies sur le gâteau. Il a semblé soulagé et s'est levé précipitamment. Nous compatissions tous.

Sylvie, dépitée, s'est vengée sur la Cuvée Prestige du Cloître des Cordeliers. Il a fallu la raccompagner et la coucher. Françoise s'en est chargée.

La soirée s'est alors poursuivie paisiblement.

            Ma chère Hélène, ta présence nous a manqué, à moi plus qu'aux autres
                                   Reviens vite, tendrement,
                                                                                          Richard

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Samedi 2 janvier 2010 6 02 /01 /2010 10:48
Vendredi premier janvier

                                     Un jeu d'écriture amusant

Il existe un site très sympa pour les auteurs débutants qui s'appelle "maux d'auteurs" sur lequel on peut participer à des jeux d'écriture.

J'ai posté hier un texte qui me fait tellement rire, que j'ai décidé de le poster aussi sur ce blog.

Le principe est de choisir une lettre de l'alphabet, de rechercher des mots rares débutant par cette lettre et d'écrire un texte avec.

Voici le résultat pour la lettre E. J'ai finalement ajouté un lexique plus bas des mots surlignés.

                  D'élevure en empyème

      On m'a raconté au coin de l'âtre
       L'histoire de ce pauvre écolâtre
       Qui souffrait d'un empyème
       Lui irritant le fondement même

      L'émonctoire de l'égrotant
      Le gratouillait derrière et devant
      Si bien qu'il se sentait brûler
     Aussi fort que les feux de l'empyrée

     Il alla donc chercher dans un elzévir
     Si par hasard quelque elixir
     Pourrait soigner cet echtyma
     Qui le chatouillait de haut en bas
     Les sages lui conseillèrent d'élaver
     De bouchonner, de récurer
     De son émonctoire en effloraison
     La rougeur de la démangeaison

     Il décida donc d'éfifauler et d'empeloter
     Son drap blanc préféré
      Utilisant pour s'aider
      Un échidné apeuré

     Las, il y a plus d'un empan de raison
     Entre un problème et sa solution
      En utilisant une écoperche 
    Pour se gratter la zone du derche
     Il s'abima les cônes efférents 
     Et on l'entendit crier "maman!"

    Hurlant à tous les Dios
    On le vit faire escampativos
    Priant les vents étésiens
    D'adoucir ce mal de chien

    Depuis, sur les chemins il erre
    Avec son écuelle élémosinaire
   Et il faudra plus d'un grain d'éllébore
   Pour le guérir de son sort

  Morale:

    Pour ne pas faire d'un élevure
    Une énorme enflure
     Vas-y doucement, sois doux et tendre
    Ton fondement saura te le rendre

Petit lexique pour les flemmards du dictionnaire:

élevure: petite saillie de la peau, bouton
empyème: amas de pus dans une cavité naturelle
écolâtre: ecclésiastique qui dirigeait l'école attachée à l'église cathédrale
émonctoire: émonctoire naturel: anus,..
égrotant: malade
empyrée: feux de la planète des dieux
elzévir: livre hollandais
echtyma: affection cutanée caractérisée par des pustules
effloraison: action d'entrer en fleur
échidné:mammifère avec des piquants
cônes efférents: vaisseaux des testicules
vents étésiens: vents froids
élémosinaire: pour mendier

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Par Anne Chabanelle - Publié dans : ma (modeste) vie d'auteur
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Dimanche 27 décembre 2009 7 27 /12 /2009 19:02
Mercredi 9 décembre 2009          
                    Remise des prix à Lausanne


Le Père Noël de cette année a été particulièrement généreux avec moi. En fait, c'est parce que c'était un Père Noël Suisse....

Donc première lettre début novembre, ma nouvelle Carambolages fait partie des finalistes du concours de nouvelles du magazine Femina de Lausanne.

Première réaction: Chouette! mais sans sauter au plafond non plus, ça m'est arrivé assez souvent de faire partie des finalistes et......pas des primés.

Deuxième réaction : euhhhhh ma carte d'identité est périmée.....si jamais....

Je file au poste de police local, chercher un dossier.

Un jour de novembre, appel sur mon portable de la charmante Alessandra qui m'annonce un premier prix, le voyage et l'hôtel offerts pour que je puisse venir le chercher.

Enfin! Après un deuxième prix à Saint Jean de Braye et un premier prix à Clamecy en 2008, c'était la traversée du désert.

Je joins le boss qui m'accorde généreusement un jour de congé sans solde.

Eh oui, si j'avais été une sportive ayant réussi une compétition à l'étranger, j'aurais peut être eu droit à une journée payée, mais la culture ça intéresse qui dans l'administration française??

Bien fait pour moi, je n'avais qu'à aller pédaler au lieu de chercher à m'instruire.

Et toujours pas de carte d'identité!!

Dix jours avant, ça faisait quatre semaines que j'attendais cette fichue carte, je décide de prendre le taureau par les cornes et le fonctionnaire par les cou.....rriers : lettre au maire, courriel à la Préfecture, courriel au Ministère de la Culture ...3 jours après j'avais ma carte!

Le 9 au matin, ma valise et moi nous attendions Gare de Lyon, très émues.

Sprint habituel sur le quai puisque la SNCF annonce le numéro de quai au dernier moment. A peine eu le temps de m'asseoir que nous partions.

A Genève changement de train, passage de la douane et...même pas de controle d'identité!

 Zut alors c'était bien la peine que je me décarcasse!!

J'ai bien eu dans l'idée d'aller voir les douaniers pour leur demander de faire leur boulot correctement, mais je n'avais que dix minutes pour prendre la correspondance. Pas sûr qu'ils aient le sens de l'humour les douaniers suisses...

lausanne-001.JPG
Le lac et les montagnes vus du train


A Lausanne, la Tour Edipresse se trouve à 5 minutes à pied de la gare et l'hôtel était juste à côté.
Je vais m'installer dans la chambre et là ...étrangement la lumière de la salle de bains refusait de s'éteindre et le chauffage était à fond.

lausanne-003.JPG

Je redescends à la réception leur demander de faire baisser le chauffage et je pars à la recherche du chocolat commandé par les copains.



De retour dans la chambre, douche avant d'aller à la réception....... brrrr uniquement de l'eau froide!!

Avec la réputation du manque d'hygiène des français, pourquoi mettre de l'eau chaude!!

Je repasse à l'accueil pour leur demander de régler le problème, je sens les sourires qui se crispent un peu....

La réception se passait au onzième et dernier étage de la société Edipresse, dans la salle panoramique.
Quand je suis entrée dans la pièce tout le monde était déjà là. Je n'ai pas compris tout de suite pourquoi certains membres du jury avaient l'air très déçues.

J'ai appris ensuite qu'elles attendaient toutes le vieux monsieur charmant et bien élevé, héros de ma nouvelle. Tous les membres du jury, sauf une, avaient parié que l'auteur était un homme.

Comme me l'a confié la seule personne qui pensait que c'était une femme: "Quand on a un peu vécu, on sait que l'homme parfait n'existe pas, et il était trop parfait ce Richard Houston!"

J'ai bavardé avec des membres du jury et de la rédaction du journal. Deux journalistes ont lu les nouvelles primées et c'est un vrai bonheur d'entendre ses mots dits par une autre personne.

Renata m'a remis la très belle plume Tibaldi.

                            

lausanne stylo 001



lausanne stylo 002

J'ai fait la connaissance de Serge Reynaud (nom d'auteur) qui a eu le prix de l'humour et de l'originalité.
Après avoir gagné quelques concours de nouvelles, il a trouvé un éditeur pour ses textes qu'on peut lire en partie sur son blog :

http://police-histoires.over-blog.com

Quand je suis rentrée à l'hôtel, il y avait une nouvelle personne à l'accueil qui m'a proposé de changer de chambre pour aller dans une chambre en surclassement au 5°, avec de l'eau chaude.

Je leur rapporte la clef de la chambre du premier: au passage, je pense à leur signaler la lumière qui ne s'éteint pas....

J'ai donc déménagé, et là j'ouvre le lit: pas de drap!!
Je reprends  l'ascenseur.

Quand ils me voient arriver, je sens un vent de panique parmi les employés.....

On va vous envoyer le concierge.......qui m'explique très gentiment qu'avec une couette, en Suisse, on ne met pas de drap de dessus.....
Bon cette fois-ci c'était un point pour eux!

Nous avons longuement discuté avec Serge et sa femme le lendemain au petit déjeuner.

Ce sont ces rencontres qui augmentent encore le plaisir d'être primée à un concours.

Je suis repartie avec un très beau stylo, des souvenirs.

Je ne suis pas sûre que les français soient toujours les bienvenus à l'hôtel ...

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